Ce n’est
pas une rumeur, puisque cela a été confirmé par
l’ex-directeur de campagne de Nicolas Sarkozy : le nouveau
président a effectivement proposé les Affaires Etrangères
à Hubert Védrine. D’après les proches du président,
on attendrait désormais plus que la réponse de
l’intéressé. Disons le clairement, et pas pour nous
dédommager de ce que nous allons écrire, le président
élu possède le droit complet et absolu de choisir ses ministres
comme il l’entend. Les analystes que nous sommes ne sauraient contester ce
droit, Sarkozy dût-il nommer Ahmadinejad aux Armées.
De plus,
nous pensons que l’ouverture en direction du centre et des
sociaux-démocrates serait politiquement favorable à la France. Nous
n’aurions pas bondi de nos sièges, loin s’en faut, si François
Bayrou s’était vu proposer Matignon et DSK les Finances.
Mais
Sarkozy a promis aux Français une rupture avec le passé ;
les domaines où le sarkozysme doit établir sa
différence sont l’Economie et les Affaires Etrangères, c’est du
moins ce qu’impliquent ses engagements. Or il n’est pas possible de vouloir
changer de cap tout en gardant les mêmes capitaines. Védrine, c’est
pire. Ce n’est pas la démocratie sociale, qu’appellent de leurs
vœux des millions de Français clairvoyants, Védrine c’est
l’expression de l’orthodoxie mitterrandienne la plus arrogante, dangereuse et
ringarde.
Hubert
Védrine, non content d’incarner l’exception française en
matière de relations internationales, celle qui prenait automatiquement
le contre-pied de l’Amérique et d’Israël dans toutes les instances
internationales et que Sarkozy a promis de corriger, en fut, d’abord, l’un des
maçons principaux.
J’ai bien entendu
que l’élu s’oppose à la "repentance" mais
jusqu’à quelle limite ? Car il y a obligatoirement une limite
à la non-repentance : personne ne songerait à rouvrir le
port de Bordeaux au trafic des esclaves noirs et personne ne s’aventurerait
à justifier la collaboration avec le IIIème Reich
durant la Seconde Guerre Mondiale. Là où s’arrête la
repentance commence la conscience. Hors la conscience, on n’a pas d’âme,
on est irresponsable.
Conclusion
qui nous mène directement au dossier Rwanda : non seulement le
préposé mitterrandien au Quai d’Orsay nie-t-il la participation
de la France à l’ethnocide des Tutsis en 1994, non seulement est-il un
négationniste de l’historicité de ce massacre, soutenant la
thèse, infamante pour la France, du "double génocide" [Voir
l’article de Thierry Oberlé pour Le Figaro du 18 mars 2006],
de plus, en 1994, Védrine était Secrétaire d’Etat de la
Présidence de la République. Il a donc activement
participé à l’équipe qui, dans le premier cercle de
François Mitterrand, a encouragé, soutenu, armé et
encadré les génocidaires hutus. Et envoyé l’armée
de la république française participer physiquement au
génocide des Tutsis, en commettant nombre de crimes de guerre !
Védrine
appelle le livre de Pierre Péan Noires fureurs, blancs
menteurs [Mille et Une Nuits, 2005], (qui
vaut à son auteur une plainte pénale), l'enquête,
non réfutée, de Pierre Péan [1]. Seraient ainsi non réfutés ces caractères ataviques funestes que
Péan référencie pour les Tutsis, justifiant implicitement
qu’on en massacre un million : "dès leur plus
tendre enfance, les jeunes Tutsis étaient initiés à la
réserve, au mensonge, à la violence et à la
médisance", ou
encore "les Tutsis acceptent facilement de faire des faux
témoignages (…) par lucre et/ou pour accabler un étranger ou un
ennemi de leur groupe", et "Cette
formation au mensonge a été observée par les premiers
Européens qui ont eu un contact prolongé avec les Tutsis (…).
Mais elle favorise aussi la duplicité et c’est ce qui
fait de cette race l’une des plus menteuses qui soit sous le
soleil".
Le fait
d’attribuer à une ethnie des attributs héréditaires caractéristiques
est pourtant un fondamental du racisme. Mais pour Hubert Védrine, les
caractères ataviques néfastes de certains peuples semblent trouver
leur place parmi les évidences. Il le prouve, en 2005, alors que la
justice française avait condamné Edgar Morin pour un crime de
diffamation raciste, cette fois contre les Juifs, en s’empressant d’ajouter son
nom à une pétition qui s’opposait à ladite condamnation. Morin
avait été condamné pour avoir, entre autres, osé écrire
dans Le Monde : "On a peine
à imaginer qu’une nation (…) soit capable de se transformer en deux
générations en peuple dominateur et sûr
de lui et (…) en peuple
méprisant ayant satisfaction à humilier.".
Les
lecteurs de la Ména n’oublient pas non plus que Védrine a
été le 1er mur de sécurité du faussaire
et fauteur de guerres Charles Enderlin. Qu’il lui arrivait, lorsqu’il se
trouvait à Jérusalem, ès qualité de ministre des
Affaires Etrangères de Lionel Jospin, de se déplacer dans le
véhicule de l’imposteur de France 2, et que Védrine lui a
même préfacé un livre.
Face aux
Etats-Unis, auxquels Védrine a consacré de nombreux ouvrages sur
le thème obsessionnel de l’Hyperpuissance, il est l’un de leurs
plus fervents et systématiques adversaires. Face à Israël,
il avait convoqué, le 3 avril 2002 à Luxembourg, une
conférence des ministres européens des Affaires
Etrangères, proposant à ses
collègues que l’Europe envoie une force armée d’interposition au
Moyen Orient, afin de mettre fin à une opération militaire
israélienne [lire]. Aucun ministre
européen n’était jamais allé aussi loin dans son hostilité
à l’Etat hébreu. Aucun ne l’a égalée depuis.
Certains
présidents, sous l’effet de leur triomphe, ont tendance à se
prendre pour des surhommes et à oublier les citoyens qui les ont
élus. A négliger qu’ils sont tributaires de leurs bulletins pour
se maintenir aux affaires lors des scrutins à venir. La nomination de
Védrine au Quai d’Orsay, ou à tout autre poste d’ailleurs,
matérialiserait, immédiatement après sa victoire, une
trahison des valeurs et des changements que Nicolas Sarkozy a
prônés durant toute sa campagne. Si les Français avaient
voulu la continuation de la Chiraquie, c’est Villepin qui serait à
l’Elysée ; et s’ils avaient désiré le retour des
cadres de François Mitterrand, ils auraient voté Royal.
De plus,
si Védrine retournait au Quai, la Rue arabe ne serait pas murée,
elle serait rénovée. D’où la désolidarisation
instantanée à prévoir de millions d’électeurs qui
souhaitent ardemment un rééquilibrage de la politique
menée par la France au Proche-Orient depuis des décennies et une
intervention décidée de l’Etat tricolore contre la
démonisation quotidienne d’Israël, notamment sur France
Télévisions. Une démonisation vecteur
d’antisémitisme dans lequel ce service public barbotte lamentablement.
Sarkozy
n’est pas un surhomme, Il n’a pas gagné les présidentielles
à lui seul, par hasard, sur la base de son "charme
irrésistible". Il concrétise l’espoir d’une majorité
de Français qui, en dépit du lavage de cerveau incessant qu’ils
subissent, ont l’espoir que Sarko tiendra parole, et qu’il replacera la France
parmi ses amis, ses alliés naturels. A l’écart de cette pseudo exception
française, qui irrite le monde, paravent de toutes les corruptions
et d’aucune qualité. Ils espèrent que Sarkozy mènera une
politique d’amitié et de confiance réciproque avec les
démocraties de la planète, ce qui n’est plus le cas depuis belle
lurette. Or le dernier personnage de la République à porter cet
espoir se nomme Hubert Védrine.
Ce sont
les élections, et elles seules, qui permettent de gouverner, aussi,
avant les législatives, il importerait que le nouveau président
français procède à une très fine analyse de
l’électorat qui l’a porté à l’Elysée et des
aspirations qu’il avait en le faisant. Il s’agit d’une urgence, en quelque
sorte, puisqu’une bonne analyse éloignerait Hubert Védrine de la
Seine, et avec lui, la menace d’avoir à commencer un quinquennat sur une
cohabitation. Rien de tel, en effet, qu’une immense erreur d’évaluation
"à la Védrine", pour donner du volume au nouveau parti
de M. Bayrou.
Note :
[1] (Le
Figaro opus cité) : (M. Védrine. Ndlr.) Comment
réagissez-vous à l'ouverture d'une information judiciaire par le
tribunal de Paris pour complicité de génocide au Rwanda ? Pourquoi ces accusations, maintenant ? Est-ce un
contre-feu pour amortir le choc de l'enquête, non réfutée,
de Pierre Péan, ou celui des prochaines conclusions du juge
Bruguière ? (…)