S'abonner Forum Contact Finances/Commerce
  Rédacteur en chef : Stéphane Juffawww.menapress.com
Page principale Articles précédents A propos de la Mena
Diffamation ou censure de l’information ? (info # 011401/8)
Par Stéphane Juffa

Lundi 14 janvier [20:49:00 UTC]

Charles Enderlin (Photo Menapress)
© Metula News Agency






L’opinion partagée par la plupart d’entre eux fut que les images de Mohamed Al-Dura, qui furent diffusées par les media, constituèrent l’un des éléments qui conduisirent des gens du secteur arabe à descendre dans la rue le 1.10.00 (et pour certains à y mourir ! Ndlr.)


si

 

La Metula News Agency et l’auteur de ces lignes sont directement concernés par le procès intenté par Charles Enderlin à Nicolas Ciarapica, directeur de Blogdei/Bethel, un site Internet protestant. En effet, le correspondant permanent de France 2 à Jérusalem a porté plainte contre Ciarapica pour diffamation raciale, pour avoir recopié sur son support la seconde partie de mon article du 23 février 2006, Le grand ras-le-bol des Français juifs.

 

Ainsi, à en croire Enderlin, l’auteur du commentaire du reportage imputant l’assassinat d’un adolescent palestinien, de sang froid, en septembre 2000, à l’armée israélienne, j’aurais, dans cet article, porté atteinte à sa réputation, en raison de sa judaïté.

 

Je fais l’économie au lecteur de glousser sur l’incongruité même de cette accusation d’antisémitisme, de ma part, contre celui qui est à l’origine de la plus grosse imposture de l’histoire de l’audiovisuel, à égalité avec le pseudo massacre de Timisoara, en Roumanie. Dans le cas de la mise en scène de l’assassinat de Mohamed A-Dura, le faux documentaire auquel Enderlin a participé, constitue, à ce jour, la plus grave mise en cause télévisuelle portée à l’encontre de la nation d’Israël et de ses soldats.

 

En bon français, on dira que c’est l’église qui se fout de la charité.

 

On gagnera en efficacité à se demander pourquoi Enderlin et FR2 ont pris le parti d’ester systématiquement contre des sites web qui relayent nos articles, ou qui épousent les conclusions de notre enquête sur la Controverse de Nétzarim. Je rappelle à ce sujet que je me suis rendu auprès de la police française, à Paris, afin d’annoncer, qu’en dépit du fait que rien ne m’y oblige, en ma qualité d’Israélien ne publiant pas sur un media français, je participerai, volontairement, à tout procès se déroulant en France, pour lequel j’aurai été assigné.

 

Me Bénédicte Amblard, l’avocate attitrée d’Enderlin et de France 2, interrogée sur ce point spécifique par l’un de nos journalistes, avait eu cette formule étonnante : "On ne peut tout de même pas assigner tout le monde !". Ce qui ne l’a pas empêchée, lors de l’audience qui s’est déroulée le 8 courant au Tribunal de grande instance de Paris, d’affirmer, péremptoire, que les propos contenus dans mon article faisaient "suite à une longue campagne de diffamation contre Charles Enderlin par une agence condamnée déjà".

 

Il s’agit accessoirement d’un outrage au tribunal, et, principalement, de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir affronté. La Ména n’est jamais passée en procès nulle part, et, par la force des choses, n’a jamais été condamnée ni même prise à défaut. Me Amblard est pourtant bien placée pour le savoir.

 

De plus, Charles Enderlin possède la nationalité israélienne et demeure à Jérusalem. S’il est persuadé que nous le diffamons, il a le loisir de nous assigner devant la justice de l’Etat hébreu. Il s’y est d’ailleurs assuré les services de l’un des plus grands cabinets juridiques, mais ce dernier se contente d’envoyer des menaces dissuasives aux institutions et aux media israéliens qui décident de se pencher sur la Controverse de Nétzarim.

 

Aucun doute n’est ainsi permis, le faussaire de Nétzarim et la chaîne qui l’emploie suivent ce qu’il convient d’identifier comme une stratégie destinée, non pas à faire la lumière sur l’Affaire devant les tribunaux, mais à instrumentaliser la justice, afin d’impressionner ceux qui ont le courage d’en parler dans la blogosphère, et d’encourager les nouveaux candidats potentiels à se taire.

 

Cette stratégie rencontre des succès éphémères, puisque Nicolas Ciarapica s’est confondu en excuses, pour avoir diffusé notre article, devant la police, le juge d’instruction et face au tribunal. Confronté à la batterie judiciaire des imposteurs,  Ciarapica, - que nous ne connaissons pas, qui a publié l’article sans obtenir notre autorisation, et qui n’a pas cherché à nous contacter depuis – juge désormais mon papier "parfois excessif", et prétend qu’il comporte "des noms d’oiseaux". Il a "enlevé" mon article dès qu’il a vu qu’il pouvait causer un trouble.

 

Quant à son défenseur, Me David Dassa-Le Deist, il fait encore plusieurs pas dans la direction qui consiste à s’aplatir devant les faussaires afin d’épargner à son client les foudres du tribunal. C’est ainsi qu’il affirme que son mandant considère Charles Enderlin comme un "journaliste de qualité" et que mon article incriminé est "stupide".

 

J’avoue n’avoir aucune connaissance en ornithologie, mais je m’étonne de la plaidoirie de cet homme en robe, qui, quelques instants après avoir usé de cet adjectif vulgaire, qui ne marque rien d’autre que les limites de son discernement, s’est lancé dans une digression sur le terme du "pyromane de guerre", que j’ai employé pour qualifier Enderlin, et que je maintiens, comme de bien entendu, pour quelqu’un qui mesure ce qui sort de sa plume.

 

Pour Dassa-Le Deist, "pyromane de guerre" serait "un propos outrageant, une invective et une injure". Son problème le plus urgent tient à ce que cette "stupidité"-là n’est pas de ma création. Je m’étais uniquement contenté de cristalliser, le plus fidèlement possible, la décision rendue par la Commission juridique Or, à l’article 172 de ses recommandations relatives aux émeutes d’octobre 2000, qui ont ravagé Israël. Celles-ci s’énoncent de la manière suivante :

 

"La mort de Mohamed Al-Dura, telle qu’elle est reflétée par les images de la télévision (FR2 Ndlr.) a eu une influence marquante sur l’état d’esprit de la rue arabe, en ce jour (le 30 septembre Ndlr) et en son lendemain. Ce fait a été mis en exergue par de nombreux leaders de la minorité arabe ayant comparu devant la commission. L’opinion partagée par la plupart d’entre eux fut que les images de Mohamed Al-Dura, qui furent diffusées par les media, constituèrent l’un des éléments qui conduisirent des gens du secteur arabe à descendre dans la rue le 1.10.00 (et pour certains à y mourir ! Ndlr.) De même, des sources policières et d’autres sources de sécurité considérèrent que la présentation des images a pesé d’un poids conséquent, en tant que facteur de l’éclatement des événements". (Lire nos articles à ce propos : Le reportage de FR2 sur A Dura à la base des émeutes d’octobre 2000 du 16 septembre 2003 et Le coupable est connu, il est ailleurs, du 19 septembre 2005.

 

Plutôt que d’inviter Nicolas Ciarapica à s’agenouiller en signe de contrition, n’aurait-il pas mieux valu demander au juge Or de témoigner à Paris, et d’expliquer à son confrère, le président Nicolas Bonnal, en quoi Enderlin est effectivement et précisément un "pyromane de guerre". C’est encore sans compter les centaines ou les milliers d’Arabes et de Juifs qui sont morts des suites de la déferlante de haine qui a submergé le Moyen-Orient, dans la foulée de la mise en scène morbide d’Enderlin et de son complice Talal Abou Rahma.

 

On a la stupidité qu’on peut, Me David Dassa-Le Deist ? Car si "diffamer", c’est porter atteinte à la réputation de quelqu’un, par des paroles ou des écrits, rapporter des faits avérés ou démontrables, d’intérêt public, cela s’appelle informer. C’est pour cela que votre plaidoirie fut mal dirigée, Maître, parce que mes propos ne tiennent ni de l’injure ni de la diffamation, mais de la vérité d’intérêt public.

 

Dans sa forme, la tentative d’instrumentalisation de l’appareil judiciaire d’Enderlin contre Ciarapica est similaire aux précédentes : on prend un texte de la Ména, on brise des phrases et des raisonnements pour isoler des vocables ou des lambeaux de réflexions, qui peuvent sembler offensantes, on remplace les éléments manquants par des successions de petits points, et on crie à la diffamation. N’importe quoi ! En tolérant cette trituration intéressée de la langue, on peut faire dire n’importe quoi à n’importe qui. La seule chose qu’il y a d’étonnant dans ce modus operandi, c’est qu’un tribunal français accepte, une fois encore, de considérer un texte ainsi volontairement dégénéré.

 

Le procureur, Alexandre Aubert, n’estime toutefois pas diffamatoires les deux premiers assemblages proposés par Charles Enderlin ; pour le troisième et dernier d’entre eux, il s’en remet à l’"appréciation du tribunal".

 

Voici ce qu’Enderlin a présenté au Tribunal comme étant mon raisonnement :

 

"Les troisièmes sont les plus lâches, mélange de haine de soi et de leurs origines ; ils devancent l’autocritique que l’on attend d’eux, n’hésitant pas à imputer à leurs frères des meurtres rituels de leur invention, tout droit sortis des cabales tsaristes ou de la propagande nazie. (…) Et, enfin, l’assassinat sadique des enfants non juifs par Charles Enderlin, véritable pyromane de guerre".

 

Et le voici, tel qu’il paraît dans mon article Le grand ras-le-bol des Français juifs :

 

Les troisièmes sont les plus lâches, mélange de haine de soi et de leurs origines ; ils devancent l’autocritique que l’on attend d’eux, n’hésitant pas à imputer à leurs frères des meurtres rituels de leur invention, tout droit sortis des cabales tsaristes ou de la propagande nazie. C’est le viol systématique des jeunes filles palestiniennes, pour Sara Daniel, par les soldats de Tsahal, dans le but de les faire exécuter par leurs familles. Le sadisme atavique et la propension à massacrer les plus faibles, les non-juifs, pour Edgar Morin-Nahum. L’espionite et la disposition à la traîtrise, une réécriture modernisée des reproches faits à Alfred Dreyfus, pour Sylvain Cypel. Le complot de l’Internationale juive, pour Dominique Vidal, renaissant de ses cendres chaque fois que l’antisémitisme a besoin d’arguments, et, enfin, l’assassinat sadique des enfants non juifs par Charles Enderlin, véritable pyromane de guerre

 

Dans ce texte, je traitais des quatre postures qu’avaient "développées les Juifs de France pour soutenir le regard des autres. Un regard chargé de réprobation et de critiques, à cause de la répression inhumaine qu’Israël ferait subir aux Palestiniens, à en croire les journalistes de la promotion "Politique arabe de la France".

 

J’ai relevé chez eux quatre manières de faire face au reproche d’être qui ils sont, d’être responsables de faits sur lesquels ils n’ont pas prise, qui n’ont pas lieu, et qui utilisent les services de quelque journalistes triés pour leur antijuivisme, d’extrême droite, d’extrême gauche, d’ambition extrême ou d’extrême démence pour devenir la norme. Un reproche qui devient toutefois de plus en plus permanent et encombrant dans la vie de tous les jours des Français juifs."

 

Les quatre postures étaient la discrétion, le militantisme, la haine de soi, et le sionisme. Dans le paragraphe tronqué par Enderlin et ses conseils, j’évoquais les Juifs du "troisième type". Dans l’intention de les diffamer ? De porter atteinte à leur réputation ? Ou en faisant mon métier de journaliste, d’informateur de faits dont la connaissance se situe dans l’intérêt du public ?

 

Information ou diffamation ? De fait, il s’agit d’un rappel d’affaires dévoilées par la Ména en exclusivité ; des scandales qui, sans l’intervention et les enquêtes de nos journalistes, seraient passés inaperçus dans les oubliettes de l’actualité. Personne n’aurait su que Sara Daniel avait plagié le papier d’un journal britannique, et qu’elle lui avait rajouté l’accusation contre les soldats israéliens, de violer les jeunes palestiniennes afin qu’elles se fassent massacrer par leurs familles. Personne n’aurait fait attention à ce qu’Edgar Morin-Nahum accusait, dans les pages du Monde, le peuple d’Israël de prendre du plaisir à maltraiter ses voisins. Notre INFORMATION, suivie par l’Association France-Israël, avait abouti au tribunal, et la cour d’appel avait condamné Nahum et le Monde pour diffamation à caractère raciste. Une décision cassée ultérieurement.

 

Personne n’aurait prêté attention à ce que Sylvain Cypel, dans le même Monde, avait "révélé" la découverte du plus grand réseau d’espions opérant aux Etats-Unis, et qu’il s’agissait d’agents du Mossad. La Ména avait interviewé Guillaume Dasquié, qui était la source unique de Cypel, dans une série d’articles intitulée Guillaume Dasquié, parlons-nous franchement, et qui avait catégoriquement déconstruit le délire du rédacteur en chef du Monde.

 

Personne n’aurait, non plus, identifié les accusations de Dominique Vidal, dans le Monde Diplomatique, contre l’Internationale juive derrière Ariel Sharon, ni démontré qu’il s’agissait, dans ce cas également, d’une création imaginaire à caractère malveillant.

 

Et si la Ména n’avait pas donné la parole au physicien Nahum Shahaf, si elle n’avait pas vérifié les résultats de l’enquête de Tsahal, puis ne l’avait poursuivie, jusqu’à pouvoir affirmer que les 27 minutes de rushes annoncés par Talal Abou Rahma n’existaient pas, de même que l’agonie filmée de Mohamed A-Dura, annoncée par le mythomane Enderlin dans la presse francilienne, et que le témoignage judiciarisé, rendu le 3 octobre 2000, par Rahma était un parjure, la Controverse de Nétzarim ne serait pas née. Et le monde entier serait aujourd’hui persuadé que quinze soldats israéliens ont effectivement tiré sur un adolescent palestinien, 45 minutes durant, jusqu’à ce qu’il meure.

 

Ce qui réunit ces Juifs du "troisième type", ce n’est en aucun cas qu’ils aient exprimé une quelconque opinion, ce qui ne serait, sous aucun motif, condamnable. Ce qui les réunit, c’est qu’ils ont inventé des crimes imaginaires, qu’ils ont intentionnellement, et en connaissance de cause, imputés à la nation dont ils proviennent afin qu’ils lui soient dommageables. Or cette intentionnalité dénote indiscutablement d’un problème d’identité mal géré, aboutissant à un comportement déviant. Ce qui est dénonciable, dans ce processus, n’est même pas l’existence de leur conflit intérieur, qui ne nous regarde pas, mais son expression : le fait d’inventer ou de relater un fait qui n’existe pas ou qui n’a pas eu lieu, ne procède plus de la sphère privée de ces individus mais d’une activité publique. Elle est, dès lors, soumise à la critique, et ne peut être considérée comme diffamatoire.

 

A la justice de se garder de victimiser des coupables et de charger des innocents, c’est précisément le contraire de sa fonction publique. C’est plus encore : c’est surpasser ses prérogatives et perdre sa sérénité. Charles Enderlin est un pyromane de guerre, ni Me Amblard n’y moi pouvons rien, le passé n’est pas effaçable. Et quel que soit le sort judiciaire de Nicolas Ciarapica, les tactiques de judiciarisation instrumentales et sélectives de la Controverse, et de dissuasion par la menace, d’Enderlin-Fr2, rien n’empêchera que le crime monstrueux qu’ils ont commis ne soit entièrement dévoilé. A l’aune des preuves récentes que nous avons recueillies, il n’est pas impétueux d’affirmer que le compte à rebours de la vérité est largement enclenché.

 

 

 

 

Format imprimable  Envoyer cet article à un(e) ami(e)
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Copyright © 2002-2006 Metula News Agency