La Metula News Agency et l’auteur de ces lignes sont directement
concernés par le procès intenté par Charles Enderlin
à Nicolas Ciarapica, directeur de Blogdei/Bethel, un site Internet
protestant. En effet, le correspondant permanent de France 2 à
Jérusalem a porté plainte contre Ciarapica pour diffamation
raciale, pour avoir recopié sur son support la seconde partie de mon
article du 23 février 2006, Le grand ras-le-bol des
Français juifs.
Ainsi, à en croire Enderlin, l’auteur du commentaire du
reportage imputant l’assassinat d’un adolescent palestinien, de sang froid, en
septembre 2000, à l’armée israélienne, j’aurais, dans cet
article, porté atteinte à sa réputation, en raison de sa
judaïté.
Je fais l’économie au lecteur de glousser sur
l’incongruité même de cette accusation d’antisémitisme, de
ma part, contre celui qui est à l’origine de la plus grosse imposture de
l’histoire de l’audiovisuel, à égalité avec le pseudo
massacre de Timisoara, en Roumanie. Dans le cas de la mise en scène de
l’assassinat de Mohamed A-Dura, le faux documentaire auquel Enderlin a
participé, constitue, à ce jour, la plus grave mise en cause
télévisuelle portée à l’encontre de la nation
d’Israël et de ses soldats.
En bon français, on dira que c’est l’église qui se fout
de la charité.
On gagnera en efficacité à se demander pourquoi Enderlin
et FR2 ont pris le parti d’ester systématiquement contre des
sites web qui relayent nos articles, ou qui épousent les conclusions de
notre enquête sur la Controverse de Nétzarim. Je rappelle à
ce sujet que je me suis rendu auprès de la police française,
à Paris, afin d’annoncer, qu’en dépit du fait que rien ne m’y
oblige, en ma qualité d’Israélien ne publiant pas sur un media
français, je participerai, volontairement, à tout procès
se déroulant en France, pour lequel j’aurai été
assigné.
Me Bénédicte Amblard, l’avocate
attitrée d’Enderlin et de France 2, interrogée sur ce
point spécifique par l’un de nos journalistes, avait eu cette formule
étonnante : "On ne peut tout de même pas assigner tout
le monde !". Ce qui ne l’a pas empêchée, lors de
l’audience qui s’est déroulée le 8 courant au Tribunal de grande
instance de Paris, d’affirmer, péremptoire, que les propos contenus dans
mon article faisaient "suite à une longue campagne de diffamation
contre Charles Enderlin par une agence condamnée
déjà".
Il s’agit accessoirement d’un outrage au tribunal, et, principalement,
de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir affronté. La Ména
n’est jamais passée en procès nulle part, et, par la force
des choses, n’a jamais été condamnée ni même prise
à défaut. Me Amblard est pourtant bien placée
pour le savoir.
De plus, Charles Enderlin possède la nationalité
israélienne et demeure à Jérusalem. S’il est
persuadé que nous le diffamons, il a le loisir de nous assigner devant
la justice de l’Etat hébreu. Il s’y est d’ailleurs assuré les
services de l’un des plus grands cabinets juridiques, mais ce dernier se
contente d’envoyer des menaces dissuasives aux institutions et aux media israéliens
qui décident de se pencher sur la Controverse de Nétzarim.
Aucun doute n’est ainsi permis, le faussaire de Nétzarim et la
chaîne qui l’emploie suivent ce qu’il convient d’identifier comme une
stratégie destinée, non pas à faire la lumière sur
l’Affaire devant les tribunaux, mais à instrumentaliser la justice, afin
d’impressionner ceux qui ont le courage d’en parler dans la blogosphère,
et d’encourager les nouveaux candidats potentiels à se taire.
Cette stratégie rencontre des succès
éphémères, puisque Nicolas Ciarapica s’est confondu en
excuses, pour avoir diffusé notre article, devant la police, le juge
d’instruction et face au tribunal. Confronté à la batterie
judiciaire des imposteurs, Ciarapica, - que nous ne connaissons pas, qui a
publié l’article sans obtenir notre autorisation, et qui n’a pas
cherché à nous contacter depuis – juge désormais mon
papier "parfois excessif", et prétend qu’il comporte "des
noms d’oiseaux". Il a "enlevé" mon article dès
qu’il a vu qu’il pouvait causer un trouble.
Quant à son défenseur, Me David Dassa-Le
Deist, il fait encore plusieurs pas dans la direction qui consiste à
s’aplatir devant les faussaires afin d’épargner à son client les
foudres du tribunal. C’est ainsi qu’il affirme que son mandant considère
Charles Enderlin comme un "journaliste de qualité" et que mon
article incriminé est "stupide".
J’avoue n’avoir aucune connaissance en ornithologie, mais je
m’étonne de la plaidoirie de cet homme en robe, qui, quelques instants
après avoir usé de cet adjectif vulgaire, qui ne marque rien
d’autre que les limites de son discernement, s’est lancé dans une
digression sur le terme du "pyromane de guerre", que j’ai
employé pour qualifier Enderlin, et que je maintiens, comme de bien
entendu, pour quelqu’un qui mesure ce qui sort de sa plume.
Pour Dassa-Le Deist, "pyromane de guerre" serait "un
propos outrageant, une invective et une injure". Son problème le
plus urgent tient à ce que cette "stupidité"-là
n’est pas de ma création. Je m’étais uniquement contenté
de cristalliser, le plus fidèlement possible, la décision rendue
par la Commission juridique Or, à l’article 172 de ses recommandations
relatives aux émeutes d’octobre 2000, qui ont ravagé Israël.
Celles-ci s’énoncent de la manière suivante :
"La mort de Mohamed Al-Dura, telle qu’elle est
reflétée par les images de la télévision (FR2
Ndlr.) a eu une influence marquante sur l’état d’esprit de la rue arabe,
en ce jour (le 30 septembre Ndlr) et en son lendemain. Ce fait a
été mis en exergue par de nombreux leaders de la minorité
arabe ayant comparu devant la commission. L’opinion partagée par la
plupart d’entre eux fut que les images de Mohamed Al-Dura, qui furent
diffusées par les media, constituèrent l’un des
éléments qui conduisirent des gens du secteur arabe à descendre
dans la rue le 1.10.00 (et pour certains à y mourir ! Ndlr.) De
même, des sources policières et d’autres sources de
sécurité considérèrent que la présentation
des images a pesé d’un poids conséquent, en tant que facteur de
l’éclatement des événements". (Lire nos
articles à ce propos : Le reportage de FR2 sur A
Dura à la base des émeutes d’octobre 2000 du 16 septembre
2003 et Le coupable est connu, il
est ailleurs, du 19 septembre 2005.
Plutôt que d’inviter Nicolas Ciarapica à s’agenouiller en
signe de contrition, n’aurait-il pas mieux valu demander au juge Or de
témoigner à Paris, et d’expliquer à son confrère,
le président Nicolas Bonnal, en quoi Enderlin est effectivement et
précisément un "pyromane de guerre". C’est encore sans
compter les centaines ou les milliers d’Arabes et de Juifs qui sont morts des
suites de la déferlante de haine qui a submergé le Moyen-Orient,
dans la foulée de la mise en scène morbide d’Enderlin et de son
complice Talal Abou Rahma.
On a la stupidité qu’on peut, Me David Dassa-Le
Deist ? Car si "diffamer", c’est porter atteinte à la
réputation de quelqu’un, par des paroles ou des écrits, rapporter
des faits avérés ou démontrables, d’intérêt
public, cela s’appelle informer. C’est pour cela que votre plaidoirie fut mal
dirigée, Maître, parce que mes propos ne tiennent ni de l’injure
ni de la diffamation, mais de la vérité d’intérêt
public.
Dans sa forme, la tentative d’instrumentalisation de l’appareil
judiciaire d’Enderlin contre Ciarapica est similaire aux
précédentes : on prend un texte de la Ména, on
brise des phrases et des raisonnements pour isoler des vocables ou des lambeaux
de réflexions, qui peuvent sembler offensantes, on remplace les
éléments manquants par des successions de petits points, et on
crie à la diffamation. N’importe quoi ! En tolérant cette
trituration intéressée de la langue, on peut faire dire n’importe
quoi à n’importe qui. La seule chose qu’il y a d’étonnant dans ce
modus operandi, c’est qu’un tribunal français accepte, une fois encore,
de considérer un texte ainsi volontairement
dégénéré.
Le procureur, Alexandre Aubert, n’estime toutefois pas diffamatoires
les deux premiers assemblages proposés par Charles Enderlin ; pour
le troisième et dernier d’entre eux, il s’en remet à
l’"appréciation du tribunal".
Voici ce qu’Enderlin a présenté au Tribunal comme
étant mon raisonnement :
"Les troisièmes sont les plus lâches, mélange de
haine de soi et de leurs origines ; ils devancent l’autocritique que l’on
attend d’eux, n’hésitant pas à imputer à leurs
frères des meurtres rituels de leur invention, tout droit sortis des
cabales tsaristes ou de la propagande nazie. (…) Et, enfin, l’assassinat
sadique des enfants non juifs par Charles Enderlin, véritable pyromane
de guerre".
Et le voici, tel qu’il paraît dans mon article Le grand ras-le-bol des Français juifs :
Les troisièmes
sont les plus lâches, mélange de haine de soi et de leurs
origines ; ils devancent l’autocritique que l’on attend d’eux,
n’hésitant pas à imputer à leurs frères des
meurtres rituels de leur invention, tout droit sortis des cabales tsaristes ou
de la propagande nazie. C’est le viol systématique des jeunes filles
palestiniennes, pour Sara Daniel, par les soldats de Tsahal, dans le but de les
faire exécuter par leurs familles. Le sadisme atavique et la propension
à massacrer les plus faibles, les non-juifs, pour Edgar Morin-Nahum.
L’espionite et la disposition à la traîtrise, une
réécriture modernisée des reproches faits à Alfred
Dreyfus, pour Sylvain Cypel. Le complot de l’Internationale juive, pour
Dominique Vidal, renaissant de ses cendres chaque fois que
l’antisémitisme a besoin d’arguments, et, enfin, l’assassinat sadique
des enfants non juifs par Charles Enderlin, véritable pyromane de guerre
Dans ce texte, je traitais des quatre postures qu’avaient
"développées les Juifs de France pour soutenir le regard des
autres. Un regard chargé de réprobation et de critiques, à
cause de la répression inhumaine qu’Israël ferait subir aux
Palestiniens, à en croire les journalistes de la promotion "Politique
arabe de la France".
J’ai relevé chez eux quatre manières de faire face au
reproche d’être qui ils sont, d’être responsables de faits sur
lesquels ils n’ont pas prise, qui n’ont pas lieu, et qui utilisent les services
de quelque journalistes triés pour leur antijuivisme, d’extrême
droite, d’extrême gauche, d’ambition extrême ou d’extrême
démence pour devenir la norme. Un reproche qui devient toutefois de plus
en plus permanent et encombrant dans la vie de tous les jours des
Français juifs."
Les quatre postures étaient la discrétion, le
militantisme, la haine de soi, et le sionisme. Dans le paragraphe
tronqué par Enderlin et ses conseils, j’évoquais les Juifs du
"troisième type". Dans l’intention de les diffamer ? De
porter atteinte à leur réputation ? Ou en faisant mon métier
de journaliste, d’informateur de faits dont la connaissance se situe dans
l’intérêt du public ?
Information ou diffamation ? De fait, il s’agit d’un rappel
d’affaires dévoilées par la Ména en
exclusivité ; des scandales qui, sans l’intervention et les
enquêtes de nos journalistes, seraient passés inaperçus
dans les oubliettes de l’actualité. Personne n’aurait su que Sara Daniel
avait plagié le papier d’un journal britannique, et qu’elle lui avait
rajouté l’accusation contre les soldats israéliens, de violer les
jeunes palestiniennes afin qu’elles se fassent massacrer par leurs familles.
Personne n’aurait fait attention à ce qu’Edgar Morin-Nahum accusait,
dans les pages du Monde, le peuple d’Israël de prendre du
plaisir à maltraiter ses voisins. Notre INFORMATION, suivie par
l’Association France-Israël, avait abouti au tribunal, et la cour d’appel
avait condamné Nahum et le Monde pour diffamation à
caractère raciste. Une décision cassée
ultérieurement.
Personne n’aurait prêté attention à ce que Sylvain
Cypel, dans le même Monde, avait "révélé"
la découverte du plus grand réseau d’espions opérant aux
Etats-Unis, et qu’il s’agissait d’agents du Mossad. La Ména avait
interviewé Guillaume Dasquié, qui était la source unique de
Cypel, dans une série d’articles intitulée Guillaume
Dasquié, parlons-nous franchement, et qui avait catégoriquement déconstruit le
délire du rédacteur en chef du Monde.
Personne n’aurait, non plus, identifié les accusations de
Dominique Vidal, dans le Monde Diplomatique, contre l’Internationale
juive derrière Ariel Sharon, ni démontré qu’il s’agissait,
dans ce cas également, d’une création imaginaire à
caractère malveillant.
Et si la Ména n’avait pas donné la parole au
physicien Nahum Shahaf, si elle n’avait pas vérifié les
résultats de l’enquête de Tsahal, puis ne l’avait poursuivie,
jusqu’à pouvoir affirmer que les 27 minutes de rushes annoncés
par Talal Abou Rahma n’existaient pas, de même que l’agonie filmée
de Mohamed A-Dura, annoncée par le mythomane Enderlin dans la presse
francilienne, et que le témoignage judiciarisé, rendu le 3
octobre 2000, par Rahma était un parjure, la Controverse de
Nétzarim ne serait pas née. Et le monde entier serait aujourd’hui
persuadé que quinze soldats israéliens ont effectivement
tiré sur un adolescent palestinien, 45 minutes durant, jusqu’à ce
qu’il meure.
Ce qui réunit ces Juifs du "troisième type", ce
n’est en aucun cas qu’ils aient exprimé une quelconque opinion, ce qui
ne serait, sous aucun motif, condamnable. Ce qui les réunit, c’est
qu’ils ont inventé des crimes imaginaires, qu’ils ont
intentionnellement, et en connaissance de cause, imputés à la
nation dont ils proviennent afin qu’ils lui soient dommageables. Or cette
intentionnalité dénote indiscutablement d’un problème
d’identité mal géré, aboutissant à un comportement
déviant. Ce qui est dénonciable, dans ce processus, n’est
même pas l’existence de leur conflit intérieur, qui ne nous
regarde pas, mais son expression : le fait d’inventer ou de relater un
fait qui n’existe pas ou qui n’a pas eu lieu, ne procède plus de la
sphère privée de ces individus mais d’une activité
publique. Elle est, dès lors, soumise à la critique, et ne peut
être considérée comme diffamatoire.
A la justice de se garder de victimiser des coupables et de charger des
innocents, c’est précisément le contraire de sa fonction
publique. C’est plus encore : c’est surpasser ses prérogatives et
perdre sa sérénité. Charles Enderlin est un pyromane de
guerre, ni Me Amblard n’y moi pouvons rien, le passé n’est
pas effaçable. Et quel que soit le sort judiciaire de Nicolas Ciarapica,
les tactiques de judiciarisation instrumentales et sélectives de la
Controverse, et de dissuasion par la menace, d’Enderlin-Fr2, rien
n’empêchera que le crime monstrueux qu’ils ont commis ne soit
entièrement dévoilé. A l’aune des preuves récentes
que nous avons recueillies, il n’est pas impétueux d’affirmer que le
compte à rebours de la vérité est largement enclenché.