A part Bill Clinton, politicien d’exception, dont
l’ambition lui servit d’idéologie, avec une habileté exceptionnelle de permis
de séjour en politique, les Démocrates américains ont perdu toutes les élections
présidentielles depuis 1968 ; à l’exception de Jimmy Carter, en 1976, qui
s’avéra le pire président de l’histoire du pays.
Faisons les comptes : Hubert Humphrey fut
battu par Richard Nixon en 1968 ; le gauchiste McGovern fut balayé comme
un fétu de paille dans la tempête en 1972 par le président sortant ;
Carter fut éjecté par l’électorat au profit de Ronald Reagan, en 1980, et
Walter Mondale, battu à plates coutures en 1984 ; même le piteux candidat
George Bush (senior) l’emporta en 1988 sur Michael Dukakis ; en 2000,
George Bush Junior, qui n’était pas la crème des candidats, battit sur le fil
le vice-président sortant Al Gore, et en 2004, John Kerry.
En quarante ans, les Démocrates ont occupé la
Maison Blanche pendant douze ans, et les Républicains pendant vingt-huit, même
quand les candidats présentés par le Grand Old Party (Républicain) ne
brillaient guère. Voilà qui trace un portrait sans équivoque d’une Amérique
contemporaine libérale et conservatrice.
Mais voici aussi que le Démocrate Barack Obama
semble être en mesure de l’emporter. Certes, le deuxième mandat de George Bush,
président à la parole dyslexique, aura été calamiteux. Même la victoire
remportée en Irak par le général Petraeus n’aura pas suffi à redresser sa cote
en dégringolade désastreuse.
Absent, quand les ravages de « Katrina »
dévastaient le Sud-est. Mécontentant la base Républicaine en pratiquant une
politique molle envers les pays de l’ « Axe du Mal » (Iran,
Corée du Nord, Syrie) en politique étrangère. Et une politique incohérente en
matière de déficit budgétaire et de dépenses de l’Etat, Bush léguait une planche
savonneuse à tout candidat Républicain à sa succession.
La crise financière a mis un point final à tout
cela. Même si l’histoire devait, à terme, se montrer plus clémente à son égard
(comme elle l’est envers Harry Truman, président de 1945 à 1952, qui termina
son mandat dans l’impopularité, notamment à cause d’une guerre rejetée par
l’électorat en Corée), l’histoire immédiate ne l’est pas, qui se traduit par
une montée réactive des Démocrates, comme le montra l’élection intermédiaire de
2006.
John McCain n’a, jusqu’à présent, pas fait une
campagne très impressionnante, à l’exception de son choix du gouverneur de
l’Alaska, Sarah Palin, comme colistière. Il était légèrement en tête quand la
crise financière le frappa de plein fouet.
Passons outre les balivernes médiatiques :
Palin est une décideuse, pourvue de cet art suprême du soldat et du politique
que Clausewitz appelle l’Entschlossenheit, l’esprit de décision. Ce
qu’elle ne sait pas, notamment en politique étrangère, elle peut
l’apprendre ; la vertu de décision ne s’apprend pas. Truman l’avait,
Carter pas. Palin la possède, et c’est ce qui fera d’elle, demain ou
après-demain, une présidente.
Après leurs défaites répétées, les déroutes des
candidats du sérail à chaque élection successive, les Démocrates avaient perdu
l’espoir. Cette méprisable Amérique, incapable d’apprécier les merveilles de
l’ONU, la beauté de l’Etat-nounou, la grandeur du fonctionnariat et de
l’étatisme, l’éclat du pacifisme et du multilatéralisme, les rejetait. Il
fallait faire autrement et trouver autre chose. Foin des losers genre
Kerry ou Gore, il fallait trouver l’homme miracle. Et, Hosanna ! il se
présentait, c’était Obama, sénateur de l’Illinois, novice ignorant, mais rock
star providentielle. Le parti se donnait à lui comme une adolescente en
pâmoison.
A y regarder de plus près, l’ami Barack n’est pas
exactement ce qu’il paraît. Obama est le candidat cousu sur mesure, produit
manufacturé, tissu d’apparences, de faussetés et de mensonges, un
homme-caméléon à la biographie fabriquée, dont tous les tours et détours sont
ajustés au millimètre, mais faux de fond en comble.
C’est ce qu’on appelle ici, au music-hall et au
cabaret, un impersonator, un imitateur, un faux-semblant. C’est un
complet veston parfait qui masque un homme contrefait. Bien entendu, pour
mettre en-avant un candidat factice, encore fallait-il que ses apparences
fussent respectées et que les couches de maquillage et de déguisement ne
fussent jamais grattées. C’est à cela que sert la presse, parbleu ! à
forcer le monde réel à ressembler à l’univers fictif de la gent médiatique,
hollywoodienne, fonctionnariale et intellectuelle.
Les squelettes qui encombrent tous les placards
d’Obama n’ont jamais été dérangés ni examinés par la presse dite Mainstream,
c’est-à-dire la presse « honorable ». Alors qu’un comportement
systématique et permanent de coopération avec l’extrême-gauche raciste,
violente et fraudeuse, avec les plus extrêmes représentants du Black Power,
apôtres d’un fascisme noir, a été démontré par des enquêtes répétées, la grande
presse, les networks de télévision sont restés d’un silence de plomb.
Sa carrière politique a-t-elle été lancée par le
terroriste non repenti Bill Ayers, du Weather Underground, équivalent
américain d’Action directe ? Obama ment sans vergogne. A propos d’Ayers :
« c’est un type qui habite dans ma rue », alors que l’autre l’a fait entrer
au conseil d’une fondation où il siège, et qui finance toutes sortes
d’organisations louches mais situées à l’extrême-gauche, dont ACORN,
aujourd’hui inculpée de fraude électorale dans dix Etats de l’Union.
La presse ne pipe mot. Alors que sa carrière
politique a été couvée et promue par la sordide organisation Démocrate de
Chicago, machine à tricher et à voler, qui fait pâlir la Corse, Marseille et
Naples réunies, qu’il y a été financé par l’escroc syrien Antoine Rezko,
actuellement pensionnaire des prisons fédérales, on n’en trouve pas un mot dans
les media.
« Oh ! j’ai fait une bêtise »
rétorque-t-il, et d’être pris au mot par la presse débonnaire à son égard. Son
aptitude étonnante à la grimpette politique, assaisonnée d’une arrogance
mégalomaniaque, d’un opportunisme dénué du moindre scrupule, n’est ni remarquée
ni analysée : Obama est un saint, un sauveur, il ne saurait mal faire.
C’est ce qui lui permet de critiquer, avec hauteur, quiconque le
critique : « C’est une diversion ! » s’exclame, méprisant,
sainte Nitouche, que nul ne saurait contredire. La question ne sera pas posée,
et surtout, ne trouvera aucune réponse. Bravo l’artiste, mais avec la complicité
des media, nécessaire pour créer une telle immunité sans précédent dans les
annales électorales.
Les media truquent les sondages, comme la chaîne
d’info télévisée en continu MSNBC, qui organise un vote, en guise de
sondage, dont 80 pourcent des « électeurs » sont domiciliés à l’étranger.
Ce qui a permis à la MSNBC de donner Obama grand vainqueur.
Le Washington Post et ABC-TV procèdent
à un sondage où 38 pourcent des sondés sont Démocrates et 28% Républicains, et
où la majorité des « indépendants » sont pro-Démocrates ;
surprise, surprise, Obama en sont vainqueur.
De même, les networks de télévision
procèdent par montage pour présenter un Obama clair, clairvoyant, décidé, alors
qu’il bafouille et hésite quand le téléprompteur lui manque, ou qu’il n’est pas
en situation de réciter les talking points (les paragraphes pondus par
son équipe). Ce qui donne des discours et des réponses pleins de « mots
codes » et vides de contenu ; comme il a remarquablement assimilé
l’art tout washingtonien de réciter les dossiers, un peu à la façon énarque, il
peut prétendre savoir de quoi il parle, alors qu’en matière de politique
étrangère, il a l’ignorance crasse du novice.
On me dira : vous exagérez ! Il est
brillant diplômé de Harvard ! A quoi je ferai remarquer qu’un
universitaire décrit comme de grande classe devrait avoir écrit quelques
articles de grande revue de droit qui auront fait date. Ici, rien, le désert.
Il y a plutôt jactance et magouille. Mais on lui a
tissé une pseudo-biographie dont toute aspérité gênante a été lissée. C’est
l’homme qui n’existe pas qui demande leurs suffrages aux Américains. Qu’on se
souvienne des présidentielles de 2000 – Bush avait été un étudiant pas très
assidu, quoique diplômé de la prestigieuse université de Yale ; mais il
avait été bambocheur et buveur – la grande presse faisait florès du moindre
verre de whisky jamais avalé. Aujourd’hui, elle passe au microscope le moindre
pas de la famille Palin, et s’acharne à trouver tous les poux du monde dans la
tête du gouverneur de l’Alaska. Les media se sont transformées en une machine à
faire élire Obama, qui est donc à la fois le candidat du Parti Démocrate et du
Parti de la presse [1].
Le déchaînement effréné de ce monde médiatique à
l’égard des candidats Républicains fait partie de la stratégie qui doit assurer
la victoire du candidat factice. La moindre attaque portée contre lui est
dénoncée comme « raciste » - on ne peut critiquer le candidat noir,
n’est-ce pas ? Toute référence à son passé fétide est instantanément
récusée – « les Républicains détournent l’attention en se livrant à des
attaques personnelles », ce qui permet, avec une presse complice,
d’évacuer les questions contrariantes.
Obama est une image, plagiée, de John Kennedy, mais
dénuée de contenu. On dépeint un homme qui n’existe pas afin que tous puissent
projeter leurs désirs en lui. Obama ! Obama ! L’air chaud parfumé à
l’euphorisant qui émane de lui a un parfum de poudre de perlimpinpin. Il
propose « des réductions d’impôts pour 95% des Américains ». On
s’extasie – sans savoir ni se rappeler que 40% desdits Américains ne paient pas
d’impôts ! Certes, tous les candidats appuient trop, exagèrent, mentent un
peu ou même plus. Mais le candidat de la réalité virtuelle bat tous les
records, puisque cet avatar n’est comptable de rien, pas même de son passé.
Ce qu’il y a de contenu réel chez lui est inscrit
dans les fréquentations qui ont fait sa carrière : le pasteur raciste et
ségrégationniste noir Jeremiah Wright (qui accuse le gouvernement américain
d’avoir inventé le SIDA pour exterminer les Noirs), le terroriste Ayers, les
tricheurs de Chicago, les fraudeurs d’ACORN. Dis-moi qui sont tes amis, je te
dirai qui tu es. S’il l’emporte, Obama fera regretter Jimmy Carter. C’est bien
lui qui a annoncé son intention de rencontrer « sans conditions
préalables » Ahmadinejad, Kim Jong-Il et Hugo Chavez…
A l’intérieur, ce serait le grand retour de
l’Etat-nounou, au grand dam de l’entreprise ; de l’Etat fédéral, qui met
son nez partout, usurpe les prérogatives des Etats et des collectivités
locales, et taxe, taxe, taxe.
Mais face au caméléon, McCain, avec toute son
épaisseur humaine, n’aurait-il pas dû l’emporter ?
Sa campagne a été sérieuse mais terne ; il a
fait une embardée désastreuse quand la crise financière a éclaté, n’a jamais
volé dans les plumes du petit concurrent, au cours des débats télévisés. Notamment,
McCain n’a pas fait des squelettes d’Obama une affaire d’Etat, au nom d’un sens
de l’honneur et de la retenue, qui sont louables quoique mal placés.
Il a eu peur d’être traité de « raciste »
- ce qui n’a pas empêché les proches d’Obama de l’abreuver d’insultes
mensongères en ce sens -.
McCain, quand il était le Républicain rebelle,
jouissait des faveurs de la grande presse, puisqu’il s’opposait souvent à son
propre parti. Depuis qu’il manifeste avec éclat son soutien à la guerre d’Irak,
et surtout, depuis qu’il est le candidat Républicain, la presse s’est
découverte McCainophobe… mais il ne semble pas se résigner à la perte de cette
audience privilégiée.
C’est de là que provient la timidité de certaines
de ses positions. Son électorat est furieux, il lui sert des platitudes.
L’électorat conservateur attend de l’offensive, il reçoit de l’eau tiède. Voilà
qui n’est pas mobilisateur. Pour être élu, McCain a besoin de se démarquer – ce
qui lui est loisible, vu son parcours d’électron libre – des erreurs Républicaines
et de celles de Bush, de se signaler par l’audace dans la proposition, ce qu’il
n’a pas fait, et de frapper fort, ce qu’il a soigneusement évité.
Les jeux ne sont pas faits – trois semaines, c’est
long, surtout dans cette longue campagne caractérisée par d’incessants
retournements. Mais l’Amérique n’est pas loin de ce qui serait une catastrophe pire
que l’avènement de Jimmy Carter. Je reviendrai bientôt sur ce que serait la
politique obamienne.
Note :
[1] Notons que quand le colistier d’Obama, le
sénateur Joseph Biden, tout président de la Commission des affaires étrangères
du Sénat qu’il soit, fait, au cours de son débat télévisé avec Sarah Palin, les
gaffes les plus monumentales. Comme d’affirmer tout de go « quand avec les
Français nous avons éjecté le Hezbollah du Liban » (en 2006)…
Ou, parlant de la crise financière, il affirme sans
crier gare : « En 1929 le président Roosevelt a fait une intervention
télévisée… », confondant le krach de Wall Street de 1929 et l’élection de
Roosevelt en Novembre 1931, et oubliant, au même moment, que la télévision, en
1929, n’existait pas.
Eh ! bien, au lieu de se gausser de lui, comme
ils l’auraient fait à la moindre incartade de Pali, les journalistes n’en
disent rien !