Dépêche
préparée par Jean Tsadik
Pour ceux
qui comprennent l’hébreu : une grande chaîne de
télévision israélienne a diffusé au JT d’hier soir
le témoignage
de deux minutes du chirurgien qui avait opéré Jamal Al-Dura
en 1994.
Le Dr.
Yehouda David explique, dans ce reportage, que les images du
"père", proposées en novembre 2004 par FR2, lors
d’une conférence de presse destinée à prouver que Jamal avait
été blessé par les balles de Tsahal, le 30 septembre 2000,
participent d’une imposture supplémentaire.
Ces images
montrent les cicatrices filmées par.. Talal Abou Rahma, le cameraman
marron de FR2, auteur de la mise en scène, et sont décrites
par mademoiselle Arlette Chabot, responsable de l’information sur la
chaîne, comme étant les cicatrices des blessures qui lui ont
été infligées par les soldats en septembre 2000, lors de
l’"assassinat" de Mohamed.
Quant au Dr.
David, il a fait, devant les cameras d’Aroutz 10, la
démonstration médicale que ces cicatrices datent de 1992, lorsque
Jamal Al-Dura s’était fait agresser par des miliciens palestiniens
à coups de haches, à Gaza, selon les propres déclarations
de Jamal Al-Dura pour l’établissement de son dossier médical.
Ce dossier
fait état de blessures multiples, sur tout le corps, occasionnées
par des coups de haches.
En 1992, les
chirurgiens de l’hôpital Shifa de Gaza parvinrent à sauver la vie
de Jamal en salle d’opération. Toutefois, leur patient perdit presque
complètement l’usage de sa main droite, des suites de la rupture d’un tendon
de l’avant-bras.
Incapables
d’effectuer l’acte chirurgical réparateur complexe à Gaza, les
médecins palestiniens envoyèrent Jamal Al-Dura se faire soigner,
en mars 1994, à l’hôpital Tel Hashomer de Tel-Aviv.
En cette
occasion, le chirurgien israélien Yehouda David effectua un
prélèvement de tendon du pied gauche d’Al-Dura, qu’il greffa sur
sa main droite. Une intervention sérieuse de reconstruction, qui rendit
au patient une grande partie de l’usage de son membre supérieur.
Depuis
qu’ils ont été alertés par la Ména, le Dr.
Yehuda David et ses collègues de l’Académie font deux
observations relatives aux "preuves de tirs" présentées
par Chabot : d’une part, la main filmée en 2004 par son cameraman
se trouve en l’état où elle était au printemps 1994
après l’opération de Tel Hashomer. D’autre part, les cicatrices
présentées par France-Télévisions – que les
médecins avaient constatées en 1994 - , les médecins sont
formels à ce sujet et sont prêts à en témoigner
devant n’importe quelle cour de justice, matérialisent des soins
portés à des blessures par lames et non par balles.
Le rapport
d’opération de 1994 fait également mention "d’objets
étrangers qui ont été extraits du corps du patient",
ce qui laisse à penser que Jamal Al-Dura avait peut-être
également subi d’autres sévices durant l’agression dont il a
été victime en 1992.
Une chose
est certaine, et c’est la plus significative de cette portion de
l’enquête, les blessures et les cicatrices présentées par
les médecins palestiniens le jour de la mise en scène, en
septembre 2000, puis filmées et présentées par France 2,
en novembre 2004, datent de 1992 et des interventions réparatrices,
administrées par les médecins israéliens à Al-Dura
en 1994.
On comprend
mieux ainsi la raison pour laquelle la chaîne publique française
avait refusé notre proposition de faire examiner Jamal par un
médecin légiste neutre, préférant le faire filmer, en caleçon, par le metteur en scène de
l’"assassinat" lui-même. Mademoiselle Chabot s’était
alors crue inspirée d’ajouter que nos "allégations"
avaient forcé à atteindre à la dignité de Jamal
Al-Dura pour prouver sa bonne foi.
On ne
comprendra pas, en revanche, si, suite à cette nouvelle preuve
scientifique de la mise en scène, France-Télévisions décide
de s’enfoncer plus profond dans les contrevérités de Rahma et
d’Enderlin, et de multiplier les actes, judiciaires et autres, destinés
à empêcher la mise en lumière de la vérité.
Ce n’est pas ainsi qu’une grande institution, lorsqu’elle est intelligemment
dirigée, se sort d’un mauvais pas.
Pour sa
part, la Ména, ainsi que des experts médicaux
préparent une contre-conférence de presse, lors de laquelle ils
présenteront, par le détail, dossiers en mains, les
révélations en leur possession sur les blessures de Jamal
Al-Dura.