Paradoxe
: la Maison Blanche est furieuse des actions israéliennes de ces
derniers jours ; furieuse que l’Etat hébreu s’attaque au Liban au
lieu de frapper la Syrie, et, implicitement, l’Iran.
La
guerre déclenchée aux frontières nord et sud d’Israël
par le Hamas et le Hezbollah est la guerre par procuration que mène
l’Iran, la Syrie servant de truchement géographique. Démolir les
infrastructures libanaises pour punir Nasrallah ne rime à pas
grand-chose.
Avec
une fermeté que l’on n’attendait peu, la Maison Blanche a fait
connaître ces derniers jours sa totale condamnation des actes du Hamas et
de l’”Autorité”palestinienne, ainsi que des agissements du Hezbollah.
Quoique
Condi Rice ait eu la faiblesse impardonnable d’appeler « toutes les
parties » à « faire preuve de retenue », le criminel
comme celui qui se défend, la présidence, elle, soutient
fermement Israël. C’est le sens qu’il faut prêter à la déclaration
faite d’Allemagne et de Russie par George W. Bush pour blâmer le
gouvernement libanais et rendre son incurie responsable de l’attaque
menée par les ustensiles de Téhéran.
La
guerre qui vient de commencer – à l’initiative des ayatollahs – est
celle que l’Iran et la Syrie mènent en Irak contre les Etats-Unis et contre
le gouvernement irakien. Si d’aventure, l’aviation israélienne prenait
pour cible l’énorme ambassade iranienne de Damas, centre
névralgique de la guerre iranienne contre l’Occident au Moyen-Orient, le
gouvernement de Jérusalem pourrait, je crois, compter sur quelque
compréhension et quelque soutien de la part des Etats-Unis. Après
tout, que disait d’autre l’ambassadeur américain à Bagdad, Zalmay
Khalilzad, quand il dénonçait Iran et Syrie comme frères
siamois de la commandite de la terreur en Irak ?
Il
faut saisir la chance quand elle se présente : si Israël agit
rapidement et de façon décisive, la Maison Blanche, sur son
élan, le soutiendra. Si Israël temporise, la diplomatie des
bureaucrates, des « réalistes », des capitulards et des
arabophiles, reprendra le dessus en excipant des réactions hostiles –
quelle surprise ! – de la Russie et de la France, où le parti
pogromiste français qui règne au Quai d’Orsay vient de se
manifester par l’intermédiaire des cordes vocales du ministre
Douste-Blazy appelant les deux côtés à la raison.
Bush
soutient le droit d’Israël à se défendre :
qu’Israël se défende, à Damas pour commencer. Washington
approuvera.