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Le tribunal et les quatorze Péans (1ère de 2 parties) (info # 010710/8)
Par Serge Farnel

Mardi 07 octobre [09:54:00 UTC]

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© Metula News Agency








Il n’est pas inutile de rappeler à Péan que personne ne lui a jamais reproché d’avoir écrit des Noirs qu’ils étaient tous des menteurs, mais seulement des Tutsis


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Le 23 septembre dernier, Pierre Péan comparaissait à la barre de la 17ème chambre correctionnelle du Palais de Justice de Paris, suite à la plainte déposée, deux ans plus tôt, par l’association SOS Racisme. Les charges contenues dans la plainte : diffamation raciale et incitation à la discrimination raciale, ce, pour des écrits tirés de l’ouvrage de Péan Noires fureurs, blancs menteurs [1] et jugés diffamatoires à l’encontre des Tutsis.

 

Parmi les phrases extraites de l’ouvrage de Péan et produites dans la plainte de SOS Racisme, certaines sont des citations d’autres sources, que, selon les plaignants, l’auteur aurait reprises à son compte. Exemple : « Dès leur plus tendre enfance, les jeunes Tutsis étaient initiés à la réserve, au mensonge, à la violence et à la médisance », ainsi que cette autre citation, qui considère la « race » des Tutsis comme étant « l’une des plus menteuses qui soit sous le soleil ».

 

D’autres phrases incriminées sont directement issues de la plume de Péan, telle « La culture du mensonge et de la dissimulation domine toutes les autres chez les Tutsis, et, dans une moindre part, par imprégnation, chez les Hutus ». Et encore : « (les associations de Tutsis) ont infiltré les principales organisations internationales et d’aucuns parmi leurs membres ont su garder de très belles femmes tutsies vers des lits appropriés. ».

 

 

Péan le sage

 

Il est 15 h. Pierre Péan s’avance à hauteur du micro, pose ses deux mains sur la barre, et, d’un air grave, d’une voix faible, prend la parole : « Je vis ma mise en examen pour incitation à la haine raciale et diffamation raciale comme une flétrissure », avant d’ajouter : « Si le droit pénal qualifie l'incitation à la haine raciale de délit, alors moi je considère que c’est un crime. Car elle aboutit toujours à l'effusion de sang ».

 

A peine l’auteur controversé vient-il de commencer à s’exprimer publiquement, que déjà il admet avoir pleinement conscience de ce en quoi l’incitation à la haine raciale entraînerait systématiquement la violence à l’encontre de ceux qui en sont la cible. A-t-il seulement idée, à cet instant, que l’engrenage haine-violence, qu’il vient d’inviter au débat, constituera précisément l’un des nœuds de l’argumentation de la partie civile ?

 

Cette dernière ne va pas tarder, en effet, à l’occasion d’un prochain témoignage, à lui rappeler que ce sont des propos identiques à ceux qu’il s’approprie dans son ouvrage - quand il ne les écrit pas directement de sa main - qui ont creusé le lit du génocide. Des propos qui ont, pour avoir été soigneusement distillés à l’ensemble de la population du Rwanda, permis, en 1994, sur un simple appel de la radio génocidaire RTLM [2], la mise en chantier de l’anéantissement d’un million de Tutsis sans défenses. Un génocide « populaire » [3], le dernier du 20ème siècle, commis par une population encadrée par des milices, et conditionnée par des propos similaires à ceux qu’un tribunal correctionnel est, au cœur même de la capitale française du 21ème siècle, amené à juger.

 

 

Péan la victime

 

Mais voilà le prévenu, enfilant maintenant l’habit de la victime, aux fins d’attirer vers lui la compassion du tribunal : « Je suis », dit-il, « traîné dans la boue par les media. Dans le meilleur des cas, j'y suis présenté comme un raciste, mais aussi comme un antisémite ou un révisionniste, voire un négationniste ».

 

Péan a toujours prétendu « assumer » la qualification de révisionniste afin d’affiner la recherche de la vérité historique. « Lorsque l'Histoire est à ce point truquée », écrivit-il ainsi dans l’Express, « la seule façon de reprendre le chemin de la vérité, c'est de la réviser. 

 

« Mon intention », poursuivit-il, « est bien de procéder à une relecture des faits. Je ne nie pas ce qui s'est passé. Je ne remets pas en question le génocide des Tutsis. Je le replace dans une histoire dont j'explore la face cachée. »

 

C’est ainsi, en affirmant ne pas nier l’existence du génocide à l’encontre des Tutsis, que Péan croit légitime de se plaindre, à la barre, d’être indûment qualifié de négationniste, ce, notamment par Bernard Henri Lévy dans le magazine Le Point. Or si Péan reconnaît effectivement l’existence de ce génocide, c’est aussitôt pour lui greffer un autre massacre de masse, illusoire celui-là, qu’auraient, selon lui, planifié les Tutsis à l’encontre des Hutus.

 

Ainsi Péan tente-t-il de faire apparaître aux juges ce qu’il qualifiera très souvent à la barre de « drame rwandais », procédant d’un simple avatar de luttes interethniques ; suivant en cela le sacro-saint principe selon lequel un génocide plus un génocide vaudrait une lutte tribale. Ainsi entend-il indirectement nier le génocide subi par les Tutsis, certes, sans le dire explicitement, mais en faisant en sorte que nous le déduisions implicitement de ses propos.

 

Or ceux que Péan tint dans l’Express nous rappellent, avec force, l’utilité du néologisme négationnisme, créé par l’historien Henry Rousso il y a maintenant vingt ans. Ce, en ce qu’il permet de désigner, sans ambiguïté, celui qui, tout en niant de façon malhonnête la réalité des faits, entend, en reconnaissant l’existence du génocide, mériter en retour d’être perçu comme pratiquant l’activité scientifique de révisionnisme historique dont il trahit pourtant volontairement la règle.

 

Péan marque une pause avant d’indiquer ne pas avoir supporté d’être qualifié ainsi, si bien que, deux mois après sa mise en examen, il aurait, confesse-t-il, « fait une crise cardiaque ». Il précisera un peu plus tard avoir eu « un coup au cœur quand Sopo (le président de SOS Racisme) parlait d’escroquerie et Maingain de relent de pétainisme. »

 

 

Péan la cible

 

Le célèbre polémiste sait également se mettre en scène lorsqu’il feint d’apparaître dans la ligne de visée de ce qu’il nous décrit être une mécanique implacable, faite de courroies, de poulies et autres rouages, tendue comme une arbalète vers l’unique objectif consistant à détruire l’œuvre de sa vie : « Si vous devez suivre », déclare-t-il ainsi, « l’accusation de SOS Racisme, qui émane d’Ibuka [Association des rescapés du génocide] [4], elle-même courroie de transmission du régime dictatorial [5] de Kigali, c’est toute ma vie, tous mes combats, tous mes engagements que vous rayerez d’un trait. »

 

C’est sur ce coup de poker, en guise de stratégie de défense, que Péan mise sur l’avenir immédiat, en annonçant faire tapis de son glorieux passé.

 

Péan, cible autoproclamée d’une machination infernale, conseillerait donc implicitement aux juges de ne pas, malgré eux, en constituer le dernier rouage. Et s’ils ne sont pas en mesure d’apercevoir la manoeuvre, qu’ils fassent alors confiance à l’enquêteur dont la renommée devrait suffire à les convaincre de le suivre, lui et son aura, dans son propre délire.

 

Une notoriété qui fera bientôt dire à Dominique Sopo de Péan qu’ « il n’est pas un farfelu » et que c’est précisément elle (sa renommée) qui devrait le faire « s’interroger sur les conséquences de ses écrits ».

 

Mais Péan n’en a cure, qui tente d’attirer les juges sur un terrain de jeu qu’il déplie à leur attention. Jeu qui présuppose que l’association des rescapés du génocide soit à la fois la courroie, l’alternateur et toutes les autres pièces nécessaires au fonctionnement d’une mécanique dictatoriale ; qui présuppose qu’un dictateur africain soit parvenu à faire marcher au pas de l’oie les rescapés d’un génocide !

 

Quant à SOS Racisme, qui est également accusée par Péan d’être à la solde de Kigali, son président fera remarquer que l’association antiraciste qu’il dirige est systématiquement accusée d’être « à la solde des Juifs » quand elle se porte partie civile dans une affaire d’antisémitisme, avant de conclure que « faire de même ici est particulièrement malvenu. »

 

 

Péan l’Africain

 

A l’instar de son éditeur, Péan entreprend désormais de parler de Péan et, en particulier, de son « attachement à l’Afrique ». C’est, affirme le journaliste, animé de ce qu’il considère avoir alors été un esprit « tiers-mondiste », que, quelques mois après ses premiers engagements pris à l’occasion de la guerre d’Algérie, il partit pour le continent africain, en tant qu’attaché du cabinet du ministère des finances du Gabon.

 

Puis Péan précise que ce fut en Afrique qu’il rencontra sa femme, que c’est au Burundi que vit aujourd’hui sa fille et ses trois enfants, que sa femme a une filleule congolaise, que sa sœur a épousé un Camerounais et est marraine d’une Congolaise.

 

Il n’est pas inutile de rappeler à notre confrère mis en examen que personne ne lui a jamais reproché d’avoir écrit des Noirs qu’ils étaient des menteurs, mais seulement des Tutsis.

 

Qu’à cela ne tienne. Péan l’époux, Péan le père, Péan le grand-père, Péan le frère ainsi que Péan le beau-frère prennent à partie, comme un seul homme, la formation du tribunal : « En 2005, j’aurais donc envoyé par-dessus bord toutes mes convictions, pété les plombs, pour tout d’un coup nourrir une haine inexpugnable à l’encontre des Tutsis ? Cela n’a pas de sens », conclue-t-il avant de préciser avoir … « de la compassion pour les Tutsis. ».

 

Le Tribunal est maintenant prévenu : il lui faudra compter avec toute une smala composée d’une épouse, d’une fille, de petits-enfants, d’un Camerounais, d’une Congolaise, d’une compassion pour les Tutsis menteurs, sans oublier la liste des Védrine, des Debré, mais aussi des grands chefs militaires, qui ne vont pas tarder à se suivre à la barre pour le soutenir et, par la même occasion, se soutenir eux-mêmes.

 

 

Péan l’amortisseur

 

Précédant Péan à la barre, et aux fins de dresser de ce dernier l’image d’un auteur courageux, le président des éditions Fayard, Claude Durand, avait cru bon rappeler aux juges que son auteur avait, en 1994, écrit un livre, Une jeunesse française [6], consacré au passé douteux du président François Mitterrand alors en exercice. Pour avoir notamment eu l’audace d’évoquer le passé vichyste de Mitterrand, on devrait, dans cette dialectique, avoir du mal à saisir comment Péan aurait pu, quelques années plus tard, truffer le livre Noires fureurs, Blancs menteurs, de contre-vérités à caractère raciste, afin, cette fois, de laver l’honneur de l’ancien président socialiste.

 

Si ce n’est que François Mitterrand avait reçu, en mars 1994, un groupe d’auteurs projetant d’explorer son passé. Or ces derniers n’eurent droit qu’à un seul rendez-vous avec le président en exercice, qui décida de ne pas donner suite, leur préférant Pierre Péan. Un Péan qui eut tout loisir de l’interviewer pour écrire Une jeunesse française.

 

La date de publication d’Une jeunesse française, septembre 1994, allait coïncider avec celle d’un livre écrit par trois auteurs bannis de l’Elysée, Emmanuel Faux, Thomas Legrand, Gilles Perez, et consacré au même thème : La main droite de Dieu (Éditions du Seuil, coll. L’épreuve des faits, sept 1994, 18,90 €).

 

La main droite de Dieu est un livre autrement plus impertinent et révélateur que ne l’est celui de Péan.

 

Ce qui amène à se poser légitimement la question de savoir si la fonction de Péan n’a pas alors été de parasiter les révélations relatives au passé de Mitterrand dans La main droite de Dieu. Voire de circonscrire la polémique vivace relative au passé vichyste de l’ancien président, en allumant un contre-feu et en permettant à Mitterrand de gérer les questions sensibles concernant son parcours.

 

 

Péan la courroie

 

L’auteur incriminé a également déclaré à la barre que ce sont les « supporters de Kigali » qui auraient permis que soit mise en place une mission d’information parlementaire en 1998. Péan rappelle à cet égard que cette mission, présidée par Paul Quilès, « a conclu à des erreurs mais pas à une participation de la France dans le génocide ». Il oublie toutefois de préciser que son vice-président, Jean-Claude Lefort, refusa tout de même d’en signer les conclusions.

 

C’est quand Péan constata que « Kigali et ses supporters » n’avaient pas « été calmés » par la décision de la mission parlementaire française d’absoudre la France officielle de toute implication dans le génocide, et persistaient à l’en accuser, que son « irritation » se serait transformée en « colère ».

 

C’est alors, à partir de mars 2004, après que le quotidien Le Monde eut publié des passages importants de l’enquête Bruguière [7], que Péan décida de commencer à investiguer. Et de confier à cette occasion « avoir eu le privilège de recevoir les confidences de François Mitterrand sur le drame rwandais. ».

 

« Privilégiant les écrits », Péan affirme s’être alors procuré – second privilège présidentiel - « l’essentiel des documents (relatifs à la période du génocide) à l’Elysée », des mains de l’ancien secrétaire personnel de l’incontournable François Mitterrand, Hubert Védrine.

 

Des écrits parmi lesquels il aura eu tout loisir de sélectionner ceux qui conviendront à bâtir la thèse de Noires fureurs, blancs menteurs. [8]

 

S’il est absurde de considérer de l’association des rescapés du génocide qu’elle serait la « courroie de transmission de Kigali », ça ne l’est, en revanche, pas du tout de voir en Pierre Péan celle du pouvoir mitterrandien.

 

 

Péan le sensible

 

Péan a expliqué à la barre que son intérêt pour le Rwanda prit corps après son entretien du 1er juillet 1994 avec François Mitterrand, alors sur le point de recevoir son homologue ougandais, Yoweri Museveni.

 

Il prétend avoir vu, à cette occasion, dans les couloirs de l’Elysée, « des responsables français de la politique africaine pleurer en raison des attaques dirigées contre la France à l’occasion de l’opération Turquoise. [9] ». Fut-ce là le même type de sanglots que ceux dont il va bientôt lui-même irriguer la Cour ?

 

Sensiblerie réflective, lorsqu’on se rappelle qu’un témoin de la partie civile avait démontré que son livre s’apparenterait, à certains endroits, au Mein Kampf d’Adolphe Hitler ?

 

Si ce n’est que Kagamé n’eut pas, lui, l’indécence de se répandre en larmes suite aux affronts que lui fit Pierre Péan, lorsqu’il le compara, explicitement, cette fois, à Hitler. Sans prendre, en l’occurrence, la précaution de se limiter à comparer leurs écrits – mais, au contraire, en ajoutant d’autres glorieux personnages à la filiation prétendue du président rwandais :

 

« Hitler ? Staline ? Pol Pot ? Non, Kagamé », avait ainsi cru bon écrire Péan l’indigné, en page 20 de Noires fureurs, blancs menteurs, avant, sur la même page, d’oser : « En somme, un Führer qui serait devenu directeur de Yad Vashem, le musée de la Shoah. »

 

Lorsqu’on sait que le musée de Jérusalem a invité une délégation de l’association des rescapés d’Ibuka, - la courroie de transmission -, la relecture des bonnes pages de l’ouvrage de Péan prend tout à coup un goût cendré.

 

Celui qui a pris la liberté de comparer Kagamé à Adolf Hitler ne se prive cependant pas de dénoncer à la barre toute « réduction du drame rwandais à une confrontation entre le Mal et le Bien, les Méchants et les Bons, les méchants Hutus et les bons Tutsis. ».

 

Péan n’est pas à une contradiction près. En suivant ses logiques dérivées, on en viendrait rapidement à réduire le génocide rwandais à une confrontation entre… les méchants Tutsis et les bons Hutus.

 

Le président du tribunal lui demandera d’ailleurs, un peu plus tard, « s’il ne considère pas faire de même une généralisation abusive à l’égard des Tutsis ». Non, rétorque Péan, dans la mesure où tous les Rwandais s’accorderaient pour parler, dans l’intimité, de cette « culture du mensonge ».

 

Pas vu pas pris ? Est-ce en important des ragots racistes de chaumières africaines dans le livre d’un intellectuel proche du pouvoir français qu’on les rend licites ? Est-ce un prétexte acceptable pour tenir un discours raciste stigmatisant un million de morts et justifiant leur massacre ? Un passe-droit juridique ? Quid d’appliquer le même principe aux Juifs, que la vox populi décrit comme cupides, maîtres du monde, aimant à se désaltérer du sang des nouveau-nés chrétiens et à maltraiter leurs voisins ?

 

Le processus décrit par Péan pour sa défense est anti-responsable. Le flux naturel du savoir et de la connaissance consistant, pour les intellectuels, à persuader les attardés que les rumeurs ne sont pas le reflet de la vérité et que le racisme n’est pas une thèse politique acceptable, ni une conception du monde qui puisse jamais avoir sa place dans la conscience des hommes.

 

Pierre Péan a tenté de persuader des juges parisiens du XXIème siècle qu’on pouvait tout aussi bien renverser ce courant naturel. C’est précisément ce qui lui est reproché lors de ce procès.

 

 

Notes :

 

 

[1] Editions Mille et une nuits, coll. Enquête, novembre 2005, 22€.

 

[2] Radio Télévision Libre des Mille collines autrement appelée Radio machette.

 

[3] L’auteur de l’article s’inspire du titre d’un ouvrage intitulé Rwanda, Un génocide populaire, de Jean-Paul Kimonyo (Rwanda, Un génocide populaire, éd. Karthala, avril 2008, 29 €).

 

[4] Association des rescapés du génocide à l’encontre des Tutsis du Rwanda. Ibuka signifie « Souviens-toi » en kinyarwanda. Un peu plus tard, au cours de son audience, Péan s’en prendra directement à l’ancien président d’Ibuka Rwanda, François Xavier Ngarambe, qu’il considère être « la cheville ouvrière d’un complot dépassant les frontières » ; à l’appui de sa thèse, les 217 personnes qui, en Belgique, lui réclament chacune 10’000 euros, ce qui ne manquera pas de provoquer des rires nourris dans la salle d’audience du Palais de justice.

 

[5] Péan va souvent, au cours de cette audience, qualifier le pouvoir à Kigali de « dictature » ou de « régime de terreur. » Il convient de rappeler, à ce sujet, que les récentes élections législatives qui se sont déroulées, au Rwanda, l’ont été sous le contrôle de la communauté internationale. Il convient également de rappeler qu’Hubert Védrine, qui interviendra le lendemain comme témoin de la défense au côté de Péan, a, au cours de son audition devant les parlementaires français en 1998, qualifié de « légal » le pouvoir présidentiel du prédécesseur de Paul Kagamé, Juvénal Habyarimana, ce, en dépit du fait que ce dernier avait accédé à ce pouvoir à l’issue d’un coup d’Etat.

 

[6] Une Jeunesse française. François Mitterrand, 1934-1947, édition Fayard, sept 1994, 26 €.

 

[7] Par le journaliste Stephen Smith, qui a déclaré, en son temps, que ses sources provenaient des services secrets et qui fait également partie des témoins de la défense.

 

[8] L’auteur de cet article a, en même temps que la revue Golias, dévoilé un autre document que Péan n’a pas jugé, quant à lui, convenir à la thèse qu’il entendait développer dans son livre.

 

Il s’agit d’un fax adressé à François Mitterrand, le 22 mai 1994, un mois et demi donc après le début du génocide, dans lequel l’expéditeur, Théodore Sindikubwabo, alors président du gouvernement génocidaire, lui écrivait : « Le peuple rwandais Vous exprime ses sentiments pour le soutien moral, diplomatique et matériel, que Vous lui avez assuré depuis 1990 jusqu'à ce jour ». (Souligné par l’auteur de cet article).

 

[9] Opération menée à partir du 24 juin 1994 par la France au Rwanda et mandatée par les Nations Unies. Officiellement humanitaire, elle eut, en fait, pour objectif militaire de tenter de bloquer l’avancée des rebelles du Front Patriotique Rwandais (à majorité tutsie et conduite par Paul Kagamé). L’opération Turquoise servit également à exfiltrer les génocidaires vers le Zaïre voisin (aujourd’hui République Démocratique du Congo) aux fins de les réorganiser pour tenter de reconquérir le Rwanda.

 

 

 

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