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Bof ! (info # 010104/9) [Analyse sportive]
Par Ilan Tsadik

Mercredi 01 avril [19:46:00 UTC]

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© Metula News Agency








L'entrée de Yossi Benayoun en seconde mi-temps n'aura pas suffi




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Coupe du Monde de football 2010, en Afrique du Sud.

 

Phase qualificative, Groupe 2. (Voir les autres groupes européens).

 

Héraklion, Stade Pankritio, 26 000 spectateurs (guichets fermés).

 

Arbitre : M. Olegario Benquerenca. (Les 4 arbitres assistants sont également Portugais).

 

Résultat final :

 

Grèce-Israël 2-1

 

Buts :

 

32’ Dimitrios Salpingidis

Sur un tir aux 18 mètres, après un coup de coin, sur un renvoi de la défense israélienne. Grosse faute de placement des Hébreux : tous sur leur ligne, personne aux seize…

 

58’Elyaniv Barda

Copie du but de Salpingidis dans l’autre camp. Suite à un coup franc de la Nivkhéret, le ballon est renvoyé aux 15 mètres, surgit Barda, qui n’a aucune peine à tromper le portier grec.

 

66’ Samaras sur pénalty

Biram Kyial commet une faute grossière et totalement inutile sur un avant adverse qui ne mettait pas en danger Aouate. Samaras transforme sans problème.

 

 

L’équipe d’Israël, qui se retrouve, après sa défaite de ce soir, à quatre longueurs de la Grèce et de la Suisse, regardera, très probablement, une nouvelle fois, le Mondial à la télévision.

 

Rien de très surprenant à cela, à voir la manière dont la Nivkhéret a permis à l’entraîneur Otto Rehhagel de remplir en tremblant son plan de vol : nul en Israël, victoire en Grèce. Quatre points précieux dans l’aventure.

 

Tout est dans la tête, ça n’est pas d’un coach dont les footballeurs israéliens ont besoin mais d’un bon psychologue. Car cette équipe hellène était bonne à prendre ; ce soir, elle a même été dominée par le fantôme de la sélection israélienne.

 

Faute de voir du jeu, sur les deux hémisphères de la pelouse, le réalisme froid a payé. Et à cet exercice il est difficile d’en compter à la très expérimentée formation insulaire.

 

Les erreurs de placement, les actes superflus ont fait pencher la balance. En première mi-temps, face à une formation israélienne trop bien élevée et timorée, il a suffi d’un mauvais placement sur un corner pour concéder l’ouverture du score :

 

Tous les blancs (les Israéliens, ce soir) s’étaient concentrés sur une ligne de but, près de leur gardien ; après un dégagement de la tête de la défense, ce n’est pas un joueur adverse mais bien deux qui se sont trouvés avec le ballon à 18 mètres, avec toute la latitude possible pour permettre à Salpingidis d’armer son tir sans que personne ne l’inquiète.

 

En seconde période, avec l’entrée en jeu de Yossi Benayoun, les nôtres ont pris un certain ascendant sur les opérations. L’opposition était piteuse, plus mauvaise qu’à Tel-Aviv, on aurait dit que nos hôtes s’étaient résignés à l’incapacité de développer la moindre action digne d’un commentaire sportif.

 

On assistait à une rencontre du niveau de la troisième division d’un championnat européen, où le cuir était botté loin en-avant par les arrière-gardes, et où un simple une-deux faisait figure de prouesse technique.

 

La partie se décidait au hasard des rebonds et des mauvais contrôles, avec des Israéliens un brin moins maladroits que leurs vis-à-vis.

 

Au sortir de l’une de ces bousculades, après un coup franc des Hébreux, le ballon échouait sur le pied d’Elyaniv Barda, laissé seul, comme Salpingidis en première période, dans une zone où les avants doivent toujours être bien entourés.

 

Barda ne galvaudait pas l’occasion et adressait un tir victorieux dans la cage de l’impuissant Chalkias.

 

Dans les cinq minutes qui s’ensuivirent, les Grecs, comme assommés par l’égalisation, se montrèrent tout simplement inexistants. Les Israéliens se firent alors dangereux, en dépit de leurs maladresses.

 

On attendait que le but victorieux des protégés de Kashtan tombe comme un fruit mur.

 

Et puis, comme souvent au football, sur un contre anodin au possible, un avant grec se présenta à l’extrémité droite de la surface de réparation de Doudou Aouate, qui n’a eu qu’un seul arrêt déterminant à effectuer durant la rencontre.

 

Fébrile, inconscient, le défenseur Biram Kyial du Maccabi Haïfa fauchait, sans la moindre raison valable, l’attaquant hellène. L’arbitre portugais sifflait un coup de pied au but indiscutable, que transformait Samaras, qui avait fait son apparition sur le terrain quelques minutes auparavant.

 

Son envoi au milieu du but prenait Aouate à contre-pied.

 

On en était à la 66ème minute du match. Les Israéliens se lancèrent à l’assaut du but adverse, mais sans panache, sans précision, sans force de pénétration. Ils multiplièrent alors les ballons perdus, balbutièrent leurs fondamentaux, bottant, par exemple, des coups de coin directement en touche.

 

Il n’en fallait pas plus aux Grecs pour gérer leur avantage, et même inquiéter Aouate sur des contres, quand tous les défenseurs de la Nivkhéret s’étaient rués dans les fossés de la citadelle adverse.

 

Au retentissement du coup de sifflet final, les locaux se congratulèrent comme s’ils venaient de remporter la Coupe du Monde. Instant cruel pour les visiteurs, qui comprenaient qu’ils avaient laissé passer deux rares occasions – à Ramat-Gan et à Héraklion – de venir à bout d’une formation nettement à leur portée. Et qu’ils venaient, par là-même, de laisser échapper leur ticket pour Johannesburg.  

 

Mais, tout compte fait, les joueurs israéliens ne méritent pas, sur la base du volume de jeu qu’ils présentent, de participer à la phase finale du Mondial.

 

Sur le plan individuel, ils se montrent inexplicablement fébriles lorsqu’ils endossent le jersey de l’équipe nationale. Ils sont, tous, deux niveaux en-dessous du football qu’ils pratiquent dans leurs clubs.

 

Au niveau collectif, ils ne forment pas un groupe ; la passe la plus simple est mal assurée, il n’existe aucun automatisme. A croire qu’ils ne se sont pas préparés. A croire qu’on n’a pas affaire à des gens dont ce sport est la profession, à laquelle ils consacrent pourtant tout le temps qu’ils ont de disponible.

 

Les adversaires, moyens comme les Grecs, deviennent des géants, des individus qui semblent les impressionner et face auxquels ils perdent la plupart de leurs moyens.

 

Une des causes de ce blocage évident tient au fait qu’ils ont perdu le plaisir de jouer. Et, il ne faut pas l’oublier lorsqu’on procède au compte-rendu d’une  rencontre de foot, ce sport n’est pas une bataille rangée mais un jeu. Faute d’y retrouver des sensations ludiques, à le réduire à un calcul énergétique, il est difficile de remporter une rencontre.

 

Un mot sur la retransmission télévisée proposée par la seconde chaîne – privée – israélienne : encore plus médiocre que les joueurs. Ce que j’ai vu, samedi à Métula, participa de la plus mauvaise réalisation télévisuelle d’une partie de football à laquelle il me fut donné d’assister.

 

D’abord, toute la retransmission est uniquement vouée à la publicité, avec dix minutes de spots pour une seule de commentaire avant la rencontre et à la pause.

 

Ensuite, des ralentis insignifiants, qui passent et repassent plusieurs fois, alors que des actions de jeux décisives se développent. Des gros plans sans intérêt, lors de phases dynamiques, qui font penser que le réalisateur en est à son coup d’essai.

 

Et puis, des encarts publicitaires, toujours, sur ce qui reste d’image, qui prennent régulièrement la moitié de l’écran et qui couvrent par des slogans le son des commentateurs.

 

Un autre mot sur l’accueil qui nous est réservé à Héraklion : hostile, inamical, primaire. Hier, des manifestations anti-israéliennes hystériques au centre de la cité, avec intervention musclée de la police. Ce soir, au stade, un public qui siffle notre hymne national, qui reste unanimement assis pendant qu’il retentit, et qui hurle des slogans appelant à notre éradication.

 

Ilan, qui voulait aller vider quelques Ouzos dans une taverne crétoise, retournera à l’hôtel en attendant son avion pour Tel-Aviv. Les gens d’ici ne valent décidément ni par leur football ni par leur sens de l’hospitalité. Ils ont soixante-dix ans de retard dans leur conception des Israélites.

 

Une fois que le psychologue aura fait son boulot sur nos footballeurs, il pourra venir faire fortune en Crète.

 

L’équipe nationale d’Israël, ce soir :

 

Dans les buts : Doudou Aouate. En défense : Klémi Saban, Tal Ben Haïm, Dékel Keinan, Dédi Ben Dayan. Milieux de terrain : Gal Alberman, Biram Kiyal, Yoav Ziv (-40’), Ben Sahar (-45’). En attaque : Itay Shechter (-74’), Omer Golan.

 

Les remplaçants : Nir Davidovich (gb), Eyal Meshumar (d), Avi Shtroul (d), Tamir Cohen (mt),Yossi Benayoun (+45’) (mt) Elyaniv Barda (+40’) (a) Barak Itzhaki (+74’) (a).

 

 

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