En exclusivité © Metula News Agency
Métula,
22h 30 locales, lundi 19 juin 2006
Lors
de sa participation, samedi, à l’Hebdo du médiateur [regarder
l’émission], Charles Enderlin a cru bon de faire la
déclaration suivante :
"M.
Cohen (l’un des invités de l’émission. Ndlr) a
évoqué l’Affaire Mohamed Al-Dura du début de l’Intifada. Eh
bien", a enchaîné le correspondant permanent de France 2
à Jérusalem, "je me permets de rappeler que le mois dernier,
un tribunal de Tel-Aviv a produit un jugement selon lequel l’enquête
effectuée par l’armée israélienne après la mort du
petit Mohamed, eh bien cette enquête était pas scientifique, pas
professionnelle, et avait démarré avec des idées
préconçues".
Cette
annonce d’Enderlin ayant pour le moins surpris la rédaction de notre
agence, nous avons mis tous nos journalistes présents en Israël à
pied d’œuvre afin de vérifier rapidement et avec exactitude le
bien-fondé de cet étonnant pronunciamiento.
Il en
ressort que, bien au-delà de tout doute raisonnable, Charles Enderlin a
à nouveau menti.
Après
avoir examiné, à notre demande, les propos tenus par le
journaliste de FR2 lors de l’Hebdo du médiateur, ainsi
qu’après avoir minutieusement consulté la décision du
tribunal cité par le même individu, l’armée
israélienne a tenu à réagir officiellement par voie d’un
communiqué écrit, qu’elle a confié à notre agence
et dont voici le contenu intégral :
"Le
tribunal n’a pas mis en doute l’investigation de l’armée
israélienne mais a proclamé que l’enquête menée par
M. Duriel [1], qui était membre de l’équipe ayant conduit les
recherches, mais qui fut évincé de son poste par le
général Yom Tov Samia qui la dirigeait, était non
professionnelle. De ce fait, (le tribunal) a déclaré que les
propos tenus par M. Hauptman [2] à l’égard de M. Duriel,
n’étaient pas constitutifs de diffamation.
Ce
tribunal n’a en aucune façon considéré la qualité
de l’investigation définitive qui fut diligentée par
l’armée israélienne (dans l’affaire A-Dura) et, pour le surplus,
il a rejeté, de manière spécifique, une proposition qui
lui demandait de se pencher sur cette enquête, ce, bien qu’il fût
prié de le faire par la partie défenderesse.
Le
tribunal ne s’est exprimé que sur le sujet confiné à
l’enquête de M. Duriel".
Au
cours de cette journée de lundi, au vu de la gravité
extraordinaire de cette nouvelle transgression éthique de la part de M.
Enderlin, les instances supérieures de Tsahal ont
considéré l’assignation du journaliste en justice. De toutes les
façons, l’armée a décidé de convoquer dans les
prochains jours le représentant local de FR2 afin de le placer face
à ses responsabilités.

Pas scientifique,
pas professionnel, et bourré d’idées préconçues…
Les
lecteurs de la Ména seront sensibles au fait que Charles
Enderlin, non content de confondre volontairement la commission d’enquête
de l’armée avec M. Yossef Duriel, un civil qu’elle a limogé pour
faute professionnelle, établit, sur la base de sa propre
contrevérité, la raison pour laquelle il faudrait que les
journalistes placent le degré de crédibilité des
enquêtes de Tsahal au même niveau que celles des autres
enquêtes. Il faut entendre par là, au même niveau de fiabilité
que les enquêtes réalisées par l’AP, mais
également le Hamas, le Djihad islamique, le FPLP – qui sont, faut-il le
rappeler à France 2, des organisations tenues pour terroristes par les
USA, l’ONU et l’UE – ainsi que celles effectuées par n’importe quelle
ONG mettant en doute les conclusions des experts israéliens. Voici
comment, sur la bande de l’émission du médiateur, Enderlin
établit sa relation de cause à effet totalement
frelatée :
"donc, nous considérons les enquêtes de
l’armée israélienne avec la même crédibilité
que nous considérons les autres enquêtes ; nous sommes des
journalistes, nous ne sommes pas des scientifiques. Nous agissons en fonction…
nous réagissons en fonction des réactions des uns et des autres".
Il est évident que cette nouvelle manipulation
médiatique, consistant à utiliser le verdict d’un procès
dans lequel le travail de la commission d’enquête de Tsahal relative
à l’Affaire A-Dura n’a pas été envisagé, ce, afin
d’établir des conclusions, une nouvelle fois mensongères,
destinées à conforter la mise en scène de l’assassinat
d’un enfant à laquelle Enderlin a participé, devrait valoir la
mise à pied immédiate du faussaire récidiviste. Du moins
au sein de n’importe quel organe de communication géré sans parti
pris politique, confessionnel ou racial.
Notes :
[1]
Yossef Duriel, civil, membre de la commission d’enquête de l’armée
chargée d’enquêter sur les circonstances de l’assassinat
présumé d’un jeune palestinien, connu depuis sous le nom de
Mohamed A-Dura. Duriel a été limogé après 15 jours
de travail seulement, pour avoir divulgué des documents de travail
à des sources non autorisées. Il avait, jusqu’au jour de son
éviction, participé à une seule séance de travail
et a été contraint de quitter la commission avant que de pouvoir
lui apporter la moindre contribution.
[2]
M. Aaron Hauptman publia, le 12 novembre 2000, dans le courrier des lecteurs du
quotidien Haaretz, une violente critique contre les théories
formulées de façon indépendante par Yossef Duriel (cf. l’enquête
de M. Duriel) quant à l’"assassinat" de Mohamed A-Dura. La
lettre de Hauptman, publiée 42 jours après l’incident de
Nétzarim et une vingtaine de jours avant la publication des conclusions de la Commission
d’enquête, se termine par ces termes : "il s’agit d’un
événement qui appelle à une enquête sérieuse
diligentée par une entité véritablement sérieuse".
Duriel
a assigné Hauptman en justice pour propos diffamatoires contre sa
personne et c’est à ce procès, jugé le mois dernier,
qu’Enderlin a fait allusion lors de l’Hebdo du médiateur de
samedi.