Le renseignement israélien est formel : les dirigeants du
Hamas se terrent dans un bunker situé sous l’Hôpital Shifa à Gaza city. Plus
précisément encore, sous le département de médecine pour enfants.
Ismaël Hanya, le chef de la branche politique, Ahmed Jabaari, la
brute béotienne, chef des brigades Ezzedine al-Qassam, et Mahmoud al-Zahar (chirurgien !),
le no.2 de l’organisation islamiste à Gaza, jugent probablement que l’aile des
enfants de l’hôpital est la plus sûre protection pour leurs misérables
existences.
Paradoxalement, ces adeptes du terrorisme à outrance font
confiance en l’humanité de l’armée israélienne, sachant pertinemment que les
Hébreux ne bombarderont jamais un hôpital.
Second calcul, intégré désormais totalement dans la doctrine de
combat des fondamentalistes à Gaza : si les Israéliens, malgré tout,
frappent Shifa, les images des corps d’enfants palestiniens disloqués, qui
s’étaleraient sur toutes les TV de la planète, constitueraient la meilleure
propagande pour les Hamas.
Car ces images sont devenues, particulièrement depuis
l’enclenchement de l’offensive terrestre, l’arme de prédilection du califat
islamique des Frères Musulmans à Gaza. Le Califat de Gaza étant le seul
territoire géré par la puissante confrérie sunnite, ayant son centre spirituel
et tactique à l’Université Al-Azhar au Caire.
L’"arme humanitaire" s’appuie sur une cohorte de proto-journalistes
à Gaza, tous sympathisants du mouvement intégriste, tous musulmans, qu’ils
collaborent à Al-Jazeera, à la BBC ou à FR24. Tout ce que
ces "confrères", le plus souvent formés à l’Ecole Va-vite (à quelques
notables exceptions près), rapportent, filment, montrent et commentent, ce sont
les souffrances des civils blessés ou morts, du fait, exclusivement, de
l’agression barbare des Israéliens.
Ils répondent ainsi à un ordre, une injonction, une directive.
Par idéologie religieuse, nationaliste ou politique, parce que c’est
auxiliairement le vœu de la chaîne qui les emploie, ou, plus bêtement encore,
parce que cela ne la dérange pas, ils acceptent de dévoyer notre profession
pour la transformer en arme de guerre.
Et toutes les images de souffrance sont bonnes pour émouvoir le
chaland occidental et déplacer les croyants dans les rues. Même qu’il y a trois
jours, un médecin palestinien, ami fidèle de la Ména, écœuré, nous a signalé
que le petit garçon que les télévisions montraient en boucle, alors qu’il était
transporté, dans les bras de son père, dans un lit ensanglanté de Shifa,
souffrait d’un furoncle au cou, qui n’avait, évidemment, rien à voir avec le
conflit.
Le médecin en question, l’un des seuls qui ne soit pas
sympathisant islamique à n’avoir pas été licencié lors du coup d’Etat vert de
juin 2007, a terminé sa conversation téléphonique avec Sami El Soudi par la
phrase suivante : "Maintenant, on a un Mohammed Al-Dura chaque
heure".
Ce qui ne signifie certainement pas qu’il n’y a pas de victimes
collatérales durant ce conflit, ce n’est sûrement pas ce que nous entendons
dire.
Ce sur quoi nous voulons éveillez le sens de l’observation de nos
lecteurs, c’est qu’il n’y a assurément pas QUE des victimes civiles lors de la
Guerre de Gaza. Partant de cette constatation simple, deux autres
s’imposent inévitablement : il n’y a pas de journalistes dans la Bande,
mais uniquement des auxiliaires de communication du Hamas ; cela n’empêche
nullement les TV occidentales de diffuser leur message, sans avertissement, en
le faisant passer pour de l’information.
Le sens de l’observation dont a fait preuve notre camarade
Etienne Duranier dans son article Les media ont choisi leur camp,
diffusé il y a trois jours, est édifiant. Il est parvenu à étonner tous les
rédacteurs de l’agence : depuis le troisième jour de Plomb fondu,
aucune image en provenance de Gaza n’a montré de milicien islamiste. Ni soigné
dans un hôpital, ni blessé ou mort sur le pavé, ni en faction, en défense d’une
position tactique.
Selon les chiffres très conservateurs proposés par l’armée
israélienne, les soldats hébreux auraient neutralisé plus de 150 miliciens
durant ces dernières 24 heures. En application d’une règle proportionnelle,
habituellement pertinente dans des conflits de ce genre, on dénombre entre deux
et trois blessés pour chaque mort. Où sont donc passés ces morts et ces blessés ?
Pas sur les écrans des publics-cibles, cela est une certitude.
Le fait que les médecins de Gaza ne présentent ni ne discutent
jamais les cas des miliciens qu’ils traitent constitue également la preuve
établissant qu’autant qu’exercer la médecine, ils participent en plein à la
guerre contre Israël.
Il n’y a qu’un seul succès qu’Hanya et Jabaari ont remporté lors
de cette confrontation militaire. Il ne se situe pas sur le champ de bataille,
où leurs hommes font plutôt mauvaise figure, mais au niveau de la
transformation des media audiovisuels en armes de guerre. Avec, il faut le
mettre en évidence, la collaboration avenante des diffuseurs d’images.
Ceux auxquels nous avons demandé, DVD en main, de nous montrer l’image
d’un seul milicien dans le matériel qu’ils ont infligé aux téléspectateurs en
Europe et en Amérique n’ont pas renié les faits. Ils se sont juste montrés
aussi surpris que nous l’avions été de la découverte de Duranier.
Puis, se ressaisissant, ils nous ont tous fait remarquer que,
parce qu’Israël interdisait l’accès de la Bande aux journalistes en poste chez lui,
ils n’avaient que les images fournies par ceux de Gaza à présenter à leur
public.
Nous, bien entendu, de poser la question : est-ce que l’impossibilité
de filmer un conflit dans des conditions d’objectivité implique l’obligation de
montrer des images non représentatives d’icelui, tout en sachant qu’elles
participent de l’effort de guerre de l’un des belligérants ?
Cette conduite aboutissant à un postulat ridicule et inconcevable
pour une chaîne de télévision occidentale : parler plusieurs heures par
jour, en prime time, d’une guerre entre l’armée A et l’armée B, tandis
que, pour les téléspectateurs, les combattants de B, vivants, morts ou blessés,
n’existent pas visuellement.
On prend A et B, on retranche B, restent les images d’hommes en
armes de A, pendant Noël et Nouvel An, sur fond d’images de souffrances
civiles, et sur les commentaires qui ne parlent que de cela. Comment
voulez-vous, dans ces conditions, que le monde audiovisualisé ne déteste pas A ?
Il y a, à nouveau, stigmatisation coordonnée et contraire à toute
déontologie d’Israël dans les media occidentaux. Il faudra se pencher
sérieusement sur ce problème lorsque les armes se seront tues.
Cette situation de l’image encouragera les membres du Conseil de
Sécurité à accepter, durant la réunion de cet après-midi à Manhattan, une
résolution contraignante, contraire aux intérêts d’Israël et du monde libre,
qui, si l’allié américain ne met pas son veto, aura sauvé la peau et le régime
d’Hanya, Jabaari et Al-Zahar.
Ce serait le premier conflit perdu sur le terrain et gagné, tout
de même, uniquement grâce à l’arme de la télévision.
Evidemment, c’est gravissime. Mais ce n’est toutefois pas ce qu’il
y a de plus grave. Voyant l’usage qu’ils pouvaient faire du sang de leur propre
peuple, les dirigeants de l’Organisation de la Résistance Islamique on franchi
un pas de plus en direction de l’horreur absolue.
On avait vu le dictateur Saddam Hussein disposer des civils aux
alentours de ses installations militaires afin de dissuader les Américains et
leurs amis de les prendre pour cibles.
Hanya et Jabaari vont beaucoup plus loin dans l’usage cynique qu’ils
font des civils : ayant constaté l’effet des images d’enfants et de femmes
ensanglantées sur l’opinion publique, la rue arabe et les diplomates, ils n’utilisent
plus les civils palestiniens – dont ils ont la charge de la sécurité en leur
qualité de gouvernants de Gaza – afin de dissuader les Israéliens de frapper,
mais, au contraire, afin d’attirer sur eux le feu de Tsahal.
Le cas s’est vérifié hier lors du drame de l’école de filles de
Fakhura, gérée par l’UNRWA, dans le camp de réfugiés de Djabalya. Nous
disposons des évidences indiscutables montrant que le Hamas avait placé deux miliciens
lanceurs de mortiers, les frères Imad et Hassan Abou Askar (membres du clan
Abou Askar, l’un des plus importants de Gaza ville), sur le toit de la salle où
s’étaient réfugiées environ 400 personnes, qui ne se sentaient plus en sécurité
chez elles.
De cette position, les Abou Askar canardèrent une position des
forces israéliennes, l’obligeant à répliquer ou à perdre des soldats.
On peut, à propos de cette insupportable provocation, questionner
également l’attitude des responsables de l’UNRWA à Gaza, son directeur John
Ging et son porte-parole, traditionnellement fielleux à l’encontre d’Israël,
autant que muet sur les tirs de roquettes contre le Néguev occidental,
Christopher Gunness.
L’UNRWA, l’organisme onusien d’aide aux réfugiés palestiniens, a
ouvert 23 de ses écoles à Gaza-city à l’hébergement d’environ 15 000 personnes,
dont les habitats se situent en zones dangereuses.
Mais l’UNRWA dispose également de 9 000 employés dans la place,
et la probabilité pour qu’ils ne se soient pas aperçus de l’activité des
miliciens dans l’école de Fakhura n’est tout simplement pas crédible.
On connaissait la fonction humanitaire de l’UNRWA, mais on
ignorait qu’elle avait pour vocation de servir de base d’attaques contre les
forces israéliennes, participant ainsi à l’effort de guerre du Hamas.
Nous ne prétendons pas que Gunness et Ging avaient la possibilité
d’obliger les miliciens armés d’aller mener leur guerre ailleurs ; ce que
nous affirmons, en revanche, c’est qu’ils avaient l’obligation de prévenir
Tsahal, avec laquelle ils sont en contact, de la situation. Non pour aider
Tsahal, mais pour prévenir le décès inexcusable d’une trentaine de civils.
L’attitude de l’UNRWA est d’autant plus inacceptable que le
gouvernement d’Israël était intervenu à plusieurs reprises, directement auprès
du Secrétaire général Ban-Ki moon, afin de dénoncer ce genre de collusion. Les
démarches israéliennes étaient demeurées sans réponses opérationnelles en
provenance de Manhattan.
Le problème tient en ce que, devant l’avance terrestre
israélienne, le périmètre à partir duquel les terroristes peuvent lancer des
roquettes sur les agglomérations israéliennes s’est réduit telle une peau de
chagrin.
Il ne leur reste plus que le centre de Gaza, où ils sont
facilement repérables par les dizaines de drones et d’hélicoptères qui
sillonnent l’éther en sans discontinuer.
Or le Hamas, ainsi acculé, est entré dans une phase hystérique comprenant
ces sacrifices humains ainsi que des attaques-suicide contre le contingent d’intervention
israélien.
Hier, l’un de ces kamikazes, bardé d’une ceinture explosive, a
tenté de se jeter sur des soldats israéliens. Stoppé net dans sa course, il est
mort seul. Un autre, vêtu d’un uniforme de Tsahal, a fait irruption dans une
position de l’armée : il a été abattu avant de pouvoir faire usage de sa Kalachnikov.
Il y a les miliciens lanceurs de mortiers, et les terroristes,
lanceurs de Qassam et de Grad. Mais ils ne disposent plus d’accès aux vergers
et aux terrains vagues pour exercer leur sale besogne, alors tous se collent littéralement
à d’autres écoles, quand ils ne tirent pas à partir des étages occupés des HLM
de Gaza, ou depuis leur toiture plate.
J’ai eu l’occasion, hier, de visionner les films tournés par les
drones et lors des attaques par les hélicoptères. Ces images ne laissent aucune
place au doute : la doctrine de combat des planqués sous l’hôpital Shifa
consiste à sacrifier les lanceurs de projectiles et à attirer sur les civils
dont ils s’entourent le feu des missiles de Tsahal.
Ne craignons pas de l’écrire, l’horreur de la fin de l’ère des Frères
Musulmans à Gaza dépasse l’intelligible. Les dirigeants du Hamas, dans une
dernière tentative pour sauver leur "empire" et surtout leur peau,
sacrifient intentionnellement les femmes et les enfants de Gaza au dieu Pellicule.
La camera d’Al-Jazeera située à l’entrée de l’hôpital Shifa est l’autel
de ce culte insensé.
Pour interrompre ce banquet de Moloch, Israël va, très rapidement,
avoir à choisir entre ces trois options : 1. Passer à la phase 3 de Plomb
fondu, en envoyant, aujourd’hui ou demain les divisions de réservistes
envahir Gaza. 2. Lancer une opération commando dans les sous-sols de l’Hôpital
Shifa ou 3. Se retirer sans avoir terminé le travail, permettant aux monstres
de renaître de leurs cendres, et confiant la solution diplomatique du conflit
aux islamistes turcs d’Erdogan, aux passoires égyptiennes et aux Français, dont
les soldats évitent déjà toute altercation avec les Hezbollanis, là, sous les
fenêtres de la rédaction.
Or nous l’avons écrit bien avant que quiconque ne parle de l’objectif
réel israélien de neutralisation du Hamas : si, au terme de ce conflit, il
ne reste ne serait-ce qu’un pan de Hamas debout, il se vantera d’avoir contenu
Tsahal, d’avoir ainsi vaincu Israël, et il aura parfaitement raison de le faire.
De là à voir tous ceux qui ont pris part aux manifestations pro
islamistes troquer leurs calicots pour des Kalachnikov, il n’y a que quelques
années. Quant à ceux qui brûlent des voitures dans Paris, dont les propriétaires
ne sont probablement ni israéliens ni même juifs, cela prendra même moins
longtemps.