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Quelques mises à jour sur l’Irak qui ne passent pas nos frontières (info # 012503/6)
Par Guy Millière

Samedi 25 mars [20:15:00 UTC]

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© Metula News Agency





Bien plus qu’une amitié de circonstance : une doctrine qui survit à la chute de Saddam Hussein et qui se nourrit quotidiennement de notre liberté


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En regardant les journaux télévisés français et les reportages spéciaux diffusés par les différentes chaînes à l'occasion du troisième anniversaire du déclenchement de l'opération militaire de libération de l'Irak, je n'ai pu m’empêcher de repenser à cet ancien dissident d'Union Soviétique qui me disait, après quelques semaines passées à Paris : « L'avantage à Moscou, c'est que nous avions une seule Pravda, ici vous en avez des dizaines ». J'avais ajouté, je m'en souviens très bien, que la Pravda présentait, comme la télévision soviétique, un autre avantage sur nos media : personne ne croyait ce qu'on y disait.

 

Je crains que la plupart de ceux qui sont ici abreuvés desdits media sont persuadés d’accéder à la vérité.

 

Je ne m’attarderai pas sur les motivations de ceux qui produisent ce genre de matériels. Il faut bien vivre de quelque chose et ce n'est pas toujours facile de faire un métier honnête et de le faire honnêtement. Je sais que l'infiltration de certaines professions par des militants totalitaires de l'ultra-gauche a fait des ravages. Que la haine de l'Amérique est aujourd'hui presque aussi répandue en France que la haine des Juifs pouvait l'être au temps de Je suis partout ; qu'aux yeux des tenants du « politiquement correct » un assassin multirécidiviste est plus excusable qu'un partisan de George Bush.

 

Le soutien indéfectible apporté par l'administration Bush à Israël n'arrange rien, dans un pays où l'antisionisme est devenu le visage new look de l'antisémitisme ; et où, pour une part trop importante des Français, les populations arabes sont ontologiquement incapables d'accéder à la liberté et à la démocratie. Et pourtant :

 

1. Contrairement à ce que disent les idiots utiles, l'Irak disposait bien d'armes de destruction massive et ses dirigeants en planifiaient encore la fabrication de bien d’autres : on trouve de nombreux documents et des informations détaillées à ce sujet dans le livre du général Georges Sada, Saddam's Secrets (Les secrets de Saddam), publié voici peu aux Etats-Unis. Sada était l'un des commandants de l'armée de l'air irakienne jusqu'à la veille de la guerre.

 

De plus, les documents saisis en Irak sont peu à peu décryptés (4% de l'ensemble monumental jusqu’à maintenant), et ces documents « parlent ». Stephen Hayes, journaliste au Weekly Standard, a publié au cours des deux derniers mois une série d'articles accablants et très éclairés. On sait désormais comment et quand les armes de destruction massive qui étaient en Irak ont été déménagées. Seuls ceux qui refusent avec obstination de savoir ne le savent pas. 

 

Je ne doute pas un instant que ceux-ci poursuivent dans la voie de la cécité volontaire ; pour se persuader de l’existence des objectifs de Saddam Hussein en matière de programmes de moyens de destruction massifs, il suffit pourtant de se souvenir qu’il avait doté l’Irak, l’un des plus grands producteurs de pétrole du globe, d’un réacteur nucléaire, identique en tous points à ceux qui ont fourni notre uranium à usage civile ET militaire.

 

Quant à jeter le doute sur la véracité de cette information, cela procède d’un exercice ardu, même pour ceux de nos journalistes dont c’est l’un des modes opérationnels habituels, puisque c’est la France et son président actuel qui avaient fourni Osirak à Saddam Hussein. Mieux vaut donc, dans ces conditions, omettre Osirak dans le questionnement relatif à l’armement non conventionnel de l’Irak, ou prétendre qu’après la destruction du réacteur par les Israéliens, le dictateur a brutalement abandonné ses ambitions. Ce genre de demi réflexions – abandonnées sitôt considérées ou grossièrement ignorées – est devenue monnaie courante dans notre régime soumis à la pensée unique.


2.   L'immense majorité de la population irakienne se considère comme ayant effectivement été libérée de la dictature abominable de Saddam Hussein par les troupes de la coalition. Comme le montrent de multiples sondages et enquêtes d'opinion neutres et fiables, elle n'a aucune nostalgie de son passé, elle est optimiste quant à l'avenir, souhaite vivre dans une société libre, rejette avec horreur et dégoût les actes terroristes qui la frappent, et ne craint qu'une seule chose davantage que la violence terroriste : un retrait des troupes de la coalition qui s'opérerait avant qu'une armée et une police irakiennes pleinement opérationnelles ne soient sur pied.

 

Il existe de lourdes difficultés sur lesquelles je reviendrai plus bas, mais il n'empêche que l'économie irakienne connaît une croissance forte, le niveau de vie de la population a considérablement augmenté, des biens de consommation inconnus jusque là sont désormais disponibles dans le pays. Là encore, de multiples données sont simplement disponibles pour tous ceux qui veulent voir. Ma conception des droits de l'homme n’est pas à géométrie variable ; selon moi, la population irakienne est digne de respect et doit être traitée comme davantage qu'une chair à canon pour tenants d'idéologies rances.

 

3. Des difficultés existent, écris-je. De nombreuses dimensions de la réorganisation du pays après Saddam ont été mal pensées. Des erreurs ont été commises. Du temps et des vies humaines ont été perdus. Le risque représenté par le terrorisme a été sous-estimé et une violence meurtrière perdure dans le pays.

 

Mais aucune guerre n’est menée sans erreur et la critique est aisée pour quiconque se contente de parler dans un salon parisien. Encore les erreurs ne justifient-elles pas que l'on baisse les bras face au terrorisme. D’ailleurs, sur le terrain, les objectifs essentiels des terroristes n'ont pas été atteints. Ils voulaient chasser les armées de libération : ils ont échoué. Ils voulaient empêcher la tenue d'élections et la proclamation d'une Constitution : ils ont échoué. Ils voudraient maintenant précipiter le pays vers la guerre civile en procédant à des massacres atroces : ils ont échoué jusqu'à présent.

 

Ils ne cessent de perdre du terrain. Le temps n'est pas de leur côté. Je le répète, ceux qui veulent savoir savent. Des journalistes tels que Bill Roggio rendent compte quotidiennement de la réalité des opérations militaires en Irak, des victoires remportées, de l'isolement croissant des assassins. Certes, mais qui connaît ce journaliste et qui est capable, dans notre pays, de mesurer l’exactitude de ses rapports sans lui faire un procès de sale gueule à la place ? Encore faudrait-il, pour ouvrir cette discussion, qu’on permette à l’opinion d’avoir connaissance du contenu de ces rapports !

 

4. Les terroristes et ceux qui les soutiennent ont compris que ce qui se joue en Irak dépasse de loin les frontières de l'Irak. Il s’agit de l'affrontement entre l'islam radical et les tenants d'un islam modéré, compatible avec le droit et la démocratie planétaires. Les djihadistes partisans de l'islam radical sont conscients qu'ils ne peuvent se permettre de perdre sans que toute leur cause ne s'effondre avec eux.

 

L’appui apporté aux terroristes par l'Iran d'Ahmadinejad et la Syrie de Bachar el Assad démontre que ces deux dirigeants saisissent les implications possibles d'une victoire des modérés. En fait, celles-ci sont perceptibles dans tout le monde arabe, dans tout le Proche-Orient, dans tout le monde musulman. Mais dans les grands média américains, on semble parfois dupe également, tant certains journalistes font leur métier de façon si chiraquienne qu'ils devraient déjà avoir été faits citoyens d'honneur de la ville de Paris.

 

Sans reparler des médias français, dans lesquels tout discernement est résolument absent… Je n'ose aller jusqu'à penser que les colporteurs de mensonges font sciemment leur besogne. Si c'était le cas, ma seule consolation serait de me dire que ces nouveaux suppôts du totalitarisme recevraient la leçon qu'ils méritent si les totalitaires islamistes devaient, un jour et par un malheur que je pense très improbable, remporter une victoire probante. Je préfère penser que ceux-ci seront vaincus et que leurs complices finiront seuls, aigres et les yeux crevés par leur pire ennemie : leur abyssale stupidité.

 

 

 

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