Rappel :
Le 29 décembre dernier, nous avions diffusé un scoop
photographique montrant, à quelques mètres de la frontière israélienne, côté
libanais, cette image d’une base permanente de la FINUL (Force Intérimaire des
Nations Unies au Liban) [Voir
Le poids des mots, les photos du déshonneur].
On y voyait deux blindés de l’ONU, ainsi qu’une guérite blanche,
surmontée d’un drapeau du Hezbollah, un portrait de son chef, Hassan Nasrallah,
et d’une plus petite photo, montrant les obsèques militaires d’un parachutiste
israélien, tué par la milice chiite libanaise.

En superposition sur l’image des funérailles, on lisait en arabe : "Khitman
ila zawal",

qui signifie en français "VOTRE EXTERMINATION EST
CERTAINE !"
Abracadabra :
Il semble qu’à l’ONU on ait été plus troublé par l’article de la
Ména qu’au sein de l’ensemble des rédactions ; les confrères, qui avait accueilli
notre révélation par un tonnerre de silence.
En effet, en me promenant ce matin avec Nihya et Taz dans les
vergers de Metula, en face de la position de l’ONU, je m’aperçus que la base de
la FINUL, qui se trouvait là depuis de nombreux mois, avait tout bonnement...
hum... disparu.

L’emplacement
de la position de la FINUL ce vendredi matin
(Photo d’Ilan Tsadik © Metula News Agency)
On remarque que le drapeau du Hezbollah - une main verte tenant
une Kalachnikov - n’y est plus non plus. On ne sait qui l’a enlevé.
Le scoop de décembre de la Ména a valu pas mal de boulot aux
militaires des Nations Unies : non seulement ils ont dû démonter la
guérite et l’emmener ailleurs, ce qui n’a rien d’un travail d’Hercule, j’en
conviens, mais ils ont également remballé les tonneaux qui la protégeaient.
Des barils verts remplis de sable, que l’on distingue sur la
première photo de cet article, destinés à sécuriser les occupants de la cabane
blanche contre une éventuelle attaque au moyen d’un véhicule. Ca, c’est nettement
plus lourd à déménager.
Mais pas question pour les vaillants guerriers de décrocher l’image
de Nasrallah et, partant, l’appel à notre génocide. Courageux mais pas
téméraires, les camarades. Je leur rappelle tout de même qu’ils sont les
soldats de la "paix", et qu’un appel à un nouvel holocauste ne
constitue pas précisément un message paisible.
Il est vrai que leur mandat, basé sur la résolution 1701 du
Conseil de Sécurité, prévoit aussi le désarmement du Hezbollah et le contrôle
des frontières, sur tout le pourtour du Liban, afin d’empêcher l’importation d’armes
et de munitions pour les milices illégales.
Dans les faits, le Hezbollah est en train de transformer, en
toute impunité, chaque village chiite du Liban-Sud en bastion fortifié, entouré
d’autant de boucliers humains qu’il y a d’habitants dans l’agglomération
concernée.
C’est maintenant que Goldstone devrait venir y jeter un œil ;
lorsqu’il s’agira de relever les cadavres, ce sera inutile.
Question contrebande d’armes en provenance de Syrie, la FINUL n’a
même pas tenté de s’y opposer. L’afflux de ces armes a transformé le
gouvernement légal du pays aux cèdres en observateur, l’Iran en véritable
maître des lieux, et fait en sorte qu’un conflit à son initiative paraît
aujourd’hui inévitable.
Dans ces conditions, on ne peut considérer le démantèlement de la
position en question que comme un excellent coup de pub pour la Metula News
Agency. De quoi indiquer à nos lecteurs que nous ne sommes pas superflus, que
tout le monde est influencé par notre travail, et que les resquilleurs qui n’ont
pas réglé leur abonnement seraient bien inspirés de le faire sans attendre le
prochain conflit.
Un merci chaleureux d’Ilan à notre agent publicitaire Ban Ki-moon,
accessoirement 1er Secrétaire de l’ONU, notre meilleur vecteur de
relations publiques !
Donc les militaires du contingent international ont levé le camp.
Quoiqu’en y regardant de plus près, je me suis rendu compte...

(Photo
d’Ilan Tsadik © Metula News Agency)
que ces Bayard des temps modernes n’avaient
fait que s’éloigner un peu (d’une cinquantaine de pas) d’Hassan Nasrallah et de
ses appels à notre assassinat collectif, histoire, uniquement, de demeurer
politiquement corrects.
Les coquins se sont planqués dans les
oliviers, afin de dissimuler leur présence à l’abri des abominables agressions
photographiques de la Ména et de ses Canon.
S’ils avaient eu l’intention de se
camoufler des regards et des Kalaches des fous de Dieu, ils se seraient cachés
de l’autre côté des arbres. "Eh oui" aurait interjeté M. de La Palisse !
Mais on ne trompe pas si facilement l’œil
d’aigle d’Ilan Tsadik, habitué depuis le biberon à démasquer ceux qui essaient
de se confondre à la nature. D’ailleurs, nos lecteurs affûtés – les meilleurs,
que la profession entière nous envie – auront remarqué, avant même que je ne le
leur signale, que l’objet blanc que j’ai immortalisé dans la frondaison, n’est
autre que la partie arrière du véhicule de droite sur la photo de décembre (ou
un blindé du même modèle).
Mais à quoi bon se fatiguer à tenter de
se soustraire à mon attention, quand, à moins de 500 mètres de là, un autre
char de la FINUL monte la garde (mais contre qui ?) sous un autre poster
de la milice chiite, surmonté de sa bannière au vent, celui-là ?

Au sommet d’une petite passe,
quatre Casques Bleus devisent tranquillement,
sans se rendre compte du danger, sous le slogan "Nakhnou
almofajaat !",
littéralement : NOUS VOUS SURPRENDRONS !
(Photo
d’Ilan Tsadik © Metula News Agency)
C’est à nous que c’est destiné, mais cela risque de les concerner
aussi, s’ils oublient un seul instant l’attentat du Drakkar,
perpétré par le même Hezbollah, en 1983, et qui coûta la vie à 58 paras
français.
Avant de vous laisser, de manière intérimaire aussi, je tiens à
préciser que les militaires de la FINUL ne sont pour rien dans ces actes de
grande lâcheté. En dépit de mon espièglerie naturelle, je tiens beaucoup à ne
pas stigmatiser des personnes qui ne sont pas responsables de ce dont je parle.
Ils exécutent strictement les ordres qui sont pris à l’échelon
politique. Pas uniquement à Manhattan, au siège de l’ONU, mais également à la
tête des Etats fournissant des hommes au contingent international.
Ceux qui croyaient que leur ordre de mission était dicté par les
résolutions du Conseil de Sécurité font les frais de leur naïveté. Mais alors, il
est nécessaire de préciser que ces militaires ne sont pas les soldats des
Nations Unies, bien qu’ils en revêtent l’uniforme.
Et Israël s’est fait posséder en acceptant de terminer son
opération au Liban, en 2006, suite à l’assassinat de huit de nos garçons par le
Hezb, contre les promesses des membres permanents du Conseil de Sécurité, à
commencer par la France, instigatrice de la 1701, de faire prévaloir les termes
de cette résolution.
Michaël Béhé, à Beyrouth, à qui j’ai présenté ce petit reportage
en avant-première, juge que l’affaire de la trahison de la 1701 lui coûte bien
plus que cela, s’agissant de l’indépendance de son pays, de sa liberté et de la
sécurité des siens.
Il m’a informé qu’il s’en ouvrirait prochainement à nos lecteurs à
l’occasion d’un article. Un papier qu’on aurait tort de manquer.
Note technique :
[1] Les photographies que nous avons prises ont dû être
considérablement réduites afin d’être diffusées aux lecteurs de l’agence et de
pouvoir figurer sur le site Internet de la Ména.