

Vipères lubriques (2ème partie) (info # 011505/8) Par Stéphane Juffa
|
|
|
© Metula News Agency
Mohamed A-Dura existe, mais ils ne veulent surtout pas le rencontrer !
si
Lundi dernier, à la Cour Suprême de l’Etat d’Israël, la
dépêche de l’AFP
Autre
affirmation de Marius Schattner, autre contrevérité : FR2
aurait obtenu le soutien de la presse israélienne (du Conseil
Israélien du Journalisme). Pour se rendre compte de cette nouvelle
imposture, il suffit de faire l’effort de consulter la troisième page du
mémoire remis aux juges par ce Conseil, à l’article 10 :
"Quant au sujet lui-même, le Conseil du Journalisme est
disposé à accepter la justesse des griefs factuels très
durs de la demanderesse à l’encontre des défenderesses 2 et 3 (France2
et Charles Enderlin. Ndlr).".
Les
représentants officiels des journalistes d’Israël, des
rédacteurs, des éditeurs, de l’organe national de
télédiffusion, des créateurs de documentaires, des
pigistes, de la presse quotidienne, etc. ?
Encore des
ultranationalistes ? Tous des ultranationalistes,
décidément.
Ou
s’agit-il des membres du "complot sioniste", ourdi par des "trafiquants
juifs", "des bourgeois nationalistes", chefs d’accusation retenus
à Prague contre la quasi-totalité des inculpés. 11 sur 14
étaient juifs ! Ca flaire pas bon la brise du matin, mais ça
ramène irrésistiblement à l’accusation de complot proférée
par Enderlin au tribunal, reprise, évidemment, et amplifiée par
Schattner, faisant état d’"une campagne calomnieuse (…) visant
à délégitimer le travail des journalistes couvrant le
conflit israélo-palestinien". C’est vrai, presque tous ceux qui
accusent Enderlin d’avoir participé à la mise en scène de
l’assassinat de Mohamed sont Juifs et sionistes.
C’est vrai
aussi, Marius Schattner vote antisioniste. C’est vrai encore, il use, comme les
communistes de 52, de la racine "nationalistes", pour qualifier les plaignants
et les "comploteurs". Une racine, qui sonne terriblement ringard, et qui
n’a évidemment pas sa place dans une chronique judiciaire couvrant une
procédure où un tribunal se penche sur l’authenticité d’un
reportage d’actualité.
Nationaliste,
a fortiori ultranationaliste, en langage stalinien, cela signifie :
qui commet le crime de placer les intérêts de son pays avant ceux du
monde. L’amalgame explosif "sioniste" + "nationaliste"
participe à la fois d’une insulte politique absolue, ainsi que d’une
activité, ou même d’un postulat intellectuel, qui mènent
à l’échafaud, à Prague, en 1952. Ce, - il peut être
nécessaire de le rappeler, en ces temps où l’histoire se perd - alors
que les
procès étaient truqués, qu’ils furent l’instrument d’une
purge politique par l’assassinat d’Etat, et de l’éviction, à
caractère éminemment antisémite, des Juifs de la
sphère du pouvoir tchécoslovaque. Ce, alors aussi qu’aucun des 14
accusés n’était coupable du moindre crime, qu’ils n’étaient,
plus que probablement, ni nationalistes ni sionistes, et, finalement, qu’être
nationaliste ou sioniste n’a jamais constitué un crime dans l’esprit d’un
individu serein.
Mais pour
les journalistes du stalinisme et ceux qui n’en ont pas guéri, un
nationaliste sioniste est un individu hautement méprisable, qui place le
bien-être d’Israël avant celui de l’univers.
Le lexique
schattnerien, s’il ne brille pas par son intelligence et que le
libéralisme en est proscrit, a au moins le mérite d’être ordonné
et de s’articuler solidement sur des dogmes politiques ayant existé et qui
subsistent encore à l’état de reliques. C’est vrai pour ultranationalistes,
sorti du bréviaire stalinien, c’est vrai aussi pour le terme colonies,
que Schattner emprunte à la vision qu’avaient de la Guerre
d’Algérie les Existentialistes sartro-fanoniens. Et qu’il a su importer
dans le conflit israélo-palestinien, et imposer amplement, certifié
conforme, aux media francophones afin de justifier la barbarie incommensurable des
terroristes islamistes et celui des Tanzim d’Arafat.
Aucun
media sérieux de langue anglaise, aucun dictionnaire, n’a jamais
confondu "settlement", implantation, et "colonie". L’AFP,
quant à elle, TRADUIT "settlement" par "colonie" !
Cela démontre, outre le dogmatisme furieux de Schattner, et son impact
incontestable, l’inculture politique des nouveaux journalistes français
et, chez eux, des traces réfractaires d’un antisémitisme qu’ils
cachent – mal -, à l’instar des staliniens de 1952, sous le dégoût
qu’ils expriment pour le sionisme et le Israéliens.
Il n’est
que de constater que le tract stalinien que le "Milliardaire rouge" a
fait passer pour une dépêche à l’AFP a
été repris – sans savoir ce qu’ils faisaient ! – par une trentaine
de media – dont des majors – et des sites Internet, jusqu’à
ce matin.
Quant
à Enderlin, il est pathétique dans sa tentative d’attirer la
sollicitude sur sa personne en diluant notre accusation de faussaire, fauteur
de guerre, dans la "délégitimation du travail" de nos
confrères. Les journalistes israéliens et étrangers couvrant
le conflit israélo-arabe ne sont, heureusement pour la profession, pas
des metteurs en scène d’assassinats composés.
Si Mohamed A-Dura frappait
à votre porte
Le
caractère insultant, péremptoire, orienteur et mensonger du
câblogramme de Schattner ramène également vers un dilemme
de fond : la rivalité inconciliable existant entre la vérité
symbolique et la vérité factuelle. Durant les Procès de
Prague, les enquêteurs et les commissaires politiques, usant de la
torture, comme celle consistant à empêcher les accusés de
s’arrêter de marcher, sont parvenus à leur faire admettre qu’il
existait une vérité supérieure à la
vérité perceptible. Que la vérité factuelle, la
vérité vécue par les inculpés, était une
vérité petite bourgeoise et égoïste, qui portait
atteinte à l’intérêt supérieur, de l’Etat, du
communisme, de la nation, du monde.
Schattner
n’a mené aucune enquête sur les événements du
carrefour de Nétzarim, il n’empêche qu’il connaît la
vérité de manière intuitive mais néanmoins "certaine".
Au point d’insulter ceux qui n’entrent pas dans sa réflexion
assurément totalitarienne.
| |
 |
Vipères lubriques (1ère partie) (info # 011405/8) Par Stéphane Juffa
|
|
|
© Metula News Agency
On peut donc demander aux juges de rentrer chez eux ou de bien se tenir !
si
Le Who is who et l’enjeu
Lundi, la
Cour Suprême de l’Etat d’Israël se penchait sur la demande de
l’étude d’avocats, Israel Law Center – Shurat ha-Din de
Tel-Aviv, qui réclame à la Justice de révoquer les accréditations
de Charles Enderlin et de Talal Abou Rahma, qu’elle accuse d’avoir mis en
scène l’assassinat de Mohamed A-Dura, le 30 septembre 2000, à
l’ex-carrefour de Nétzarim, dans la bande de Gaza.
Les trois
défenderesses à cette procédure sont le Bureau
Gouvernemental du Journalisme (Lem en hébreu, GPO, en
anglais), représenté par le Parquet de l’Etat [1], la
chaîne de télévision France 2, et Charles Enderlin.
D’autre
part, le Conseil Israélien du Journalisme a prié la cour, sur la
base d’un document de sept pages, d’être admis dans le débat en
qualité d’"ami du tribunal". Il s’agit d’une procédure
autorisée par la loi israélienne, selon laquelle un parti se
considérant concerné par une action judiciaire dans laquelle il
n’apparaît pas peut demander à faire entendre sa voix.
La FPA,
l’association de la presse étrangère en Israël, a
également sollicité le statut "d’ami du tribunal". A la
veille de l’audience, cette association, qui regroupe nombre de correspondants
permanents dans le pays, a envoyé des mails à divers
journalistes, leur demandant de montrer leur solidarité pour Enderlin en
se rendant lundi au palais de justice.
Les
débats étaient publics. Après avoir entendu les partis, le
tribunal a interrompu la séance afin de se prononcer, à une date
ultérieure, sur la question de savoir si l’affaire qui lui est soumise
relève de sa compétence.
L’audience
d’avant-hier a fait l’objet d’une couverture proportionnée dans les
media israéliens et étrangers, et a notamment suscité un
sujet sur au JT de la chaîne publique de la télévision
israélienne.
L’Aveu
L’audience
a également donné prétexte au bureau de l’AFP de
Jérusalem de publier une chronique judiciaire. France Presse avait
même sorti l’artillerie lourde, puisque Marius Schattner, que nous tenons
pour le théoricien de la ligne éditoriale de l’officine
française dans le traitement du différend israélo-arabe,
est personnellement monté aux barricades, le stylo au bout du fusil.
C’était
la moindre des choses pour tenter de contrer les démonstrations circonstanciées
contenues dans les articles que la Ména est amenée
à consacrer au camarade de lutte Charles Enderlin, tant à propos
de son rôle dans la Controverse de Nétzarim, que pour les
reportages discutables qu’il n’a cessé de proposer depuis lors.
A lire la
dépêche de Schattner, on se prend à penser qu’il est
toutefois plus efficace dans le rôle de tireur de ficelles, à
l’arrière-plan, qu’en qualité de journaliste-militant au front. Sa
dépêche est en effet terrrrible. A sa lecture, je me suis
trouvé téléporté, contre ma volonté, dans le
temps, en 1952, à l’époque des Procès de
Prague.
Non que ce
qui s’est passé à l’intérieur du prétoire
ressemblât un tant soit peu aux tragiques parodies de procès qui
se déroulèrent alors sur les bords de la Vltava. Entendons-nous
bien, la Cour Suprême d’Israël est, tout au contraire, un sanctuaire
internationalement reconnu pour la justice d’équité qui y est
rendue.
Il n’y a
que quelques sectes religieuses juives edennistes qui contestent sa
manière de juger, lui préférant, on s’en serait
douté, la justice hilkhatique. De même, quelques
députés de droite et le ministre actuel de la Justice, qui
considèrent que le Bagatz – c’est son nom en hébreu –
mène une politique juridique interventionniste au niveau du travail des
législateurs. Mais dans le fond, même les organisations
terroristes palestiniennes, qui ont parfois recours à la Cour
Suprême en appel du procès de leurs membres, montrent un respect certain
pour son objectivité.
Si je me
suis irrésistiblement senti happé par l’atmosphère de l’Aveu,
le chef d’œuvre de Costa
Gavras, dans lequel Yves Montand a probablement tenu le meilleur rôle
de sa carrière, c’est en me souvenant de la couverture médiatique
qui entoura, à l’Est et au parti communiste, les procès de
Prague. Certes je n’étais pas né à l’époque, mais
j’ai consacré plusieurs années de mon apprentissage de
journaliste à l’étude de ces événements, me
rendant, pour ce faire, à de nombreuses reprises dans la capitale
tchèque, à l’époque de l’occupation soviétique.
Or dans la
dépêche de l’AFP de lundi, on retrouvait totalement l’air
de la Pravda en 1952. Dois-je préciser que je ne me permettrais
pas de slogan de supermarché à une heure aussi grave pour
l’auteur du communiqué, son employeur, mon métier et la France. Il
faut lire le papier de Schattner pour ressentir l’effroi glacial du
totalitarisme qui l’habite. Rien n’y manque à la couverture stalinienne
d’une audience de tribunal : Schattner, se postant en chien de garde de la
justice, s’y autorise à s’asseoir à la place des juges pour
affirmer la "vérité", bien avant que la justice ne se
prononce.
Dès
la première ligne de son texte, il martèle, comme un fait
avéré et indiscutable, que Mohammed al-Doura est mort, et que
l’enfant décédé avait douze ans. Schattner qualifie les 55
secondes de mauvais cinéma amateur, dans lesquelles font cruellement
défaut tous les signes connus témoignant de la mort violente d’un
être humain, d’"images poignantes". Il affiche, tel un indice
d’authenticité, que lesdites images ont été retransmises
en boucle par les télévisions du monde entier, alors que, ce qui
vaut justement à FR2 d’être convoquée devant la Cour
Suprême, c’est le doute, huit ans après les faits, selon lequel la
chaîne française aurait propagé gratuitement un faux aux
quatre coins de la planète.
Dans le
premier paragraphe de l’article diffusé avant-hier par l’AFP,
cette agence se départit de toute la réserve et de toute
velléité de recherche d’objectivité que l’on peut attendre,
en la circonstance, de l’organe semi-officiel d’information d’un grand Etat européen.
Avant même de parler du procès, celui que, dans les cercles de
journalistes à Jérusalem, on appelle, à tort ou à
raison, le Milliardaire rouge, fait dans le militantisme à outrance, abandonnant
jusqu’aux formes du journalisme à l’occidentale : l’enfant est mort, sa
mort a été filmée.
On peut donc
demander aux juges de rentrer chez eux ou de bien se tenir !
Ce n’est
déjà presque plus une chronique juridique. Au second paragraphe,
ça n’en est plus du tout, lorsque le confrère qualifie le
cabinet d’avocats qui a saisi le tribunal de "cabinet d’avocats
ultra-nationalistes (sic)".
C’est la
première fois, dans ma carrière de journaliste, que je vois, dans
une dépêche d’agence, que l’on attribue une coloration politique
à… un cabinet d’avocats. "Ultranationalistes" signifiant,
en l’espèce, des avocats qui, par des voies extrêmes, entendent
imposer la prédominance de la nation à laquelle ils
appartiennent.
Pour les lecteurs
non engagés à la LCR ou au FN, cette définition,
appliquée à des hommes de robe, demeure totalement absconde. Du
reste, le scribe de l’AFP ne se fend d’aucune explication pour justifier
l’adjectif démesuré qu’il emploie, ce qui, en principe et en
droit, en fait une insulte. On n’est plus en chronique, en revanche, on se
retrouve au faîte du péremptoire, du journalisme dogmatique et
totalitariste, de la Pravda de la période stalinienne.
Quel
journaliste français, lisant cet oukase produit par l’AFP, se
donnera-t-il la peine de feuilleter le mémoire présenté
à la cour par ces avocats fascisants ? Le mémoire, l’objet
même de la procédure, non la gueule des plaignants ! Dommage,
la plainte est bien argumentée, riche en faits,
équilibrée, au point de générer le doute chez les
juges. Le procureur de l’Etat, qui expliquait au tribunal que le GPO se trouve
dans l’incapacité légale de retirer des cartes
d’accréditation des mains de journalistes en l’absence d’une
décision de justice, se trouve interpellé par un juge :
au-delà de cet aspect des choses, le reportage de France2
procède-t-il d’une mise en scène oui ou non ?
| |
 |


Le livre qui dérange l’Amérique (info # 011205/8) Par Sébastien Castellion
|
|
|
© Metula News Agency
si
La barrière de la langue est la plus insurmontable pour les
idées nouvelles. Depuis bientôt six mois, le premier livre de
Jonah Goldberg, Liberal Fascism (Doubleday, 2007), provoque des
débats et influence la réflexion politique en langue anglaise,
sans que le moindre écho de ces disputes ne soit, à ma
connaissance, apparu en français.
Le caractère novateur du livre de Goldberg – dont le titre
signifie littéralement « Fascisme de gauche », mais serait
mieux traduit par « Le fascisme et la gauche » – est d’autant
plus frappant qu’il ne s’appuie sur aucune recherche historique de
première main. Goldberg s’est contenté de relire – dans le
détail – les sources historiques disponibles. Il y a trouvé des
textes sans appel, délibérément négligés par
la plupart des historiens, qui obligent à repenser entièrement la
présentation habituelle du fascisme.
Pour Goldberg, deux erreurs majeures accompagnent les descriptions du
fascisme.
La première erreur a été de
réinterpréter trop largement le mot « fascisme » pour
l’appliquer à tout ce que l’on trouve indésirable – ou, plus
exactement, « tout ce que la gauche n’aime pas ». Des
personnalités américaines ont ainsi qualifié de
« fasciste » le pouvoir des entreprises privées sur la
société, alors que le fascisme historique a toujours
imposé aux entreprises de servir les intérêts de l’Etat. A
l’inverse, des comportements objectivement proches du fascisme historique ne reçoivent
pas cette qualification lorsque, pour une raison ou pour une autre, leurs
auteurs sont respectés ou populaires ou s’ils font partie d’une
coalition politique de gauche. Goldberg cite l’exemple, assez difficilement
contestable, d’importants groupes de représentation des Hispaniques
américains, dont l’un a adopté pour slogan « tout pour la
race, rien en-dehors de la race » tandis que l’autre s’appelle tout
simplement « La Race » (La Raza).
Le renversement du sens des mots provoque des situations assez paradoxales.
Par exemple, un dictateur totalitaire et corporatiste comme Castro, très
proche du modèle historique du fascisme, ne se verra jamais
qualifié comme tel. A l’inverse, des dirigeants respectueux de la
démocratie et soucieux de réduire le rôle de l’Etat (deux
choses qui les opposent directement à tous les fascismes), comme
Thatcher ou Reagan, se sont vus régulièrement accuser de fascisme
par des esprits pourtant cultivés et sophistiqués.
Pour sortir de cette confusion, Goldberg propose, sinon une
définition unique, du moins une série d’indices qui permettent de
reconnaître les mouvements fascistes. Le fascisme n’est pas « tout
ce que la gauche désapprouve » : il est un mouvement politique
totalitaire et national (mais pas toujours nationaliste), qui cherche à
surmonter les divisions nationales en imposant, par la force, une
solidarité dont les termes sont imposés par l’Etat. Il est
opposé à tous les contre-pouvoirs – économiques, familiaux
et religieux, par exemple – qui limitent le pouvoir de l’Etat sur l’individu. Pour
cette raison, il est également hostile à un usage excessif de la
raison et lui préfère le culte de l’action : le
raisonnement, après tout, provoque des débats et des opinions
divergentes, dangereuses à la fois pour l’unité nationale et pour
le pouvoir des gouvernants. Enfin, le fascisme n’est pas toujours opposé
aux élections – mais seulement à condition que ces
élections produisent le résultat attendu, sans quoi elles seront
truquées ou annulées. Goldberg multiplie les exemples éclairants
d’interventions de l’Etat, dans l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste, dans
des domaines précédemment considérés comme
privés : qualité de la nourriture, organisation des
relations entre patrons et employés, etc.
Au-delà de ces points communs, le fascisme peut varier d’un pays
à l’autre dans le détail de son idéologie. Le
national-socialisme allemand était antisémite et
génocidaire, mais le fascisme italien ne l’était pas. Le
franquisme espagnol était catholique ; le national-socialisme
était fermement anti-chrétien.

Jonah
Goldberg remet à l’heure les pendules de l’histoire
Après avoir rétabli une définition à peu
près rigoureuse du fascisme, Goldberg passe à la deuxième
– monumentale – erreur historique qui entoure sa présentation. Parce que
le fascisme est devenu, à la fin des années 1930 et 1940, l’objet
d’une hostilité profonde de la gauche européenne, il est encore
aujourd’hui présenté comme un mouvement de droite. Or, Goldberg
démontre de manière incontestable que ses origines
intellectuelles sont profondément ancrées dans la gauche et dans
l’hostilité au conservatisme.
Mussolini était, avant la Première guerre mondiale, une
étoile montante du socialisme italien, rédacteur en chef du
journal officiel du parti, Avanti !. Expulsé du parti pour avoir
pris parti pour la guerre, il était loin d’être le seul socialiste
belliciste en Europe (les députés socialistes allemands, par
exemple, votèrent les crédits de guerre). Son
hérésie était donc bien limitée, et sa
dernière déclaration après son expulsion fut :
« je suis et resterai socialiste et mes convictions ne changeront
jamais ».
Le national-socialisme allemand – comme son nom l’indique – avait, lui
aussi, ses sources intellectuelles à gauche, même si Goldberg
estime qu’Hitler lui-même n’avait pas d’idéologie bien
définie, à l’exception de sa haine meurtrière des Juifs. La
montée des nationaux-socialistes au pouvoir s’est appuyée sur une
rhétorique anticapitaliste et antibourgeoise constante et manifestement
sincère.
Le programme du parti d’Hitler, en 1920, co-rédigé par
Anton Drexler et Hitler, et porté en annexe au livre de Goldberg,
appelait notamment à une réforme agraire, à la
confiscation des profits de guerre, au partage des profits économiques
avec les travailleurs, à l’augmentation des prestations sociales et
à l’interdiction du travail des enfants.
L’origine du fascisme à gauche ne diminue en rien la
gravité du schisme qui l’a séparé de sa famille d’origine,
d’abord graduellement, pendant les années 1930, puis
définitivement, pendant la Seconde Guerre Mondiale. Les mouvements de
gauche non fascistes ont choisi soit le camp des démocraties, soit celui
de l’URSS (deux camps qui se trouvaient momentanément alliés) et
le fascisme est devenu l’ennemi irréductible de la gauche occidentale.
Goldberg ne nie pas l’importance de cette séparation. Il montre
cependant que l’existence d’une origine commune est très visible,
jusqu’au début des années 1930, par les signes de respect et de
sympathie mutuelle que s’adressaient les deux camps. Le grand penseur
socialiste anglais George Bernard Shaw exprima son admiration pour Mussolini
puis Hitler – avant de se ranger derrière… Staline. L’écrivain et
socialiste américain H.G. Wells appelait encore, en 1932, les
progressistes américains à se comporter en « fascistes de
gauche » et en « nazis éclairés », sans
que personne n’y ait trouvé à redire. W.E.B DuBois, grande figure
de la gauche américaine et précurseur du mouvement de
libération des Noirs, faisait encore un éloge nuancé de
l’Allemagne hitlérienne en 1937. Et ainsi de suite.
L’auteur montre une coexistence étroite entre idéaux de
gauche et idéaux fascistes – une sorte de source commune aux deux
idéologies – dans la présidence de guerre de Woodrow Wilson, puis
dans l’action économique de Franklin D. Roosevelt, au cours du New Deal
des années 1930.
Wilson et son mouvement de « progressistes » partageaient
avec les fascistes le mépris des contre-pouvoirs inscrits dans la
Constitution américaine et l’éloge du chef, qui, selon ses
propres mots, « utilise les masses comme des outils … il fournit le
pouvoir, les autres fournissent seulement la matière sur laquelle
ce pouvoir agit (…) les hommes sont de l’argile dans les mains du chef habile »
(W. Wilson, Les dirigeants, 1890).
Devenu Président, Wilson fut fidèle à ses
principes. Après l’entrée en guerre de l’Amérique en 1917,
les lois sur l’espionnage et la sédition, de 1917 et 1918, permirent
d’emprisonner l’auteur de toute critique du gouvernement, même
prononcée dans sa propre maison. Une police secrète de 250.000
membres, la Ligue de Protection Américaine, ou APL, fut
créée pour surveiller la population et faire rapport sur les
comportements suspects. Environ 175 000 Américains furent ainsi arrêtés,
et plusieurs milliers envoyés en prison, pour avoir manqué de
patriotisme en paroles ou en actes. Il y a donc une certaine ironie à ce
que la gauche américaine d’aujourd’hui, qui prétend craindre le
recul des libertés publiques sous Bush, continue à honorer en
Woodrow Wilson, l’un des ses pères fondateurs.
| |
 |
Le refus du travail de mémoire (info # 011105/8) Par Guy Millière
|
|
|
© Metula News Agency
si
Il reste beaucoup de chemin à parcourir pour l’Europe…
Me rendant, le 1er mai dernier, à Radio J, rue des Rosiers
à Paris, où Michel Zerbib m’avait invité à m’exprimer,
je suis passé devant le Mémorial de la Shoah. Les
cérémonies organisées à la mémoire des
victimes juives de la barbarie nazie avaient commencé, à Yad
Vashem, la veille au soir. Le matin même, les sirènes avaient
retenti dans tout Israël et la population s’était, comme chaque
année, figée dans le recueillement.
A Paris, on énonçait les noms, parfois les âges des
victimes françaises de l’Holocauste : des enfants de quatre ou cinq ans,
des familles entières. Je suis resté quelques instants, les yeux
tournés vers le sol. M’habitait l’immense sentiment de honte qui
s’empare de moi dès que je suis conduit à penser à ce qui
s’est passé, voici quelques décennies à peine, au
cœur d’un continent qui se prétend parfois être celui de la civilisation.
Je n’étais pas né quand le Crime s’est produit, mais
combien de Français n’ont rien fait et n’ont rien dit, combien ont
collaboré, activement ou passivement ? Il y a eu ceux qu’on appelle les Justes,
je sais. Mais cela ne compense pas. Rien ne peut compenser ce qui n’est pas
compensable. Je ne puis comprendre, jusqu’à ce jour, comment tant de
gens de ce pays ont pu vivre leur vie tandis que d’autres, juste à
côté d’eux, se trouvaient broyés, peu à peu, par
l’engrenage infernal qui allait les emporter. Je ne peux admettre,
jusqu’à cette heure, que certains se soient rendus dans un jardin
public, dans une salle de spectacle, ou dans quelque autre lieu alors
qu’à l’entrée il était écrit : « Interdit aux juifs
».

Je trouve moralement inadmissible que ce soit en Israël seulement
qu’on rende hommage et qu’on se souvienne des victimes, alors que dans les pays
où le Crime s’est commis, on ne respecte pas même trente secondes
de silence.
Il y a pire. La rue Geoffroy L’Asnier, où se trouve le Mémorial, était
condamnée, ce jour là, par des barrières de
sécurité. Des policiers veillaient, mais aussi des agents de
sécurité. Un rassemblement paisible de gens, venus entendre des
noms, songer à des êtres humains assassinés de façon
aussi effroyable pourrait-il tenter des agresseurs, donner des idées
d’attentats ? Je sais, hélas, que la réponse est : oui.
Je sais que la haine ancienne n’a pas disparu des cœurs et des
esprits et qu’est venu se mêler à elle un afflux de haine
renouvelée. Je sais que devant chaque école juive, chaque centre
culturel hébraïque, chaque synagogue, il existe des mesures de
précaution qu’on ne rencontre devant aucune autre sorte d’édifice
dans ce pays. Je sais que ce qui se constate en France se constate ailleurs en
Europe, sans que cela ne semble scandaliser quiconque un seul instant.
Je sais aussi que la haine des antisémites se confond souvent
désormais avec celle d’Israël, et que cette haine elle-même
ne dit pas toujours son nom. C’est très tendance, en Europe,
aujourd’hui, d’être « antisioniste ». C’est très
branché de plaindre ces pauvres Palestiniens qui sont victimes
des Juifs, bien sûr (ô pardon : des Israéliens), et pas du
tout la proie de fanatiques ou de dirigeants crapuleux.
| |
 |
Le Liban a perdu Beyrouth (info # 011005/8) Par Michaël Béhé à Beyrouth
|
|
|
© Metula News Agency
Les Libanais non chiites – environ 65% de la population – sont désormais encerclés et coupés du monde extérieur [en photo, Hassan Nasrallah, patron du Hezbollah]
si
Le Hezbollah a gagné la guerre de Beyrouth au terme de 48 heures de
combats seulement. Au milieu des palabres et des menaces d’intervention
occidentales, c’est d’abord ce qu’il faut froidement retenir de la situation.
Dans les
faits, les miliciens de Nasrallah ont pris d’assaut et enlevé toutes les
régions sunnites, situées principalement à l’ouest de la
capitale. La plus grande résistance des partisans armés de Saad
Hariri a été opposée à Hamra, Al Mazraa et Ras El
Nabeh. Ces derniers n’ont toutefois pas fait le poids face aux combattants
chiites de l’organisation Amal et du Hezbollah, puissamment armés par la
Syrie et l’Iran. Les quelques centaines de miliciens sunnites, uniquement
dotés d’armes automatiques, ont été submergés par
environ 5 000 ennemis, disposant de grenades antichars, de jeeps
surmontées de mitrailleuses lourdes et d’artillerie
légère.
Ce samedi
matin, en plus de leurs fiefs de la périphérie sud, les
prosyriens occupent tout l’ouest de Beyrouth, jusqu’au Grand Sérail,
siège du gouvernement, où se sont retranchés le 1er
ministre Fouad Siniora ainsi qu’un certain nombre de ses ministres.
Le chef de
la communauté druze, Walid Joumblatt, qui a refusé de quitter
Beyrouth pour se réfugier dans sa montagne, se trouve encerclé
par les miliciens chiites dans le secteur de Clemenceau, de même que le
chef de la majorité parlementaire, Saad Hariri, qui est
assiégé au château de Koraytem.
L’armée
libanaise s’est, en outre, disposée en ordre de défense autour de
Tarik Jedideh, la seule poche sunnite de Beyrouth qui n’ait pas
été prise par les prosyriens.
De sources
proches de l’armée et des ambassades occidentales, nous avons appris que
le Sérail et les résidences de Joumblatt et d’Hariri
étaient considérés comme des sanctuaires
protégés par une "ligne rouge" virtuelle. Dans le
désastre ambiant, on ne sait pas exactement ce que cela signifie, ni jusqu’à
quel point il s’agit d’une garantie fiable.
Il est
important de signaler aux non Libanais que les combats n’ont, jusqu’à
maintenant, opposé que les miliciens musulmans – chiites-sunnites – entre
eux et que les supplétifs de Damas et de Téhéran ne se
sont pas attaqués aux quartiers chrétiens de la capitale,
situés à l’est et au nord de celle-ci. Le Hezbollah n’a pas non
plus agressé frontalement les miliciens druzes du PSP de M. Joumblatt. Des
combats ont cependant été signalés, ce matin encore, dans
la région de la ville druze de Aley, entre des combattants du PSP et
ceux d’un mouvement druze prosyrien, allié du Hezbollah, aux ordres de l’émir
Talal Arslan. Ces affrontements ont fait plusieurs morts dans les deux camps.
Les
miliciens chiites ont par ailleurs saccagé, pillé et
incendié le siège de la Télévision du Futur de
la famille Hariri. Ils se sont également emparés des autres media
de la communauté sunnite, enjoignant aux journalistes d’abandonner leurs
postes.
A Ramlet
El Baïda, les miliciens du Parti Syrien National Social ont pillé
et saccagé la Fondation Hariri. Dans toutes les zones qu’ils ont
occupées, les combattants chiites ont déchiré les posters
du 1er ministre Rafic Hariri, assassiné sur l’ordre de Damas,
et ont déployé à leur place des portraits du
président syrien Béchar Al Assad et de feu son père Hafez.
En fin d’après-midi d’hier (vendredi), les prosyriens ont fêté
leur victoire en organisant des défilés militaires improvisés
en plusieurs points de Beyrouth. Le plus important a été vu dans
l’artère principale de Hamra, où les miliciens ont
défilé sur leurs jeeps, à contresens de la circulation
habituelle et en tirant en l’air.
La
défaite des Haririens est consommée et il convient de tirer
rapidement les premières conclusions de la nouvelle situation. L’élément
le plus marquant réside en ce que les Libanais non chiites – environ 65%
de la population – sont désormais encerclés et coupés du
monde extérieur. Le seul moyen de transport qu’il leur reste est
constitué par les bateaux faisant la liaison avec Chypre depuis les
ports chrétiens.
Quant aux
organisations prosyriennes, au contraire, elles disposent désormais de l’aéroport
international, pourtant déclaré "zone frontière"
dans la résolution 1701 du Conseil de Sécurité, et contrôlent
également la route Beyrouth-Damas, ce qui leur assure un
approvisionnement illimité en renforts et en armes. D’autre part, Amal
et le Hezb trônent sur toute la région s’étendant, par le
bord de mer, de la capitale au contingent de l’ONU, à une quinzaine de
kilomètres de la frontière israélienne. Dans ce secteur,
pour bien faire voir leur domination, ils ont pris d’assaut la résidence
du dirigent spirituel chiite de la ville de Tyr, qui s’opposait à la
ligne suivie par le Hezbollah, l’ont démis de son autorité et l’ont
remplacé par un cheikh acquis à leur cause.
Autre
sujet d’inquiétude : l’armée. Au prétexte de ne pas
se désintégrer en factions ethniques, elle n’est nulle part
intervenue dans les combats, se contentant de marquer sa présence
passive dans le sillon du Hezbollah. Plusieurs dirigeants du mouvement du 14
mars, réunis d’urgence chez le chef des Forces Libanaises
chrétiennes Samir Geagea, à Maarab, ont dénoncé la
collusion évidente entre l’armée et les prosyriens, soulignant
que les militaires n’avaient pas rempli leur fonction consistant à
préserver la paix intérieure ainsi que les minorités
agressées.
Force nous
est, ce samedi, de constater de visu que l’état major de l’armée
fait très bon ménage avec les miliciens chiites, et qu’ils se
partagent harmonieusement l’occupation des zones conquises par les barbus,
armés jusqu’aux dents, vêtus de noir, le front ceint d’un turban
jaune, de Hassan Nasrallah.
| |
 |
Par le mensonge et la manipulation (info # 010905/8) Par Stéphane Juffa
|
|
|
© Metula News Agency
Des dizaines de milliers de Palestiniens sont soignés chaque année dans les centres médicaux de l’Etat hébreu (en photo, Charles Enderlin)
si
Certes,
nous recevons des appels inquiets de nos correspondants à Beyrouth, nous
informant que le pays aux cèdres est en train de sombrer dans une guerre
civile totale, et que le Hezbollah contrôle désormais le Sud et
l’Ouest de la capitale libanaise. Il y a également le scandale financier
au centre duquel se débat le 1er ministre israélien,
Ehoud Olmert, qui retient notre attention, mais c’est à un reportage du
JT de France2 d’hier soir (jeudi) que notre rédaction a
décidé de consacrer l’article de ce jour.
La raison
de notre choix ? Ce qui s’y est dit est très grave. Cela
procède d’un travestissement inacceptable, non seulement de la
vérité, mais encore de l’œuvre et des initiatives
d’individus qui nous semblent en tous points remarquables, et que les
téléspectateurs français ont été invités
à prendre pour ce qu’ils ne sont pas.
Le sujet
du 60ème anniversaire de l’Etat d’Israël était
déjà mal parti dans le JT présenté par David
Pujadas. On y vit, l’espace de quelques secondes, des images de l’accident d’un
parachutiste sur la plage de Tel-Aviv. Ce malheureux homme volant, poussé
vers l’Est par des vents plus violents que prévus, a été
l’auteur d’un atterrissage dramatique sur la foule. Bilan : dix personnes
blessées, le parachutiste, qui est moyennement atteint, et trois
spectateurs qui se trouvent, ce vendredi, dans des conditions jugées
sérieuses par le personnel médical.
Or les
images de FR2 ont montré l’accident, mais Pujadas, qui
n’était visiblement pas au courant de ce qu’elles illustraient, a fait
un commentaire généraliste, parlant des festivités du Jour
de l’Indépendance.
Il s’agit,
plus que probablement, d’une erreur non intentionnelle, qui, néanmoins,
traduit la légèreté et l’indolence avec lesquelles les
sujets traitant d’Israël sont montés sur la chaîne publique
d’information tricolore.
Le sujet-Israël
s’est poursuivi avec un reportage de Charles Enderlin, consacré aux
soins apportés par l’admirable association israélienne des Médecins
pour les droits de l’Homme à des patients palestiniens,
situés dans des villages reculés et privés d’attention
médicale spécialisée.
Le choix
du sujet était certes digne d’intérêt, mais on ne peut pas
s’empêcher d’observer, qu’en ce jour où Israël fêtait
le 60ème anniversaire de son existence, il ne pouvait
symboliser à lui seul, ni l’expérience israélienne, ni les
réalisations de l’Etat hébreu, non plus que les sentiments et
pensées de 7.3 millions de personnes en train de célébrer
leur liberté.
Soixante
ans d’Israël, ce n’est pas que le différend avec les Palestiniens,
ni les problèmes de santé que ces derniers rencontrent. Enderlin
avait toutefois choisi de traiter, c’est une déviance que l’on retrouve
fréquemment chez lui, une réalité particulière du
pays dont il est citoyen. Une réalité qui demeure marginale, mais
qui donne prétexte à de nombreuses critiques de la
société et de l’establishment israéliens. Happy birthday
to you !
Encore
eût-t-il fallu qu’Enderlin parlât fidèlement des objectifs
et des réalisations de cette association de médecins, ce qui,
vous allez vous en rendre compte assez vite, fut loin d’être le cas. Médecins
pour les droits de l’Homme compte un millier de docteurs volontaires – un
chiffre en tous points considérable, qui n’a pas retenu l’attention de
l’imposteur de la Controverse de Nétzarim – qui passent
fréquemment leurs week-ends à prodiguer des consultations gratuites
au fin fond de la Cisjordanie.
Sur le
film de la chaîne publique française, on voit, initialement, le
docteur Rafi Walden administrer des soins à un Palestinien sur le bord
d’une route de campagne. On retrouve ensuite le Dr. Walden dans une maison du
village arabe de Bet Dajan, livré aux praticiens israéliens et
à des dizaines de patients faisant la queue dans l’attente de leurs attentions.
Le Dr.
Walden s’adresse aux malades en hébreu. On entend le début de
l’une de ses phrases, dont la fin est couverte par la traduction
française d’Enderlin. Le spécialiste israélien des
affections vasculaires dit, littéralement, d’après la
traduction : "Nous sommes venus exprimer notre solidarité avec
le peuple palestinien et son combat".
Son
combat ? Les Qassam sur Sdérot et les terroristes suicidaires
venant se faire exploser dans les restaurants et les bus des villes
israéliennes ? Cela ne correspondait en aucun cas avec la
description apologétique – et méritée ! - que
m’avaient fait de Rafi Walden certains de ses confrères que je fréquente
de longue date. Aussi, connaissant les manipulations de DVD que l’on peut
réaliser lors du montage d’un sujet, et sachant ce dont est capable l’inamovible
correspondant de FR2 à Jérusalem, je décidai
d’appeler ce matin le Dr. Walden à son domicile.
Il n’avait
pas eu l’occasion de visionner le JT de France2 ; je lui
répétai donc, mot pour mot, au téléphone, le
commentaire que Charles Enderlin lui avait prêté. "Je n’ai
pas pu dire une chose pareille", fut la réaction immédiate de
mon interlocuteur, "je suis un fervent patriote israélien,
très au fait des dangers sécuritaires posés par des
Palestiniens", poursuivit-il. "Il y a des raisons à cela, non
seulement j’ai fait mon service militaire dans les parachutistes, mais il
m’arrive fréquemment, à l’Hôpital Sheba de Tel Hashomer, de
soigner les blessés des attentats perpétrés par des
terroristes".
"Ce
que j’ai pu dire", continua Walden, "c’est qu’à Médecins
pour les droits de l’Homme nous luttons pour les droits des Palestiniens
à avoir accès aux soins". Pour éviter tout
malentendu, je répète lentement et distinctement la phrase qu’il
vient de me soumettre et le médecin approuve.
Les Médecins
pour les droits de l’Homme, outre les soins qu’ils prodiguent dans
les zones éloignées de l’Autorité Palestinienne, exercent
un travail de lobby louable sur les autorités militaires afin que les
Palestiniens nécessitant des soins urgents ou approfondis ne soient pas
empêchés de se rendre dans des hôpitaux israéliens.
Le Dr. Walden me cite le cas d’une Palestinienne âgée, qu’un jeune
soldat a refoulée à un barrage, à deux reprises, et qui
est décédée d’une crise cardiaque lorsqu’elle eut
réintégré son domicile. Mais le médecin, qui est
tout sauf naïf, me rapporte également des cas de terroristes,
porteurs de faux certificats médicaux, qui tentent de franchir les mêmes
barrages pour déposer leurs bombes à Tel-Aviv.
Rien de
tout cela n’existe dans le reportage d’Enderlin. Rafi Walden y soutient
"le combat du peuple palestinien" ; difficile, en tous cas de
défigurer à ce point la réputation et le patriotisme d’un
médecin israélien d’exception, honnête et
dévoué corps et âme à son art et à toutes les
personnes qui en ont besoin. Un docteur qui n’a pas hésité, voici
quelques semaines, à sauter dans le premier avion, à ses frais,
pour partir sauver la vie d’une jeune fille, hospitalisée en Espagne, et
qui n’était même pas israélienne.
Le
reportage de FR2 ne fait aucune mention des soins, à très
grande échelle, apportés à la population palestinienne par
tout le reste de l’institution médicale israélienne, y compris
militaire. A regarder le documentaire d’Enderlin, les
téléspectateurs français vont croire que l’action des Médecins
pour les droits de l’Homme est exceptionnelle et unique. A trois ou quatre
reprises, des figurants du film parlent de ces Israéliens-là,
différents des autres, qui ne sont pas forcément méchants (à
notre instar ?).
C’est le
cas d’un transplanté cardiaque palestinien, traité à
Tel-Aviv, qui déclare au micro de FR2 "Il y a des
Israéliens qui traitent humainement les Palestiniens (…) d’autres
veulent nous faire partir". Partir où, Ahmed Shahar ? Charles
Enderlin ?
| |
 |

|
Par le mensonge et la manipulation, par Roxane Mudejar
Merci à Stéphane Juffa pour son analyse détaillée et pertinente.
Ah... si la Ména n'était pas là, cette agression télévisuelle de Franz Zwei contre l'Et... suite...
|


Rechercher un article :
|


accédez en pressant [ici] au grand débat
- Commentez les articles
- Donnez votre opinion
- Communiquez
|


Nouveau
Système préférentiel de paiement de l'abonnement :
par carte bancaire,
auprès de la Royal Bank of Scotland,
hautement sécurisé,
en français,
pour accéder presser [ici]
Vous pouvez également adresser le montant net de vos abonnements, par chèque à Metula News Agency S.A
c/o Larry Joffe Acting
7, Rue d'Ostende
L-2271 Luxembourg
ou, par transfert bancaire, à :
Metula News Agency S.A
Compte no. LU91 0019 1555 7289 3000
Banque et Caisse d’Epargne de l’Etat Luxembourg (BCEE)
1, place de Metz
L-2954 Luxembourg
Code Swift BCEELULL
Les avantages de l'abonnement :
- Recevoir les dépêches par E-mail dès qu'elles sont publiées par la Ména
- Accéder à toutes les rubriques de ce site
- Accéder à tous les articles
- Accéder au forum
- Lire l’article tel que son auteur l’a écrit
- Obtenir le droit d’envoyer les articles à ses amis
- Accéder à la fonction d’impression
- Accéder à la Ména lors de ses déplacements
- Accéder aux articles anciens
- 30 jours gratuits, sans engagement
- Participer à l’essor de la Ména
- Participer à l’effort de ré-information
|


|