Trois semaines auront été nécessaires
entre l'instant où le ministre rwandais des Affaires Etrangères,
Jérôme Bicamumpaka, rendit visite à son homologue
français Alain Juppé et celui où ce dernier, à
l'occasion d'une interview qu'il accorda le 16 mai 1994 à des radios
françaises à Bruxelles, concéda que « ce qui se passe
là-bas, mérite, je crois, en effet, le nom de
génocide. » Trois semaines et deux jours, très exactement,
pour qu'à l'occasion d'une prise de parole à l'Assemblée nationale,
Juppé précisât la cible de cette extermination : les Tutsis
[1].
Le jour même, Jérôme Bicamumpaka,
prenant la parole au Conseil de Sécurité, ne trouvait pas
« exagéré » d'accuser le Front Patriotique Rwandais
(l’armée tutsie) d'avoir perpétré des « massacres
systématiques et sélectifs des populations civiles ». A
l'occasion de cette intervention, il tenta, par ailleurs, une gaillarde
explication des « violences interethniques qui ont suivi la disparition
dramatique du président Habyarimana ». Loin, évidemment, de
rappeler les appels au génocide sortis de la bouche de son
président, Bicamumpaka argua de « l'instinct animal d'un peuple qui
a peur d'être de nouveau asservi ».
Or ce même 16 mai 1994, à Kibuye, comme l’évoque
Jean-Pierre Chrétien dans son ouvrage Le défi de l'ethnisme -
Rwanda et Burundi 1990 /1996 (Editions Karthala, collection Les Afriques,
décembre 1997, 26 €), le président rwandais, Théodore
Sindikubwabo, faisait l'éloge de la foule et glorifiait le rôle de
celle-ci dans « la défense de la sécurité ».
Et les deux jours suivants, ne pouvant totalement se fier
à l'instinct animal des foules hutues, Sindikubwabo dut se
résoudre à se déplacer dans la région de Cyangugu,
puis dans la localité de Kibuye, afin de les exhorter à
exterminer les Tutsis.
Le fax
du président rwandais
Le 21 mai 1994, suite à son abandon par les Forces
Armées Rwandaises (FAR, hutues), l'aéroport de Kigali fut
pris par les forces à majorité tutsie du FPR. Le lendemain, le président rwandais en informait le chef de l'Etat français en
adressant une télécopie à son intention.

Le président intérimaire commence par y expliquer
au président français qu'il a, depuis qu'il tient les rênes
du pays, « consacré ses efforts à pacifier le pays ».
Inutile d’expliciter, François Mitterrand est plus apte à interpréter
les propos de Sindikubwabo que la
populace hutue.
Nul besoin d’avoir suivi une haute école de
chamanisme pour saisir que ce qu’il faut comprendre est simplement le
négatif du tirage positif du fax envoyé par le président
intérimaire à son confrère de l’Elysée.
Remis à l’endroit, ce fax informe Mitterrand que,
depuis qu’il a été nommé à la tête du Rwanda,
Théodore Sindikubwabo avait consacré ses efforts à
mettre le pays à feu et à sang. Pour cela, le Gouvernement et
l'Armée lui ont, comme nous avons pu le constater dans l'article
précédent, effectivement donné leur appui total.
Appliquée aux passages faisant référence
au FPR tutsi, cette méthode rudimentaire d’argumentation est plus connue
sous le nom d'accusation en miroir ; elle consiste à porter contre
son adversaire les accusations des méfaits dont on est soi-même l’auteur,
dans le style : « nous avons noté avec satisfaction l'arrêt
des massacres interethniques du moins dans la partie que nous
contrôlons », et plus loin : « Le Front patriotique lui, a
poursuivi des massacres massifs (...) ».
L'un des intérêts des accusations en miroir
consiste à ne laisser aucune trace tangible écrite des
massacres que l'on commet ou cautionne. Probablement est-ce la raison pour
laquelle les documents que je présente dans cette série
d’articles n'ont pas connu le même sort que ceux qui étaient
stockés à l'ambassade de France à Kigali et qui furent
détruits au moment où nos pioupious évacuaient le
chienchien de l'ambassadeur Jean-Michel
Marlaud, tout en abandonnant des centaines de milliers d’enfants voués aux
machettes de leurs bourreaux sous leurs yeux.
Nous
avons remarqué, au cours de notre enquête, que le maître dudit
chien n'était pas régulièrement mis au fait de toutes les
finasseries parisiennes. Il n'est, pour s’en persuader, que d'évoquer la
situation ubuesque que nous relate Patrick de Saint-Exupéry dans son
ouvrage L'inavouable – La France au Rwanda (Edition Les Arènes ;
mars 2004 ; 19,90 €) lorsque, quatre ans plus tôt, en octobre 1990, c'est
de la bouche de l'adjointe de l'ambassadrice des USA au Rwanda, que Son
Excellence Jean-Michel Marlaud apprit l'imminence du débarquement des
militaires français dans la capitale rwandaise. Ceci afin de contrer une
attaque, elle-même présentée comme imminente, de
rebelles tutsis.
De
plus, Paris n'avait pas jugé alors utile de dépêcher quelques
soldats afin d'extraire son représentant de l'ambassade avant
que les rebelles tutsis ne s'emparent de la capitale. La France a
cependant fait ainsi – et sans s’en rendre compte ! – la
démonstration qu'elle savait fort bien distinguer, au Rwanda, entre un danger
virtuel, parce qu’inexistant et servant uniquement à instrumentaliser
politiquement ses interventions militaires, et les menaces réelles.
Car,
lorsque Kigali fut effectivement sur le point d’être prise, Paris
lança, le 8 avril 1994, l'opération Amaryllis. Au cours de
cette incursion, les Français s’emparèrent de l’aéroport
et évacuèrent non seulement l’ambassadeur, sa famille et ses
bêtes, mais également ses alliés sur place, fussent-ils
d’ineffables assassins, ainsi que les coopérants des autres nations
occidentales demeurant au Rwanda.
De fait, en 1990, il n’était pas vraiment
nécessaire de mettre l’ambassadeur dans la confidence relative à
la fausse nouvelle d’une attaque tutsie sur Kigali, censée justifier
l'intervention militaire française connue sous le nom d'opération
Noroît. Le succès de telles opérations repose, il
est vrai, en partie sur le fait que le moins de monde possible soit mis dans la
confidence. On peut aussi voir dans cette précaution l’une des raisons
pour lesquelles un certain nombre de nos soldats ont été indéniablement
entraînés malgré eux dans le soutien à un régime
génocidaire.
Un extrait au moins du fax du président rwandais
à l'adresse de son homologue français demeure aussi indigeste
qu’au premier jour en dépit des années qui s’écoulent :
« Le peuple rwandais Vous exprime ses sentiments pour
le soutien moral, diplomatique et matériel, que Vous lui avez
assuré depuis 1990 jusqu'à ce jour ».
C’est que la date inscrite en haut de la
télécopie est le 22 mai 1994, soit 46 jours après qu'ait
démarré le génocide dirigé contre les Tutsis par Théodore
Sindikubwabo et ses amis, et 54 jours avant qu’il ne se termine par la mort
d’un million de civils…
Le chantage au
cessez-le-feu
Dans
une note qu'adressa, le 24 mai 1994, le général Quesnot à
François Mitterrand, et à laquelle il joignit le fax qu'il avait
reçu deux jours plus tôt du président rwandais, il renseigna
le chef de l'Etat français de ce que « sur le terrain, le rapport de
forces, y compris à Kigali, était de plus en plus favorable aux Tutsis
».

Il
l'informa, par ailleurs, qu' « il n'y aurait pas de véritable cessez-le-feu
avant la conquête totale du pouvoir par le FPR ».
Cette
remarque était d’importance car, devant l'avancée des rebelles
tutsis qu’ils savaient ne pas être en mesure de juguler, l'obtention d'un
cessez-le-feu était devenue, aux yeux des membres du gouvernement
génocidaire, l’unique moyen de sauver, à la fois leur
régime et leur peau. Les génocidaires pensaient proposer aux
chefs tutsis du FPR un partage du pouvoir basé sur les termes des
accords d'Arusha. Un accord qu'ils avaient pourtant
délibérément abandonné en imposant, un mois et demi
plus tôt, Théodore Sindikubwabo comme président du Rwanda.
Mais
cela, c’était le contenu politique que les auteurs de
l’assassinat-collectif sur base de distinction ethnique entendaient discuter
avec les frères armés de leurs victimes sans défenses. Il
fallait d’abord obtenir un cessez-le-feu pour songer à négocier.
Ce
sont ces choix tactiques du gouvernement génocidaire, durant les heures
qui entourent le fax à Mitterrand, qui nous éclairent sur ce
que sous-entendait Sindikubwabo, lorsqu'il lui écrivait que « les
progrès militaires du Front Patriotique risquaient de rallumer le feu et
replonger le pays dans une crise plus grave que la précédente ».
Quelle
autre interprétation pourrait-on appliquer à cette phrase, que celle
d’y voir la menace qu’elle convoie. Que, devant les succès militaires
croissants des Tutsis, tout ce qu’il restait à faire pour les tueurs
hutus consistait à conditionner l'arrêt des massacres qu’ils
commettaient à l'acceptation par l’armée de Kagamé du
cessez-le-feu qu’ils convoitaient ? Mais, et c’est encore plus tragique,
« replonger le pays dans une crise plus grave que la
précédente », constitue une forme d’ultimatum incontestable signifiant
qu’un million de civils massacrés – il n’y a pas eu d’autre crise
que le fax aurait pu décrire – est peut-être insuffisant…
Il conviendrait, à suivre la dialectique des assassins, pour forcer la main
des militaires du FPR, d’aggraver sensiblement l’horreur, en clair, de tuer encore
plus de civils tutsis !
A
l’Elysée, comme en témoigne l’intervention de Juppé du 16
mai à Bruxelles, puis celle qu’il a faite devant l’Assemblée
nationale, on n’ignorait pas que la crise que mentionnait Sindikubwabo dans
son fax était un « génocide » ni que « la cible de
cette extermination était les Tutsis ». Mitterrand était
donc parfaitement au courant de la signification exacte de « replonger le
pays dans une crise plus grave que la précédente ».
C’est là un recoupement logique simple à caractère
historique qui jette une accusation terrible contre le gouvernement français
de l’époque et qui pose des questions urgentissimes quant au mode de
fonctionnement de nos institutions.
En
1998, le Monsieur Afrique de l'Elysée, Bruno Delaye, confiera d’ailleurs
à la Mission parlementaire pour le Rwanda, avoir «
considéré, à tort ou à raison, qu’il fallait
rechercher un cessez-le-feu ». Dans le contexte de l’évocation du
chantage à l’extension du génocide que nous venons d'expliciter,
le dilemme que Delaye avait ainsi rapporté aux parlementaires
français démontrait que la France se situait dans une logique qui
la faisait fonctionner dans le sens des intérêts des ethnocidaires.
Il n’y a qu’eux, en effet, qui pouvaient trouver le bénéfice d’un
salut dans un cessez-le-feu.
La
France, se plaçant, EN TOUTE CONNAISSANCE DE CAUSE, dans l’optique
stratégique d’un parti en train d’exécuter UN MILLION de civils
innocents de tout crime, voilà qui, en plus d’accuser Mitterrand et nos
ministres pour leur cynisme quasi criminel, amène à se poser
certaines questions au niveau du témoignage fait par Delaye et du niveau
de la conscience politique des membres de la Mission parlementaire pour le
Rwanda !
Pour
le surplus, cette recherche d'un cessez-le-feu ne se limita pas au partage
des préoccupations des génocidaires comme on pourrait encore
l’imaginer. Le gouvernement français fit également le choix de
pratiquer par des évaluations, puis des interventions diplomatiques,
dont le seul but était de sauver la mise des massacreurs. C’est
précisément ce qu’il y a à retenir du témoignage
rendu par Delaye aux députés français. Il avait d'abord été
envisagé, dans cet objectif, une conférence « sous l’égide
des Etats de la région, démarche qui a donné lieu à
la mission Marlaud ». C'est à cela que fait référence
Christian Quesnot, dans sa note, lorsqu'il fait savoir que ce « sommet
régional n'aura pas lieu ». Delaye ajoutant que la recherche de ce
cessez-le-feu de toutes les ignominies fut ensuite « placée sous
l’autorité de l’OUA (Organisation de l'Unité Africaine.
Ndlr), lors du Sommet de Tunis où une délégation
française s’était rendue le 12 juin ». S’y était rendue,
spécialement, pour tenter de sauver ses alliés ethnocidaires,
leur régime, ainsi que leurs conquêtes territoriales !
Théodore
Sindikubwabo, qui représentait le Rwanda au sommet de Tunis, y entendit Salim
Ahmed Salim, alors secrétaire général de l'OUA, qualifier
les massacres en cours de « crimes contre l’humanité », ce à quoi
Théodore avait répondu, le lendemain, que son « gouvernement
avait les moyens d’arrêter les massacres. » !
Le
chantage machiavélique du président rwandais ne faisait
dès lors plus aucun doute. La France, qui agissait diplomatiquement aux
côtés des maîtres chanteurs, était devenue, en toute conscience,
leur complice.
Aujourd'hui,
même si cela peut sembler inimaginable, ce chantage au cessez-le-feu est toujours
utilisé, bien que d'une façon perverse, par les Marianne
et autres Péan, afin de faire apparaître l'actuel président
tutsi, Paul Kagamé, comme le responsable du massacre de
sa propre ethnie !
Ainsi,
dans une interview accordée, il y a six jours à peine à Thierry
Oberlé, pour la rubrique internationale du Figaro, Hubert
Védrine n’a-t-il pas hésité à proposer le
commentaire suivant : « aujourd'hui il devrait être possible de
replacer les efforts impuissants, mais méritoires, de la France dans
leur véritable contexte. »
Méritoires ?
L'ancien secrétaire général de l'Elysée et plus
tard ministre des Affaires Etrangères, absolument au fait de la
situation à l’époque du génocide, ainsi que nous l'avons
montré dans l'article précédent, de continuer aujourd’hui à
dénoncer, notamment, « la volonté de Kagamé de reprendre
le pouvoir à tout prix » en même temps qu’il porte aux nues « les
efforts de la France pour prévenir les massacres qui en
résulteraient » (et qui n’ont pas eu lieu, en dépit de la prise
de Kigali par Kagamé. C’est, au contraire, à l’occasion de la
conquête du Rwanda par Kagamé que les
massacres ont cessé ! Depuis, le Rwanda est généralement
considéré comme l’un des pays les plus démocratiques,
parmi les mieux gérés et les plus équitables d’Afrique.
Ndlr).
Il
s’agit bien sûr, et de la part d’un individu ayant participé, au
plus haut niveau, à l’alliance contre-nature entre un Etat
européen et une clique de génocidaires africains, d’une tentative
lamentable tendant à faire supporter la responsabilité du
génocide sur la conquête militaire du FPR tutsi, quand bien
même – et c’est l’observation de la chronologie historique des faits qui
impose cette lecture unique – Kagamé, qui respectait pour sa part les
accords d’Arusha, était-il intervenu afin de mettre fin au
génocide commis contre son peuple.
L'exil de
Théodore Sindikubwabo
Alors
que Théodore Sindikubwabo était à Tunis, le FPR investit
Gitarama [2], rendant impossible le retour du président
intérimaire en ce lieu qui avait été choisi, le 13 avril
1994, comme base du gouvernement génocidaire après sa fuite de
Kigali. [3]
Le
président du gouvernement trouva refuge à Cyangugu, dans la Zone
Humanitaire Sûre, aménagée par l’armée
française, officiellement pour servir de havre aux victimes du
génocide et pas à ses auteurs. Le lieutenant-colonel Jacques
Hogard, commandant de la partie sud de ladite ZHS, entra en contact avec Sindikubwabo
mais se garda strictement de l’appréhender. Au moment de quitter
Cyangugu, le président déchu ainsi que les ministres du gouvernement
intérimaire rwandais qui, quelques jours plus tôt, appelaient
la population à massacrer leurs concitoyens tutsis, invitèrent celle-ci
à les suivre dans leur exil.
Le
président génocidaire se réfugia alors dans un premier
temps à Bukavu, en République Démocratique du Congo,
sous la protection rapprochée de l’armée française. Fin
décembre 1994, Théodore Sindikubwabo et son Premier ministre,
Jean Kambanda, proclamèrent un nouveau gouvernement en exil. Un
gouvernement dont l’objectif central affiché était la
reconquête du Rwanda…
Théodore
Sindikubwabo serait aujourd'hui décédé de mort naturelle
sans jamais avoir été inculpé par le Tribunal
Pénal International pour le Rwanda (TPIR). En mai 1995, le
journaliste Philip Gourevitch du New Yorker l'avait interviewé
dans sa villa de Bukavu. Sindikubwabo avait alors insisté pour qu' « au
nom de l'équité journalistique », il donnât à ses
paroles « un poids équivalent à celui de ses accusateurs ».
Parmi
ce qu’il avait à dire, nous avons surtout retenu sa remarque : « la
notion de génocide au Rwanda n'est qu'une fabrication de mes ennemis ».
On
gagnerait aujourd'hui, eu égard à la propension de certains
citoyens à étendre la notion abstraite d'égalité
à tout et n'importe quoi, à méditer ce principe,
intangible quant à lui, selon lequel le négationnisme ne
saurait en aucun cas être considéré comme une opinion.
Un crime a soit eu lieu, soit pas. Que ce soit le génocide d’un million
de Tutsis ou l’affirmation de l’assassinat d’un seul enfant au carrefour de
Nétzarim, les considérations autour des homicides relèvent
de la criminologie et pas de la politique. Celles s’attachant, en revanche, à
les fausser, à les dissimuler ou à intervertir leurs
responsables, relèvent de la conscience humaine, puis de la justice
séculière, et enfin de la place qu’elles réservent
à leurs auteurs dans l’Histoire.
A suivre...
Notes :
[1] Encore eût-il fallu que Philippe Douste-Blazy,
alors ministre de la santé, l’entendît, lui qui fut bien moins
explicite dans sa réponse à Info-Matin ce 24 mai 1994,
lorsqu'il dut, à l'occasion d'une mission humanitaire dans la
région des Grands Lacs, se prononcer sur la cible de l'extermination en
cours. Mais on a vu depuis notre actuel ministre des Affaires Etrangères
s’ébahir de ce que les Juifs d’Angleterre aient été épargnés
de la déportation, et ceci soixante après les
événements ! Alors ...
[2] Selon Alison Des Forges, Aucun témoin ne doit
survivre. Le génocide au Rwanda (Editions Karthala ; collection Homme
et Société - science économique et politique ;
décembre 1999 ; 42,75 €),
[3] La route Kigali-Gitarama avait déjà
été coupée par le FPR depuis le 16 mai 1994 selon
Roméo Dallaire, dans son ouvrage J’ai serré la main du diable
- La faillite de l’humanité au Rwanda (éditions Libre
expression, Hors Collection, janvier 2004, 25 €).