© Metula News Agency
On savait Elisabeth Schemla et ses copines mauvaises camarades, au point de diffuser de longues enquêtes à propos des affaires Sara Daniel et de la RTBF sans citer une seule fois la Ména. Paroxysme du nombrilisme jaloux ou simple muflerie dans la façon de traiter l’information ? La réponse n’est certes pas du plus grand intérêt.
Ce qu’il y a de très disgracieux dans cette manière d’essayer de creuser son trou, ça n’est pas de s’épandre régulièrement sur les sujets que d’autres ont identifiés, analysés et rendus publiques, mais c’est de feindre qu’on l’ignorait pendant qu’on mange dans leur assiette.
Ignorée par Schemla, aussi, l’enquête magistrale de Gérard Huber sur la mise en scène de l’assassinat du petit Mohamed A-Dura ?
Ignorée ? Pas tout à fait et pour la plus grande indigence de l’équilibre des thèses ! Ce site bizarre, pas vraiment soumis à la rigueur professionnelle, décidant de lécher les semelles du protagoniste en second (le premier, c’est Talal Abu Rahma) de la plus grande imposture médiatique dirigée depuis la France contre Israël depuis l’affaire Dreyfus.
Pourtant, c’est au plus mauvais exercice d’intervieweuse que s’est livrée la patronne de ce souk, lorsqu’elle s’avisa de servir de énième et superfétatoire tremplin aux farauderies du surnommé Scoopy. Délaissant toutes les règles de l’entrevue, Elisabeth Schemla renforçait, de ses témoignages personnels sans aucun intérêt pour la recherche de la vérité, les glissades dangereuses d’Enderlin.
C’est dans son truc que s’étale désormais, réservé heureusement à l’usage des abonnés, le mensonge de l’homme au rêve brisé, qui y prétend que tous les soldats israéliens qui opéraient depuis la base de Magen 3, sur le carrefour de Netzarim, étaient druzes. Nous détenons bien sûr les preuves irréfutables du contraire.
C’est dans cette interview que Schemla permet au reporter de FR2 de dénigrer grossièrement, publiquement et à tort, le travail sérieux de sa collègue Esther Shapira et la personnalité de l’éminent scientifique israélien Nahum Shahaf, chef de la commission d’enquête de l’armée et premier observateur du drame à s’être douté de la supercherie.
Pour qui rame-t-elle ? Pourquoi n’a-t-elle pas interviewé Shahaf, Huber ou Juffa, les spécialistes de l’affaire A-Dura, qui ont démontré, par l’écrit et par l’image, les incongruités insolentes et indiscutables du reportage incriminé ? A qui essaie-t-elle de plaire, en allant droit à la conclusion, sans démontrer d’aucune façon l’inanité de l’antithèse ?
L’ennui, pour les journalistes chez qui l’orgueil démesuré et l’opportunisme ont remplacé la curiosité et l’éthique, c’est qu’il est impossible de stopper la marche en avant de la vérité. Même si presque tous les médias de France s’y emploient encore ardemment. Et elle avance, la vérité, notamment sous la plume du très écouté James Fallows, dans la livraison de juin de "The Atlantic monthly" sous le titre
Who shot Mohammed Al-Dura ? (qui a tué Mohamed Al-Dura ?) [
lire l’article].
Un jour proche, il faudra que ceux qui ont empêché la confrontation des thèses s’expliquent. Et leur nombre élevé ne leur sera d’aucun secours, au contraire. Et il faudra qu’ils expliquent également – comme au temps de l’épilogue de toutes les cabales – pourquoi ils ont stigmatisé et bâillonné ceux qui amenaient les preuves de l’imposture.
Certains de nos lecteurs se demanderont – vous n’êtes pas sous hypnose, certes – pourquoi j’ai attendu aussi longtemps, pour leur dire le dédain professionnel que j’ai pour Elisabeth Schemla, son site et sa manière de maltraiter notre métier ? En fait, et à part la publication importante de James Fallows, les choses m’étaient connues de longue date.
C’est exact. J’avais cependant choisi de ne pas rendre publique ma critique, pensant sans doute
qu’à certains égards Proche-Orient.info pouvait parfois apporter à ses lecteurs des connaissances utiles. J’avais cru, en mon temps, que La Schemla s’était aperçue, même avec retardement, que l’agence de presse de l’Etat français distillait, au sujet du Moyen Orient, une information biaisée et caricaturalement anti-israélienne. J’avais cru qu’elle s’était souvenue des dizaines de nos articles qui ont fait la démonstration méticuleuse et scientifique de cette vilenie médiatique. J’ai même cru lire qu’elle faisait amende honorable auprès de ses clients et qu’elle s’excusait par devers eux d’avoir, dès le début de son site, retransmis les dépêches de l’AFP.
Tout à l’heure, cependant, la dépêche qui suit était en première place de sa une, avec un lien pour accéder à toutes les autres dépêches de l’AFP. Ca m’a fait changer d’avis :
Un cinquième palestinien tué au nord de Gaza par des tirs israéliens
GAZA, 15 mai (AFP) © 2003 AFP
Un nouveau Palestinien a été tué jeudi par des tirs israéliens à Beit Hanoun, portant à cinq le nombre de Palestiniens tués par l'armée israélienne dans cette opération déclenchée dans la nuit dans le nord de la bande de Gaza, a-t-on appris de sources hospitalières palestiniennes.
Ce nouveau mort a été identifié comme étant Abdelkhader Abou Kas, 17 ans.
Quatre Palestiniens avaient été tués auparavant (dont trois à Beit Hanoun) par l'armée israélienne lors de cette grosse opération toujours en cours en milieu d'après-midi et déclenchée dans la nuit dans le nord de la bande de Gaza.
Selon l'armée israélienne, cette incursion vise à mettre fin aux tirs de roquettes palestiniennes sur la localité de Sdérot (sud d'Israël) à partir de ce secteur.
Selon un décompte établi par l'AFP, cette nouvelle mort décès porte à 3.234 le nombre de personnes tuées depuis le début de l'Intifada fin septembre 2000, dont 2.443 Palestiniens et 731 Israéliens.
Mon explication :
- Le titre ne définit pas l’événement informationnel – l’événement, c’est le problème des tirs sur Sdérot, qu’on pourrait titrer aussi Bataille à Beit Hanoun ou Intervention israélienne dans le nord de la bande de Gaza - . Le nombre de morts résultant d’un événement ne saurait remplacer, dans le titre d’une dépêche, l’événement lui-même, sauf si l’agence de presse qui la diffuse et les médias qui la reprennent, poursuivent un but propagandiste. Dans ce cas, l’AFP démonise les Israéliens en induisant l’idée erronée que le but premier de l’armée israélienne consiste à tuer des Palestiniens.
Professionnellement, c’est comme si quelqu’un avait annoncé en titre : UN DEUX CENTIEME IRAQUIEN TUE PAR LES AMERICAINS et que dans le cœur de la dépêche, on pouvait trouver l’événement, à savoir que "l’armée US pénétrait dans Bagdad".
Ce traitement de l’actualité est inique, d’inspiration raciste et anti-israélienne et il est à la une de Proche-Orient Info.
- Un "nouveau" palestinien été tué jeudi par des tirs israéliens (…) A la place de donner une information sur l’événement, du type : dans quelles circonstances a-t-il été tué ? Etait-il armé ? Faisait-il partie d’une organisation comme le Hamas, le Jihad ou le Tanzim, qui combattent ouvertement pour l’éradication de l’Etat d’Israël ? Participait-il à une bataille ? Avait-il ouvert le feu contre les Israéliens ? Participait-il au tir de missiles sol-sol contre les habitants civils de Sdérot ? , l’AFP ne souligne que des faits collatéraux de l’événement. A nouveau, il s’agit uniquement de données faisant penser à la liquidation – "nouveau palestinien tué", "ce nombre porte à cinq", "quatre Palestiniens avaient été tués auparavant" – volontaire de civils palestiniens – tant que quelqu’un n’est pas défini autrement, il s’agit d’un civil - par l’armée israélienne.
Le fait de communiquer le nom de ce Palestinien tué par les tirs israéliens n’a, quant à lui, aucune valeur informationnelle. Qu’est-ce que cela amène-t-il comme élément qualifiant, nécessaire à comprendre l’événement, de savoir que la victime s’appelle Abdelkhader Abou Kas et qu’elle est âgée de 17 ans ? Rien, si ce n’est l’humanisation de la victime – qui pouvait tout aussi bien être un terroriste du Hamas. J’ai vu des Palestiniens de 13 ans tirer sur des soldats et d’autres, de 8 ans, parader avec une vraie Kalachnikov en bandoulière – et encore, la démonisation des soldats israéliens.
Et puis, le public de l’AFP et de POI connaissent-ils le nom d’une seule des victimes irakiennes ou américaines de la guerre d’Irak ? Alors pourquoi l’AFP publie-t-elle le nom de tous les Palestiniens tués durant l’Intifada ?
Ce traitement de l’actualité est inique, d’inspiration raciste et anti-israélienne et il est à la une de Proche-Orient Info.
- En fait "de sources hospitalières palestiniennes", il s’agit vraisemblablement de l’une des sources d’information les moins fiables de la planète, sur laquelle l’AFP base régulièrement la substance de ses dépêches. Ce sont ces sources, par exemple, qui ont affirmé que Jamal A-Dura avait été atteint de 9 balles à haute vélocité de M-16. Sept jours plus tard, Jamal A-Dura faisait la tournée des capitales arabes, se déplaçant par ses propres moyens, sans traces apparentes de blessures, mais avec le bras plâtré pour une blessure qui datait de 1987… Ces mêmes sources ont affirmé qu’Israël utilisait des armes chimiques et même nucléaires lors de l’Intifada.
Ce traitement de l’actualité est inique, d’inspiration raciste et anti-israélienne et il est à la une de Proche-Orient Info.
- Et ce décompte morbide et systématique, jamais employé par l’AFP dans le conflit algérien, la guerre du Golfe, celle de Tchétchénie, l’incursion durable de l’armée française en Côte d’Ivoire. Ce décompte morbide réservé à la "guerre des juifs", à moins qu’il ne s’agisse d’étayer le principe imaginaire d’un nettoyage ethnique. Ce décompte infect, dans lequel l’agence officielle française mêle volontiers les assassins, coupables de crimes contre l’humanité, et leurs victimes.
Ce traitement de l’actualité est inique, d’inspiration raciste et anti-israélienne et il est à la une de Proche-Orient Info.
Alors, pour qui rame Elisabeth Schemla ?