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  Rédacteur en chef : Stéphane Juffawww.menapress.com
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Les aventures de Bobo au pays des merveilles (info # 011202/9)
Par Laurent Murawiec à Washington

Jeudi 12 février [13:12:00 UTC]

Obama Capitole
© Metula News Agency


















L’Amérique par Obama, « un pays de chrétiens, de musulmans, de Juifs… »



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Tout le monde est-il beau, tout le monde est-il gentil ?

 

 

Les nominations auxquelles a procédé le président Obama pour les postes de son cabinet sont superficiellement rassurantes : Hillary Clinton n’est pas une extrémiste, quel que soit le mal que je pense d’elle ; l’amiral Blair, qui hérite du poste de Directeur national du renseignement, est un militaire carré et expérimenté, de même que le général des Marines Jones, directeur du Conseil National de Sécurité ; le secrétaire au Trésor ne paie pas ses impôts de bon gré, mais fait partie de la même équipe qui a contribué au désastre financier actuel ; Obama a placé un Républicain mou au Commerce et un autre aux Transports ; on sait peu de choses de la nouvelle patronne de la Protection du Territoire (Homeland Security) Jane Napolitano ; il a gardé Bob Gates à la Défense, ce qui console un peu.

 

Il y a certes le cas de l’attorney general Eric Holder (ministre de la Justice), qui traîne quelques énormes casseroles de vénalité et de corruption politique, et le curieux choix du politicard clintonien Leon Panetta à la tête de la CIA, alors qu’il n’a aucune expérience du renseignement. Ces deux derniers sont sans doute des flancs-gardes.

 

Après le règne de dangereuses médiocrités adorées par Bush, illustration avec Condoleezza Rice, ce n’est pas un désastre. Par contre, Obama centralise très fortement le pouvoir à la Maison Blanche, en coiffant chaque ministère d’un « conseil » aux pouvoirs étendus, qui siège près du président, et dont les patrons sont chargés d’avoir la main haute sur « leur » ministre, qu’ils marqueront « à la culotte », comme disent les footballeurs.

 

C’est ainsi que les pouvoirs du NSC sont très fortement renforcés, au détriment des figures de proue. Il est probable, le trait est amusant, qu’Obama dirige une « présidence impériale », au détriment des ministères traditionnellement pourvus d’une réelle autonomie, mais aussi au dépens du Congrès : il faut s’attendre à de multiples conflits.

 

Mais le gouvernement des Etats-Unis, à part les figures de proue qui en sont le versant politicien et publicitaire, c’est aussi, et largement, les 3 300 political appointees, les membres des cabinets ministériels et les équipes de ministres-adjoints, sous-ministres et sous-sous-ministres, qui font « tourner la baraque », et les conseillers spéciaux du président. Nommés à la discrétion du président, quoique certains doivent être approuvés par le Sénat, ils sont à proprement parler les hommes du président.

 

C’est là que le bât blesse. Je n’en prendrais que quelques exemples. Le conseiller spécial d’Obama pour les affaires scientifiques et technologiques est John Holdren. Ce dernier est l’ami et collaborateur de l’écologiste charlatan Paul Ehrlich, dont le livre, paru en 1968, – que Holdren recommandait chaudement comme « prescient » (prémonitoire. Ndlr.) - affirmait que « la bataille pour nourrir l’espèce humaine est perdue ». Et prévoyait que, « dans les années soixante-dix et quatre-vingt, des centaines de millions d’hommes allaient mourir de faim ».

 

Ehrlich proposait en conséquence de lancer un vaste programme de stérilisation forcée, de mettre en quarantaine et d’abandonner les pays trop surpeuplés. Est-ce là de ma part une inculpation par association ? Que non ! A la demande d’Ehrlich, Holdren avait prédit, en 1980, que cinq métaux, le chrome, le cuivre, le nickel, l’étain et le tungstène, allaient se raréfier, et leur prix grimper sans limite, pas plus tard qu’en 1990.

 

En vérité, ils baissèrent de moitié… En 1971, il annonçait que le pétrole aurait disparu de la planète « de notre vivant ». Et voilà-t-y pas – que l’on me permette un léger sarcasme – que le même Holdren, pas déconfit pour trois sous, est l’une des figures de proue de l’idéologie de l’ « effet de serre » et du « réchauffement global ». Il veut exterminer les industries qui carburent au carbone, parce que c’est l’espèce humaine elle-même qui pollue notre belle Nature. Voilà l’homme qui aura la haute main sur le programme d’Obama en matière d’environnement.

 

Son partenaire sera le nouveau ministre de l’Energie, le physicien Steven Chu. Sommes-nous rassérénés par sa qualité de savant ? L’homme n’a pas peur des grands horizons : le changement climatique va faire de la Californie un désert, en ruiner les villes, qui devront être abandonnées.

 

Commentaire d’un sénateur Républicain : « J’espère que M. Chu prendra note des données qui viennent du monde réel ». Chu, qui n’est pas climatologiste, pas plus que Holdren, est un fanatique de l’Apocalypse revêtant ses lubies d’un verni pseudo-scientifique. Mais les ravages qu’ils sont susceptibles de causer sont énormes.

 

Deuxième exemple des seconds ou troisième couteaux dangereux, Samantha Powers, qui dirigera le département du Moyen-Orient au Conseil National de Sécurité aux pouvoirs renforcés. C’est cette universitaire qui avait tout bonnement asséné que les Etats-Unis doivent couper les vivres à Israel et au besoin l’envahir (« y envoyer des troupes nombreuses ») pour imposer une « solution » au « massacre des Palestiniens ». Et ce, avait-elle lourdement insisté, en dépit du vaste pouvoir « d’un certain lobby dans les finances et les media » aux Etats-Unis.

 

L’aile gauche des Protocoles des Sages de Sion avait parlé. Cette idéologue de la vision ONGueuse du monde, baba cool ou bobo, a épousé, sans réserve, le fantasme arabo-palestinien, et cultive une haine sauvage et grossière d’Israel. Sur l’écran de son cinéma intérieur, elle voit des ombres qu’elle va tâcher d’imposer à la réalité : mélange de niaiserie et de vilénie.

 

N’est-elle pas contrebalancée par Mme Clinton ? Il est certain que les conflits ne manqueront pas là aussi. Mais c’est elle dont le bureau jouxtera celui d’Obama. Quand on entend ce dernier demander complaisamment pardon au monde islamique pour les offenses commises depuis vingt ou trente ans par l’Amérique – Oh ! mânes de l’Ayatollah Khomeiny ! Oh ! mémoire des soldats américains tombés pour sauver les musulmans bosniaques, albanais, irakiens, afghans !

 

Mais Obama n’a-t-il pas insisté pour mettre en avant ses propres racines musulmanes (le simple fait d’en parler pendant la campagne électorale vous valait les foudres du camp obamien et des media), se faisant annoncer par le protocole sous son nom complet de Barack Hussein Obama ?

 

Son premier coup de téléphone à l’étranger n’a pas été adressé à l’allié anglais, australien, japonais, allemand – mais à l’affligeant ectoplasme Mahmoud Abbas ; sa première interview, de même, à une media étrangère, est allée à la chaîne de télévision al Arabiya, plutôt connue pour ses apologies de la terreur djihadie.

 

On a déjà parlé de l’incroyable définition de l’Amérique par Obama, comme « un pays de chrétiens, de musulmans, de Juifs… » - c’est la recette du pâté d’alouette : un cheval, une alouette – alors que l’unique tradition de l’Amérique, en matière d’Islam, c’est la première intervention militaire extérieure de son histoire, contre les pirates djihadis d’Alger, de 1801 à 1805 et en 1830.

 

Notons d’ailleurs que ce fut l’acte de naissance de l’U.S. Navy, et que les nations européennes continuèrent de payer tribut aux pirates jusqu’en 1830 ! Et qu’il y a un toupet étonnant à offrir cette seconde place démographique, alors que la population musulmane de l’Amérique se chiffre sans doute à un million et demi, sur trois cent millions, soit 0.5 pour cent !

 

Tous les signaux émis vont dans le même sens : on dit vouloir fermer Guantanamo, là où les djihadis se refont une santé avant de repartir en guerre contre l’Amérique, ce qui est le cas d’un sur huit, au moins, des prisonniers libérés.

 

On vous assure qu’on traitera les terroristes capturés avec des gants de beurre frais pour ne pas les vexer ; on fait des risettes aux bouchers de Téhéran et aux charcutiers de Damas ; on annonce l’intention de diminuer de dix pour cent le budget de la défense…

 

Voilà pour l’extérieur. A l’intérieur, on imite le New Deal de Roosevelt, on le parodie, sans s’aviser qu’il fut un retentissant échec, avec un programme de relance de 800 milliards de dollars.

 

En énumérer les mesures, c’est faire concurrence au « Dîner de têtes » de Jacques Prévert : il y a même des subventions pour le raton-laveur. Pour l’essentiel, il s’agit de financements de projets non-économiques, qui permettront aux élus Démocrates d’ « amener du lard » dans leurs Etats et leurs circonscriptions sans relancer grand chose.

 

Sur les 800 milliards de dollars du plan, il y en a 30 pour les ponts et chaussées, 40 pour développer l’infrastructure des communications informatiques, et 20 de baisses de l’impôt sur les entreprises. Voilà qui totalise 90 milliards sur 800, soit huit à neuf pour cent de dépenses économiques.

 

Ce n’est pas tant qu’Obama fasse pire que l’administration Bush expirante – mais on double la mise de l’endettement des Etats-Unis. Pour que l’Etat finance tant de choses improductives, il faut prendre les ressources quelque part : les prendre tout de suite – par l’impôt ou par l’inflation – ou les extraire de l’avenir – par la dette.

 

Dans les deux cas, on évince le secteur privé et on en fait un simple appendice de l’Etat. Le potentiel de reprise est compromis. Le Bureau parlementaire du budget (CBO), organisme spécialisé du Congrès, prévoit que le plan Obama infligera, à terme, une soustraction nette au PNB.

 

Comme l’Obama de campagne l’avait avoué dans un moment de candeur : « Je veux étaler la richesse », en clair, prendre à Pierre pour donner à Paul, en prélevant au passage la dîme du fonctionnaire et celle de la corruption politique. Les Démocrates du Congrès et les syndicalistes s’agitent également pour que les Etats-Unis partent en guerre commerciale contre le reste du monde, l’Europe, la Chine, et qui sais-je encore. Une grosse couche de protectionnisme pour résoudre la crise, répétons donc les années trente !

 

Dans les affaires politiques, on assiste au spectacle ébouriffant d’une gredinerie déchaînée. Ce n’est pas que les Républicains aient donné le bon exemple : ils ont été sortis par l’électorat en partie pour avoir pataugé sans vergogne dans les auges fédérales, et été pris en flagrant délit. Mais que trois des choix ministériels aient oublié de payer leurs impôts, voilà qui « ternit l’image », comme disent les communicants. Le dialogue entre les partis dont se gargarisait Obama n’a pas résisté à un mois de pouvoir. On passe en force.

 

Cela dit, l’Obama, que je critique ici, a été élu par une majorité (53 pour cent) d’électeurs, et a suscité beaucoup d’espoir et d’enthousiasme. Sa conférence de presse du 10 février a été retransmise en direct par d’innombrables chaînes de télévision, et suivie par une audience record de 50 millions de téléspectateurs : le sujet – le plan de sauvetage du système financier – s’y prêtait.

 

Mais à l’évidence, quoique écornée par telle gaffe, tel scandale, ou, en général, par la rencontre de l’illusion lyrique avec la dure réalité, la confiance envers le chef de l’exécutif, et la demande de leadership qui va vers lui, sont encore extrêmement importantes. Plus dure sera la chute…

 

Le plus inquiétant, c’est l’orientation générale, la stratégie nationale d’Obama : pour la résumer, il s’agit d’européiser l’Amérique dans ce qu’il y a de moins souhaitable. On transfère à l’Etat fédéral de gigantesques sommes prises aux consommateurs et au privé ; la proportion du Produit National Brut accaparée par l’Etat va monter en flèche.

 

On va recruter par millions de nouveaux fonctionnaires ou para-fonctionnaires (hautement syndicalisables à gauche, et qui devront leur emploi au Parti Démocrate). On va rediriger les fonds - c’est à cela que sert le plan de relance – vers toutes sortes d’organisations « charitables », de community organizers (lire : agitateurs payés par l’Etat, comme Obama soi-même avant sa carrière politique), etc.

 

On va, j’en ai touché mot, consacrer d’énormes moyens au combat contre les moulins à vent, en l’espèce, le réchauffement climatique : le fardeau qui pèse sur l’économie productive va être aggravé, le ratio des productifs aux improductifs va augmenter.

 

L’Etat, les fonctionnaires, les subventions étatiques, les organisations et associations paraétatiques : l’Amérique d’Obama, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, ressemblera de plus à l’Europe. Le pouvoir n’ira pas aux Soviets, mais aux fonctionnaires et aux experts, au détriment des élus.

Un pouvoir faible à l’extérieur, étatisateur et centralisateur à l’intérieur, contre l’esprit même de l’expérience américaine : j’y vois un désastre en gestation. Le début des courbes logistiques est toujours lent ; l’accélération sera rapide. Obama président me semble être un mélange inhabituel de charisme roublard, de politicien habile à emballer le cynisme dans le flot de la parole, d’ego surdimensionné et de puérilité idéologique. Le dernier cuisinier à avoir appliqué la recette s’appelait Jimmy Carter.

 

 

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