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Depuis la publication du pamphlet d’Oriana Fallaci, la presse d’expression française, entre autres, s’est unanimement déchaînée et coalisée contre la journaliste italienne, allant même jusqu’à demander d’interdire la diffusion et la vente de son livre.
Oriana Fallacci, militante anti-fasciste de la première heure, mondialement reconnue comme telle, se retrouve aujourd’hui, par un de ces retournements étranges de la pensée et de l’histoire, « lynchée » symboliquement par la gauche occidentale, alter mondialiste, bien pensante et donneuse de leçons de morale.Mais que dit en substance la journaliste, dans cette rage et cet orgueil, dont on veut nous faire croire qu’ils ne s’apparentent qu’à une incitation à la haine raciale ?
Le texte de Fallaci, même si sa forme et son style sont récusables et critiquables en certains endroits, par l’emploi de termes excessifs et insultants, n'est cependant en aucune manière comparable aux pamphlets antisémites, comme beaucoup s’escriment un peu simplement à nous le faire croire, car la dialectique utilisée par Fallaci n'utilise pas l'amalgame comme ils le prétendent.
Il s'agit tout d’abord d'une prose pamphlétaire, acide certes, mais qui dénonce des faits avérés et vérifiables, sauf que politiquement très incorrects. Si le style est choquant et inconvenant, il n'en reste pas moins que son contenu ne relève pas que de la haine mais bien aussi du factuel, et donc de l'information, une information que certains ne veulent ni voir ni entendre et qui est passée sous silence, parce que politiquement et électoralement irrecevable.
Reste les travers qu'elle dénonce à propos de l'Islam actuel, qu'il serait dommageable de ne pas reconnaître avec elle, entre autres l'intégrisme et le radicalisme d'une partie grandissante de la "civilisation" ou "société" musulmane, l'endoctrinement et le lavage du cerveau des enfants et des adultes, la culture de la haine de l'autre - en particulier de la haine du juif -, l'asservissement des femmes, confinées à un rôle de génitrices, la forclusion totale de leur sexualité, la volonté de promouvoir et d'imposer le régime de la théocratie partout sur cette planète - et en premier lieu dans les pays musulmans -, le djihad, l’invitation à l’assassinat et au suicide volontairement homicide comme une action de grâce pour les bons musulmans, et ma citation est loin d’être exhaustive.
La critique, si elle doit s’exercer à l’encontre des xénophobes de tous bords, doit donc aussi s'exercer en regard de l'islam actuel, sous peine de verser dans une débonnaireté aveugle et contre-productive. Et l'islam actuel est, il faut bien le reconnaître, plus obscur que lumineux en ce 21ième siècle, n’en déplaise aux pacifistes islamophiles naïfs, qui battent en nombre le pavé des capitales de l’Europe.
Aussi, c’est en examinant les faits que La Fallaci dénonce, en conservant sa clairvoyance, que l’on parvient à exercer la critique permettant ensuite d'y voir un peu plus clair dans ce débat complexe, à l’économie duquel on ne peut servir efficacement la cause de l'idéal démocratique et humaniste dont l’Occident prétend s’inspirer.
La défense des Palestiniens doit respecter des règles fondamentales d'équité, de justice, d'historicité et d'humanisme, et ne saurait occulter ces crimes indéfendables, qui se rencontrent hélas dans les sociétés humaines, et qui trouvent leur dynamique dans la haine de la différence d’autrui. Ici, elles voudraient même rendre légitimes la terreur aveugle et le meurtre de civils comme des moyens de lutte et de défense utiles, lorsqu’elles sont diligentées contre un ennemi désigné comme l’Occupant et que l’on fait vite à rendre coupable de tous les maux de la planète.
Ainsi, il y a dix jours à Bruxelles, a-t-on pu observer, au cours d’une manifestation pacifiste, organisée par le collectif « Stop USA » contre la guerre en Irak et pour la libération des territoires palestiniens, des dizaines de casseurs, la tête masquée par des foulards, scander des slogans à la gloire d’Oussama Ben Laden. Ces fans du 11 septembre, après avoir tenté d’en découdre avec les forces de l’ordre, ont jeté leur trop-plein de haine contre un caméraman ainsi que sur des photographes de presse, en proférant des insultes antisémites et en jetant des pierres sur les vitrines avoisinantes.
Ces violences n’ont trouvé qu’un faible écho dans « Le Soir » sous la forme de deux petites colonnes discrètes en page 6, alors que le même quotidien titrait à sa une « Al Qaïda s’invite pour les fêtes ». Et si, pris de cette cécité, dont parle la Fallaci, de cette répugnance à constater qu’on rudoie ses valeurs, pour les fêtes, justement, on rebaptisait ce journal « La Nuit » ?