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Le grand ras le bol des Français juifs (2ème et dernière partie) (info # 012302/6)
Par Stéphane Juffa

Jeudi 23 février [15:39:00 UTC]

phalanges
© Metula News Agency







Un changement dont l’espoir existe, constitué qu’il est par l’éventualité de l’effondrement du système chiraquien à l’occasion des prochaines présidentielles...


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Tout cela pour subir Béatrice Schoenberg, sur FR2, la voix de son maître, ânonner en ouverture de trois journaux télévisés successifs que "les Palestiniens ont choisi un chef modéré du Hamas afin de former leur nouveau gouvernement" ? Ismaïl Hanya, un modéré ? L’aplatissement de France Télévisions devant la propagande islamiste n’aurait-elle réellement aucune frontière aux confins de la stupidité ? Dire de Hanya qu’il est un modéré, c’est d’abord établir, devant les téléspectateurs, qu’un mouvement prônant la destruction totale d’Israël, l’anéantissement physique de ses habitants, et refusant jusqu’à entrevoir la possibilité théorique de vivre en paix avec les Juifs, peut compter des adhérents modérés. Cela équivaut, très précisément, à affirmer sur le media officiel numéro un de la France, que le parti national-socialiste allemand, en 39, comptait dans ses rangs des dirigeants modérés.

 

Ensuite, c’est faire la preuve, devant des millions de personnes ne se doutant pas un instant que leur télévision pourrait leur mentir à ce point, que la rédaction de France 2 n’a jamais écouté ni lu la traduction d’un discours de l’islamofascisant Hanya. C’est faire la preuve également qu’en faveur de ceux qui rêvent à haute voix d’un nouveau génocide de six millions de Juifs, on se donne, sur le service public tricolore, le droit de déclamer absolument n’importe quoi.

 

Mais seuls les Juifs, les Arabes et quelques centaines de milliers d’initiés à la politique étrangère saisissent réellement les enjeux de ces sempiternelles déformations des faits, toujours au détriment de la même minorité. Les autres s’en foutent, se fatiguent rapidement lorsqu’on aborde ces sujets, s’irritent de ce que l’on passe son temps à critiquer leurs journalistes, leur télévision.

 

C’est que le problème est affaire d’un système, le choix des hommes n’en étant que l’élément accessoire. Il découle de ce que l’on a coutume de nommer la politique arabe de la France ; une doctrine en matière de politique étrangère qui avait été mise en place au temps du général de Gaulle, et qui n’a cessé de se renforcer depuis. Il s’agissait, au début, de prendre ses distances avec le petit Etat hébreu et de se rapprocher de la grande sphère arabo-musulmane. Cela a pris du temps mais ça a fini par fonctionner, et par s’auto régénérer, jusqu’à rendre la vie des Juifs invivable dans l’Hexagone. Désormais, pour que cela change, il faudrait définir de nouvelles priorités et défaire des quasi institutions, sans compter des modèles de pensée, et pourvoir au remplacement des servants de cette politique. Il faudrait déplacer Boniface de l’Iris, les Paris de Jérusalem, épurer l’AFP des Schattner et compagnie, France Télévisions des émules de Mazerolle, RFI de Labévière, FR2 d’Enderlin, le Figaro de Saint-Paul, et, surtout, barrer la Rue arabe du Quai d’Orsay et ses centres de formation implantés dans les pays arabes ; transformer cette rue en ruelle, la faire revenir à ses proportions naturelles.

 

Tout cela pour infléchir vers le bas la courbe de l’antisémitisme ? Certes, c’est le seul moyen, mais pas uniquement pour cela ! Aussi parce que la politique arabe de la France a doté le pouvoir d’outils dangereux pour la démocratie, car incontrôlables. Exemple, la politique libanaise de la France : elle n’existe pas ! La conduite des relations entre Paris et Beyrouth durant l’ère chiraquienne n’a jamais été fonction d’aucune perception politique conjoncturelle, pas plus que de l’intérêt général des Français ou des Libanais, mais seulement de l’amitié qui liait les profiteurs Jacques Chirac 1er au directeur général du Liban, l’ex-soi-disant 1er ministre milliardaire, feu Rafic Hariri. Hariri, qui sponsorisait les campagnes électorales de Chirac et achetait les actions des banques que son partenaire venait de re-privatiser après le départ des socialistes et dont personne ne voulait. La politique arabe de la France consistait pour le pensionnaire de l’Elysée à appliquer à notre région la politique que son sponsor lui commandait.

 

Quand Hariri faisait son beurre (beaucoup de beurre !) avec la tyrannie de Damas qui occupait pourtant son pays, offrant aux dictateurs un palais des mille et une nuit dans lequel son assassin, Béchar Al Assad, réside toujours, Chirac défiait le bon sens du monde libre en étant le seul chef d’un Etat occidental à suivre le cortège funéraire de la brute Hafez Al Assad. Avec le concours de l’autre marron de la même fable, Boutros Boutros-Ghali, Chirac ordonnait aux Affaires Etrangères d’organiser et de financer un sommet de la Francophonie très voyant à Beyrouth, devant les gueules des canons de l’occupant syrien qui ne les dérangeaient pas à l’époque.

 

Lorsque Hariri, pour ses affaires, prit ses distances avec Damas, Paris rééquilibra un peu sa politique proche-orientale, et se mit soudain à réclamer à cor et à cris le départ des soldats syriens, en application des résolutions de l’ONU. Et maintenant que l’héritier de Hafez a fait assassiner le pote du président, la France se trouve au premier plan de toutes les initiatives visant à affaiblir le régime des Al Assad et elle se mêle, sans prendre le soin de s’en cacher, de faire choir Emile Lahoud, l’actuel président libanais à la solde de Damas ; un ex-ami de Hariri et donc du clan Chirac.

 

Et alors, demanderont ceux qui s’y entendent à ne rien y comprendre ? Alors rien, juste que la France est une république, et qu’une république ne définit pas sa politique internationale en fonction des intérêts particuliers de ses dirigeants. Sur ce plan, et à cause de ses incohérences, la conduite des affaires de la France, donc de l’intérêt des Français, n’a absolument ni queue ni tête.

 

Revenons aux Juifs et aux méthodes qu’ils ont développées pour soutenir le regard des autres. Un regard chargé de réprobation et de critiques, à cause de la répression inhumaine qu’Israël ferait subir aux Palestiniens, à en croire les journalistes de la promotion "Politique arabe de la France".

 

J’ai relevé chez eux quatre manières de faire face au reproche d’être qui ils sont, d’être responsables de faits sur lesquels ils n’ont pas prise, qui n’ont pas lieu, et qui utilisent les services de quelques journalistes triés pour leur antijuivisme, d’extrême droite, d’extrême gauche, d’ambition extrême ou d’extrême démence pour devenir la norme. Un reproche qui devient toutefois de plus en plus permanent et encombrant dans la vie de tous les jours des Français juifs.

 

Les premiers, les plus nombreux, la jouent couché/caché, le moins juif possible, feignant de ne pas entendre les murmures réprobateurs qui suivent leur passage. Les seconds sont les Juifs fiers de l’être, les résistants, les militants, toujours prêts, à un contre mille et sous les ricanements de leurs concitoyens, certains des certitudes qu’ils voient à la TV et lisent dans Le Monde, à exprimer – avec plus ou moins d’exactitude et de talent – ce qu’ils savent de leur vérité artisanale, mais à jamais incapables de faire dévier conséquemment le courant redoutablement puissant issu des media de masse.

 

Les troisièmes sont les plus lâches, mélange de haine de soi et de leurs origines ; ils devancent l’autocritique que l’on attend d’eux, n’hésitant pas à imputer à leurs frères des meurtres rituels de leur invention, tout droit sortis des cabales tsaristes ou de la propagande nazie. C’est le viol systématique des jeunes filles palestiniennes, pour Sara Daniel, par les soldats de Tsahal, dans le but de les faire exécuter par leurs familles. Le sadisme atavique et la propension à massacrer les plus faibles, les non-juifs, pour Edgar Morin-Nahum. L’espionite et la disposition à la traîtrise, une réécriture modernisée des reproches faits à Alfred Dreyfus, pour Sylvain Cypel. Le complot de l’Internationale juive, pour Dominique Vidal, renaissant de ses cendres chaque fois que l’antisémitisme a besoin d’arguments, et, enfin, l’assassinat sadique des enfants non juifs par Charles Enderlin, véritable pyromane de guerre.

 

Les Juifs du quatrième type ? J’en ai rencontrés avant-hier soir, par hasard, dans un restaurant populaire de Tel-Aviv, Itzik ha-gadol (Le grand Itzik). Cela a commencé par une discussion avec le garçon, trahi par son accent français, puis s’est rapidement répandu à plusieurs tables du bistro, occupées par des dizaines de nouveaux émigrants. Cette fois c’est sûr, France, tes enfants juifs se barrent ! Ceux qui n’ont pas de prédisposition à vivre tapis comme au temps de l’inquisition ; à perdre leurs forces à lutter individuellement contre une politique d’Etat inspirant la haine d’eux, ou à s’automutiler dans le but de se faire accepter, s’en vont. Nul doute que l’assassinat d’Ilan Halimi va accélérer ce mouvement, les Juifs de France n’ayant pas l’intention de risquer leur vie ni celle de leurs enfants, le siècle dernier les ayant rendus prudents.

 

Ce que j’ai observé chez Le grand Itzik ne saurait constituer un encouragement de ma part à l’adresse des Juifs à quitter la France. Pour moi, d’ailleurs, cette émigration est un désastre, comme toutes celles qui se produisent sous la menace et qui cristallisent une rupture et non un choix librement et individuellement élaboré.

 

Mais les Israélites français n’ont nul besoin de mes conseils, étant seuls juges des décisions concernant leur avenir et celui de leurs familles. Pour certains de ceux qui nous écrivent, je sais toutefois que le parti pris contre eux, issu de l’importation bidouillée du conflit proche-oriental dans leur cadre professionnel, a pris des proportions obsessives. Des proportions qui portent atteinte à leur qualité de vie. Pour d’autres émigrants, il s’agit uniquement de s’éloigner des foyers d’incertitude lorsqu’ils ont le loisir de le faire, et cela également procède d’une conception compréhensible de l’existence au XXIème siècle.

 

Ces exemples d’attitudes sont influencés par des situations particulières ; il en va différemment, sans aucun doute, de la situation d’un grand chef d’entreprise et de celle d’un jeune journaliste juif à RFI ou sur ARTE. Que pouvons-nous en dire sur le plan d’une analyse sécuritaire objective ? – Qu’une généralisation des actes de barbarie du type de celui subi par Ilan n’est pas à craindre dans l’immédiat mais que d’autres cas, sporadiques, suivant les mêmes motifs, ne sont pas à exclure. Que le gouvernement français n’a strictement pris aucune mesure se situant en amont de la source d’antijuivisme, qui soit de nature à épurer l’atmosphère et que seule la mise en application des recommandations du rapport Rufin pourrait faire évoluer positivement les choses. Mais ladite application implique un changement d’orientation politique, dont je ne crois pas capable le système chiraquien. Ce d’autant plus que les tordus racistes qui réclament le droit d’évoquer le massacre de Jénine et le caractère sadique par atavisme du peuple d’Israël en public, forts du champ libre que le gaullisme leur a aménagé, ont fait savoir qu’ils n’étaient pas disposés à renoncer volontairement à leurs surprenantes prérogatives.

 

D’aucuns, des deux côtés de la Méditerranée, diront : "où donc est le drame ? Qu’y a-t-il de mieux que de voir les Français de souche à Paris et les Juifs en Israël ?". C’est pourtant là une approche dramatique : les Juifs, depuis deux mille ans qu’ils vivent en Gaule, SONT des Français de souche, qui se sentent forcés, par un mal-être qu’on leur inflige artificiellement, d’abandonner à la fois leur patrie et leur culture.

 

Les Français juifs sont membres d’une minorité qui a fait cent fois plus que son nombre pour faire briller au travers des siècles l’authentique splendeur de leur pays. Ils sont partie intégrante de la communauté française ; essayer d’en séparer le maréchal d’Empire André Massena, Proust, Offenbach, Léon Blum, André Citroën, Barbara ou Gainsbourg, c’est détruire UNE Histoire, commettre un acte de barbarie intellectuelle, une ineptie… Encore, ils ne sont pas sept, mais sept mille, les Français juifs célèbres qui ont participé à modeler la France pour en faire ce qu’elle est aujourd’hui.

 

Ce rappel vaut bien un changement de politique sans doute ? Un changement dont l’espoir existe, constitué qu’il est par l’éventualité de l’effondrement du système chiraquien à l’occasion des prochaines présidentielles.

 

Encore que, remarqueront les antisémites, si on envoyait en Israël les candidats probables à ces élections qui sont d’origine juive, on s’épargnerait toute guerre d’investiture, tant à droite qu’au parti socialiste…

 

 

Fin

 


 

 

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