Le spectacle odieux et lamentable qui vient d’être donné par le
« Congrès » du Fatah devrait être en soi suffisant pour que
l’expression « Palestinien modéré » apparaisse être ce qu’en
rhétorique on appelle un oxymore : l’accolement de deux mots qui se contredisent
mutuellement. Cela n’a rien d’étonnant : comme je l’ai écrit de nombreuses
fois, le peuple palestinien n’existe pas.
Il existe des populations arabes qui se sont trouvées prises en
otage et utilisées par les dirigeants des pays de la région autres qu’Israël
aux fins de mener leur guerre contre le peuple juif. La prise d’otages est la
plus longue des temps modernes, puisqu’elle dure depuis soixante ans.
Ces gens infortunés ont d’abord reçu le statut de
« réfugiés », et la communauté internationale a créé pour eux une
catégorie à part, qui leur permet d’être réfugiés de père en fils, et même
réfugiés par alliance.
On les a parqués dans des camps avec la complicité et le
financement des Nations Unies, et, ni le Liban, ni la Syrie, ni la Jordanie, ni
l’Egypte ne leur ont donné la possibilité de s’intégrer à leurs sociétés.
Dans les années 1960, les dirigeants syriens et égyptiens de
l’époque ont compris que vouloir jeter les Juifs à la mer et détruire Israël ne
leur valait aucune popularité dans le monde occidental et les faisait
apparaître comme des gens aux appétits génocidaires. Ils ont alors procédé à la
falsification de l’histoire la plus couronnée de succès des temps
modernes : l’invention du peuple palestinien. Les otages sont devenus,
bien sûr, membres de ce peuple inventé de toutes pièces.
Tout peuple ayant besoin de dirigeants, on a recruté divers
aventuriers, formés et formatés à l’intersection du KGB, du national-socialisme
arabe, façon Nasser, et de mouvements fondamentalistes, tels les Frères
musulmans.
L’Egyptien Yasser Arafat a été choisi pour devenir le chef du
peuple fantoche, alors qu’en dessous de lui, il y avait tout un ensemble
d’apparatchiks constituant une nomenklatura orientale.
Les actions terroristes ont pu, dans ce contexte, se trouver
dénommées « lutte armée », ou « lutte de libération
nationale ». L’opération de politisation de suppléants terroristes - les fédayoun
- aux armées arabes régulières a bénéficié du soutien de l’Union Soviétique et
de l’essentiel du monde arabe. Elle a reçu, aux Nations Unies, le soutien des
pays « non alignés », qui, comme leur nom ne l’indique pas, étaient
les pays alignés sur l’Internationale communiste.
L’opération a aussi bénéficié des égards de la « politique
arabe » de la France, de l’antisémitisme latent en Europe, de la volonté
de nombreux pays de se concilier les grâces des producteurs de pétrole
proche-orientaux, et de bénéficier des contrats qui vont avec les grâces.
Au fil des ans, des évolutions se sont opérées. Grâce aux bons
soins du président le plus catastrophique à avoir gouverné les Etats-Unis avant
Barack Obama, Jimmy Carter, l’Iran est devenu une République islamique et les
milices shiites libanaises ont pu devenir le Hezbollah. Le Hamas, branche
« palestinienne » des Frères musulmans, a pu voir le jour et, bien
que né sunnite, se trouver de plus en plus téléguidé, armé et financé par les
mollahs et autres fanatiques iraniens.
L’Union Soviétique s’est effondrée, et les
« réalistes » du Département d’Etat américain, qui n’ont cessé
d’estimer que les Etats-Unis aussi devaient avoir une « politique
arabe » et ne pas hésiter, selon l’expression de James Baker, à
« tordre le bras » d’Israël ont fait tout leur possible pour que se
produise l’avancée en direction des accords d’Oslo, finalisés sous Bill
Clinton.
Dans les années Clinton a eu lieu un « processus de
paix », qui n’a cessé de revêtir les allures d’un « processus de
guerre », puisque la logique consistait à répéter qu’il fallait négocier
comme s’il n’y avait pas d’attentats, alors que ceux-ci n’ont jamais été aussi
nombreux ; la question que je me suis toujours posée alors à ce sujet était
la suivante : les victimes d’attentats pouvaient-elles faire, elles aussi,
comme s’il n’y avait pas d’attentats ? Ce processus a vu Arafat se doter
d’une mini dictature totalitaire ayant son siège à Ramallah.
La suite est mieux connue puisqu’elle est plus récente : la
construction de la barrière de sécurité, qui a beaucoup frustré ceux qui
voulaient s’harnacher des ceintures d’explosifs et se faire sauter en Israël et
qui, bien sûr, a suscité des « protestations » de la
« communauté internationale ».
Cette dernière s’est vue privée du spectacle de Juifs morts et
mutilés, ce qui semble l’avoir frustrée.
L’abandon de Gaza par Israël, rendant le territoire vide de toute
présence juive, qui a abouti non pas à un territoire où les Palestiniens se
gouverneraient eux-mêmes mais une base arrière du terrorisme et de l’islamisme.
Des actions défensives menées par Israël contre le Hezbollah en
2006, puis en janvier dernier contre le Hamas.
Des occasions gâchées pendant la présidence de George Bush,
puisque le Président des Etats-Unis le plus favorable à Israël depuis 1948 a eu
pour interlocuteur principal Ehud Olmert. Et maintenant, Barack Hussein Obama
et, fort heureusement, pour lui faire face en Israël, Binyamin Netanyahu.
Barack Hussein Obama est, ce qui marque un changement radical par
rapport aux années Bush et ce qui contribue à le rendre infiniment plus
populaire que Bush dans une Europe où l’antisémitisme revient sans être jamais
vraiment parti, le Président le plus hostile à Israël depuis plus de soixante
ans.
Sous Bush, des gens tels que Mahmoud Abbas s’efforçaient de
modérer leur langage lorsqu’ils parlaient en anglais (en arabe, ils disaient
tout, sachant bien que nul dans le monde occidental ne ferait la traduction) ;
aujourd’hui, tandis que Barack Hussein Obama (qui a une famille musulmane,
comme il ne cesse lui-même de le souligner) se trouve à la Maison Blanche, il
n’a plus de raisons de se restreindre, les autres non plus.
Ce qui est lamentable dans cette histoire, est que personne à la
Maison Blanche ne semble avoir entendu ce qui s’est dit à Bethlehem ces
derniers jours, au Congrès d’une organisation « modérée ».
Ce qui est révoltant est que personne en Europe ne semble avoir
vu ou entendu non plus. Ce qui est triste est que les gens qui sont pris en
otages depuis soixante ans resteront dans leur situation d’otages, verront
passer les voitures neuves et rutilantes des membres de la nomenklatura des
« dirigeants palestiniens » professionnels, continueront à être
abreuvé de propagande raciste et haineuse et à vivre des subsides de l’UNWRA.
Bien sûr, on continuera à accuser Israël, et le peuple israélien devra rester
sur le pied de guerre et en situation d’extrême vigilance.
Barack Hussein Obama est allé, au Proche-Orient, de déconvenue en
déconvenue. Malgré ses courbettes obséquieuses et ses paroles
d’auto-humiliation, il n’a obtenu aucune concession, même infinitésimale de la
Syrie, de l’Iran, de l’Arabie Saoudite ou de l’Egypte.
Il semble même que les dirigeants saoudiens soient furieux contre
lui, car ils discernent l’ombre de l’Iran, en train de grandir au-dessus de la
région.
Les dirigeants syriens et iraniens ne voient pas pourquoi ils
accorderaient quoi que ce soit à un faible.
Les procès staliniens organisés ces jours derniers en Iran
montrent à quel point Ahmadinejad et Khamenei craignent la parole américaine.
Si l’expression n’avait été utilisée autrefois par Mao, ils pourraient dire que
les Etats-Unis sont un tigre de papier, sauf qu’à la Maison Blanche, il n’y a
pas de tigre et que le papier a la consistance du papier mâché.
La Jordanie elle-même place ses pions, puisque Nayek al-Kadi, le
ministre de l’Intérieur du royaume, vient de parler de la volonté du roi de
retirer la nationalité jordanienne aux « Palestiniens » qui en
disposent ; ce qui devrait apparaître comme le sommet de l’imposture
ubuesque, puisque la Jordanie est un Etat créé sur quatre vingt pour cent du
territoire du Mandat palestinien et est un Etat arabe
« palestinien ». Les seuls habitants de Jordanie à n’être pas des
arabes « palestiniens » sont des bédouins, arrivés d’Arabie avec le
roi de l’époque lors de la création artificielle du royaume par les
Britanniques.
Si le monde voulait sortir du mensonge, il faudrait dire que,
pour peu qu’on tienne à appeler un Etat arabe, « Etat arabe
palestinien », il devrait être demandé au roi de Jordanie de changer le
nom de son pays, qui pourrait devenir ainsi le royaume arabe de Palestine.
Certes, aucun Arabe ne se définissait comme Palestinien avant la
création du peuple palestinien dans les années 1960… Le Fatah, mouvement qui a
inventé le « peuple palestinien », a été créé par Yasser Arafat en
1964. Avant cela, surtout avant la création de l’Etat d’Israël en 1948, un « Palestinien »
désignait un Juif vivant dans la région mandataire appelée « Palestine ».
La brigade palestinienne ayant combattu dans l’armée britannique durant
la Seconde Guerre Mondiale était exclusivement composée de Juifs.
Si le monde voulait sortir du mensonge, il faudrait mettre fin à
la prise d’otages dont ont été victimes les gens qu’on appelle maintenant « peuple
palestinien ».
La nomenklatura que constituent les dirigeants du Fatah, et au
delà, ceux de l’Autorité Palestinienne, n’a pas à être entretenue avec l’argent
des contribuables européens ou américains.
Elle n’a pas à être reconnue comme représentant un peuple par qui
que ce soit : si les pays du monde arabe et l’Organisation de la
Conférence Islamique tiennent à reconnaître cette nomenklatura, qu’ils le
fassent, mais, jusqu’à nouvel ordre, ni l’Europe ni les Etats-Unis ne font
partie du monde arabe ou de l’Organisation de la Conférence Islamique, même si,
prenant sans doute ses désirs pour des réalités, Barack Hussein Obama a pu dire
que les Etats-Unis étaient l’une des grandes puissances musulmanes du monde.
Si le monde voulait sortir du mensonge, et se conduire de manière
éthique et honorable, il devrait trouver une issue pour ces gens qui composent
ce qu’on appelle désormais le « peuple palestinien » : la paix,
si elle doit venir, viendra lorsque ces gens seront délivrés de
l’endoctrinement haineux qu’ils subissent depuis des années et lorsqu’ils
seront délivrés de la position d’assistés permanents dans laquelle les
maintiennent des dirigeants indignes et les Nations Unies ; quand ils
seront incités à comprendre que, pour gagner sa vie, il faut avoir une activité
créatrice de richesse.
Ensuite et ensuite seulement, on pourra parler d’une « issue
politique ». Les frontières futures, lorsqu’elles seront tracées, ne
contiendront pas, je serais prêt à le parier, un deuxième Etat palestinien. Non
seulement parce que rien ne justifie qu’on crée un deuxième Etat arabe sur le
territoire de l’ancien Mandat palestinien, mais parce qu’envisager de confier
un Etat à des gens tels que Mahmoud Abbas, aux autres membres de la
nomenklatura palestinienne ou, a fortiori, aux dirigeants du Hamas ferait
autant sens que confier un dépôt d’essence et un briquet à un pyromane
multirécidiviste.
Certes, je crains que le monde ne sorte pas du mensonge
immédiatement. L’obsession, en Europe et dans l’administration Obama, ces
derniers mois, a consisté à pointer du doigt les « colonies
israéliennes ». Donc à entériner l’idée que la paix pourrait venir
lorsqu’on céderait aux exigences d’épuration ethnique des dirigeants « palestiniens »
qui, si leurs exigences étaient satisfaites, en auraient d’autres qui sont déjà
prêtes à être brandies.
L’obsession a aussi consisté à sermonner Israël concernant la
construction d’habitations juives dans Jérusalem Est, quand bien même ce sont
des Juifs qui disposent des titres de propriété. L’épuration ethnique telle que
conçue par les dirigeants « palestiniens » et telle qu’entérinée par
les dirigeants européens et les membres de l’administration Obama concerne
aussi Jérusalem.
L’administration Obama, envers et contre tout, parle d’un projet
de plan de paix qui devrait être présenté en septembre, et on peut donc
craindre le pire à ce moment là.
La vigilance s’impose plus que jamais. L’un des composants de la
vigilance est le rappel des faits. C’est pour cela que j’ai rappelé ici, très
simplement, tout un ensemble de faits historiques. Le « conflit israélo-arabe »
ne semble insoluble que dans la mesure où, en prétendant construire sur du
mensonge, on ne cesse de bâtir des échafaudages qui s’écroulent les uns après
les autres.
Le mensonge est un terrain plus instable et plus illusoire encore
que le sable avec lequel on construit sur les plages des châteaux que la marée
emporte. Le mensonge, là, a des conséquences bien plus graves que la
disparition d’un château de sable.
Il y a plus de soixante ans que des gens sont pris en otages :
qui osera dire haut et fort qu’il est temps que cela cesse. Il y a plus de
soixante ans qu’Israël est victime d’une campagne d’agression, de haine et de
terrorisme telle que, en se faisant complice de la prise d’otages de ce qu’on
appelle le « peuple palestinien », les dirigeants des pays
occidentaux se sont, en réalité, faits complices aussi de la campagne
d’agression, de haine et de terrorisme contre Israël : il serait temps que
la campagne cesse, et la complicité des dirigeants occidentaux aussi.