Jeudi 25 mai 2006 à 17 heures 30, s’est tenue,
à Paris, sur la tombe du soldat inconnu, une commémoration en
l’honneur de Simon Petlioura, ancien chef du gouvernement ukrainien pendant la
courte indépendance de l’Ukraine, qui dura de 1918 à 1920.
Petlioura fut responsable de l’organisation de pogromes qui causèrent la
mort de milliers de Juifs en 1919 et 1920.
Cette commémoration s’est tenue en présence
de l’ambassadeur d’Ukraine en France, Yuriy Sergeyev. Elle marquait le 80ème
anniversaire de la mort du pogromiste ukrainien.
Des dizaines de massacres organisés de Juifs sont
à mettre à l’actif de Petlioura et de son "Armée
nationale ukrainienne". Le premier d’entre eux eut lieu à Orinin, où
5 Juifs furent massacrés, des femmes juives violées et de
nombreuses autres battues à coups de plat de sabre.
A Brazlav, ce sont 82 Juifs qui furent
égorgés et 12 autres blessés, au cours d'une action
d’extermination déclenchée par les alliés et les
supplétifs de Petlioura. En 1920, des unités de l’armée de
Simon Petlioura égorgèrent près de 700 Juifs et en
blessèrent 800, au cours d’un pogrome qui eut lieu à Hodorkov
(district de Kiev) et qui dura près de douze heures.
Le 25 mai 1926, à Paris, un Juif
révolutionnaire du nom de Samuel Schwartzbard, abattit, de six coups de
revolver, l’Ukrainien Petlioura, alors réfugié en France, pour
venger sa famille décimée par ses pogromes. La Ligue contre
les Pogroms, à laquelle adhérèrent notamment Albert
Einstein et André Malraux, et qui deviendra plus tard la Ligue
Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme (LICRA), fut
créée un an plus tard, suite à la médiatisation du
procès de Schwartzbard, qui fut finalement acquitté par la cour
d’assises de la Seine.
Un important dispositif policier avait été
mis en place, ce jeudi, afin d’évacuer, sans préavis, les
touristes présents sur toute l’esplanade de l’Arc de Triomphe au moment
de la cérémonie. Une dizaine de militaires français, en
treillis, étaient en outre postés dans le tunnel faisant la
jonction entre les Champs-Élysées et l’Arc de Triomphe. Une représentation
de la LICRA, emmenée par son président, Patrick Gaubert, par
ailleurs député européen, a été
refoulée par la police jusqu’à l’intersection de l’Avenue des
Champs-Élysées et de la Rue de Presbourg.

Des
gerbes, en nombre, pour un tueur de Juifs sous l'Arc de Triomphe
photo Serge Farnel © Metula News Agency
Un correspondant officiel de la Metula News Agency a
assisté à cette surprenante commémoration. Les officiels
français lui ont demandé de quitter les lieux, mais le
représentant de la Ména, ayant rétorqué
qu’il ne quitterait les lieux que s’il était contraint de le faire par
l’usage de la force, a finalement été le seul journaliste
n’appartenant pas à l’organisation de cette commémoration
à être en mesure de couvrir l’événement.
Des représentants de l’Etat français
accompagnèrent la cérémonie, notamment en
interprétant des morceaux de musique de circonstance.

Avec
les tambours et trompettes de l’Etat français…
photo Serge Farnel © Metula News Agency
A l’issue de la commémoration, la
délégation de la LICRA reçut l’autorisation de se rendre,
mais sous escorte policière, sur le lieu où elle venait de se
dérouler, et a pu constater la présence des gerbes
déposées en l’honneur de Simon Petlioura sur la tombe du soldat
inconnu.
La LICRA qui, dans un communiqué de ce jour,
déclare « attendre du gouvernement français des
éclaircissements qui s’imposent et que réparation soit
apportée à la mémoire offensée des victimes de
Petlioura ».
Petlouria est aujourd’hui considéré, en
Ukraine, comme un héros national. En 2006, une statue a notamment
été érigée en son honneur par le gouvernement
ukrainien. L’ambassadeur Sergeyev a tenu à répondre par lettre
aux accusations formulées par la LICRA ; [Lire] la communication de l’ambassade d’Ukraine, attribuant les
crimes de Petlouria aux "falsifications de l’époque du
régime totalitaire soviétique".