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Boycott raciste en Belgique et alibi pseudo-culturel (info # 010802/9)
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Dimanche 08 février [15:01:00 UTC]

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Par Sébastien Machiels à Bruxelles

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La fin de l’année 2008 n’augurait rien de bien prometteur pour la communauté juive de Belgique.

 

Dès le début des opérations de Tsahal dans la Bande de Gaza, un déluge haineux s’était abattu sur l’ensemble des Israélites belges. Cela avait commencé sur des chapeaux de roue, avec une tentative d’incendie de la maison d’une famille juive de la banlieue d’Anvers.

 

Je ne détaille pas le bilan des petites insultes et autres vexations, qui commencèrent à perturber le quotidien des Juifs belges « visibles ».

 

Un premier cap avait été franchi, les barrières morales allaient s’écrouler, les unes après les autres, sans rencontrer de résistance digne de ce nom dans la société de mon pays.

 

Les manifestations violentes et antisémites se succédèrent, cachant  leur véritable venin sous un verni humanitaire fallacieux. Elles donnèrent lieu à des prises de positions et des déclarations outrageantes de la part de nos hommes politiques de premier plan, tant francophones  que néerlandophones.

 

Et la semaine dernière, le dernier rempart de respectabilité et d’intelligence publiques volait en éclat, avec cette déclaration nauséeuse d’un ministre d’Etat, Bert Anciaux : « Dendermonde c’est Gaza ».

 

Une courte explication s’impose : le vendredi 23 janvier, dans une crèche de la petite ville du nord du pays de Dendermonde, un homme de 20 ans, déguisé en joker du film de Batman, a poignardé au hasard tous les enfants qui étaient à sa portée, en tuant deux, en blessants douze autres, dont certains très grièvement, et en assassinant l’une des puéricultrices.

 

Inutile d’épiloguer pesamment, les lecteurs non-belges étant aisément capables d’imaginer le tremblement de terre que la population du Plat pays a pu ressentir à l’issue de ce massacre, perçu ici comme un drame national.

 

La déclaration du ministre Anciaux, survenant quelques jours après celui-ci, frappa d’une infamie calculée, tant la mémoire des morts de Dendermonde et les blessés encore soignés dans les hôpitaux, pour l’instrumentalisation hors propos qui venait d’être faite de leur malheur, que la nation d’Israël, qui n’y était strictement pour rien.

 




Il existe sûrement plus de points communs entre

le ministre belge Bert Anciaux (photo) et Léon Degrelle,

qu’entre Dendermonde et Gaza…

 

Un ministre belge venait de comparer un assassin d’enfants déséquilibré à une nation démocratique, luttant pour sa survie, et faisant un usage très mesuré de son droit de légitime défense.   

 

Impossible d’aller plus loin ?

 

C’était sans compter la "culture" !

 

Il y a huit mois, un organisme appelé le CIVA, Centre International pour la Ville, l'Architecture et le Paysage, mettait en chantier la programmation d’une exposition intitulée : « La Ville blanche, le mouvement moderne  à Tel-Aviv ».

 

Il s’agissait d’une exposition itinérante, organisée en partenariat entre l’UNESCO et le ministère israélien des Affaires Etrangères. Montrée pour la première fois à Tel-Aviv en 2004, cette exposition fait suite au classement de cette ville au patrimoine mondial de l’humanité, en 2003, notamment pour ses constructions  de style Bauhaus.

 

L’expo est actuellement stockée en Autriche, où elle avait rencontré un franc succès.

 

Au début du mois de septembre, une rencontre était organisée entre le directeur du CIVA, Christophe Pourtois, Patrick Burniat, représentant pédagogique de l’Institut d’architecture de La Cambre (une université spécialisée de Bruxelles), pressenti pour accueillir l’exposition en ses murs, et Agnès Bensimon, l’attachée culturelle de l’ambassade d’Israël.

 

Le CIVA, ès qualité d’organisateur principal, requit de l’aide financière, notamment celle de l’ambassade, qui avait, entre autre, organisé, pour répondre à cette attente, un dîner de collecte chez l’ambassadeur.

 

L’aide s’élevait finalement à hauteur de quinze pourcent des frais d’organisation. Il fut décidé d’apposer les logos du CIVA, de La Cambre, du service culturel de l’ambassade d’Israël, de l’UNESCO et du ministère israélien des Affaire Etrangères.

 

Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, ou plutôt, c’était l’impression qui prévalait dans la petite capitale administrative européenne, dont la complexité des méandres donnerait des cauchemars à Franz Kafka.

 

Mi-janvier, un mail de Patrick Burniat parvint au CIVA, co-adressé à Marie Van Hamme, présidente du conseil d’administration, Christophe Pourtois, directeur, et Marcelle Rabinowicz, consultante en matière d’expositions.

 

Ce courrier rendait compte de la décision unilatérale de l’institut d’architecture bruxellois d’annuler sa participation, jugeant le moment inopportun pour une exposition sur la ville blanche, en pleine opération israélienne. Une décision qui privait, dans les faits, l’organisateur du lieu de l’exposition.

 

Non content de forcer la main du CIVA, Patrick Burniat agrémentait sa missive de recommandations pseudo-éthiques : 

 

« Par ailleurs, en raison des relations de collaboration entre le CIVA et La Cambre Architecture, nous suggérons au CIVA de réfléchir au maintien de cette manifestation et de la
différer dans le temps, dans la mesure où il ne nous semble pas acceptable, éthiquement, de mettre en valeur l'architecture d'un pays qui, dans le même temps, s'emploie à détruire systématiquement l'infrastructure matérielle d'un voisin, sans parler évidemment des victimes civiles.

 

Il y aurait beaucoup de cynisme à maintenir cette exposition, d'autant que cette manifestation se fait avec l'appui des autorités qui mènent cette politique, laquelle rencontre l'opprobre de la communauté internationale. ».

 

Magnifique argumentaire, d’où émerge, à chaque mot, la passion extraordinaire d’un représentant pédagogique universitaire pour la qualité supra-politique de l’art…

 

Le CIVA s’est docilement incliné devant l’obscurantisme intellectuel d’une école supérieure, subventionnée par la communauté française (francophone. Ndlr.) de Belgique.

 

Mais si c’est dans cet esprit-là que nous éduquons nos futurs architectes, la poursuite des divers travaux de défiguration qui dégradent l’urbanisme déjà déplorable de notre capitale européenne, de l’avis de l’immense majorité des Bruxelloises et des Bruxellois, a peu de chance d’être remise en question. Une éducation, qui suit des principes fondamentaux à la pertinence de moins en moins justifiable.

 

Heureusement pour elle, l’éthique, c’est une tout autre chose, qui échappe visiblement au champ de compréhension de ce Monsieur Burniat.

 

Ajoutons que la décision de La Cambre fut prise sans convocation du conseil d’administration de l’école. Dommage ! Marie Van Hamme, présidente du CIVA, en est aussi l’une des administratrices.

 

Pusillanimité difficile à comprendre de la part du Centre International pour la Ville, l'Architecture et le Paysage, qui avait publié un magnifique ouvrage de référence sur l’architecture de Tel-Aviv, Haïfa et Jérusalem.

 

L’ouvrage, « Sur les traces du modernisme, Tel-Aviv, Haïfa, Jérusalem », a été écrit de la main-même du directeur du CIVA, Christophe Pourtois, l’homme à l’origine de l’organisation de cette exposition avortée.

 

L’amertume est de mise. Elle côtoie la chienlit des valeurs, des relents irrespirables d’antisémitisme à l’affut du moindre prétexte, de la moindre occasion de ressortir de son trou, et l’usurpation de l’éthique à des fins partisanes lamentables.

 

Prenons quelque distance, avant de conclure, avec ces considérations politico-culturo-racistes :

 

Grâce à Patrick Burniat, les Belges, en général, et les étudiants en architecture, en particulier, ne verront donc pas les réalisations à Tel-Aviv d’architectes telle Genia Averbuch, l’une des figures emblématiques du mouvement moderniste, diplômée de l’École des Beaux-arts de Bruxelles dans les années 1920.

 

Genia Averbuch, qui avait fui en Israël pour échapper à la montée du fascisme, de l’antisémitisme et de la déculture - qui ne le quitte jamais -, qui se retrouve boycottée dans son pays d’origine, 80 ans plus tard, à cause des mêmes maux, à peine modernisés, suscitant les mêmes réflexes… cela se passe de plus ample commentaire.

 

 

 

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